Le jour où j’ai failli mourir au fin fond d’un cachot italien…

(Oui, je sais, j’ai une petite tendance à exagérer. Et pourtant, je ne suis pas marseillaise pour deux sous…)

 

images-copie-14.jpgDimanche matin donc, profitant de quelques heures de liberté, je me laisse entraîner par Rome, son atmosphère si particulière, ses petites ruelles du Trastevere, ses églises cachées au détour d’une rue qui nous offrent des surprises intenses, son soleil qui me chatouille le bout du nez, l’île Tibérine, petite pensée pour Chéri-qui-me-manque, le panthéon, l’imposant bâtiment de Victor Emmanuel, la colonne Trajan, le quartier juif où je me fais alpaguer par un vieil édenté qui me fait découvrir ses pâtisseries casher (mais très chères !)… Je flâne, je traîne, je regarde en l’air, je gazouille de bonheur, la vita e bella…

 

images-copie-15.jpgEt puis la nature reprend ses droits. Après quelques heures de marche, me voilà prise d’une envie très pressante. Forcément, j’ai eu la bonne idée de boire un thé et un jus d’orange au petit-déjeuner, et il est plus que temps d’évacuer tout ça. Mais comme je déteste les toilettes publiques, j’opte pour le plan B : un petit café dans lequel je bois rapidement un expresso avant de demander au serveur où se trouvent les toilettes : il me montre un petit escalier au fond de la salle, et je comprends que les WC sont au sous-sol. Au deuxième sous-sol, même…

 

images-copie-16.jpgMe voici donc dans les toilettes des femmes. Comme d’habitude, il n’y a pas de papier (à croire que le PQ est une denrée introuvable dans la capitale italienne ! Heureusement, je commence à avoir l’habitude et je ne me déplace plus jamais sans mon petit paquet de mouchoirs. Kleenex, le meilleur ami de la femme qui a envie de faire pipi). Bref, je ferme la porte mais là, problème : le verrou est un peu difficile à enclencher. Comme il n’est pas question qu’on me surprenne (encore…) dans une position délicate, je force un peu et réussis à fermer à clef. Je suis enfin tranquille et fais ma petite affaire…

 

images-copie-17.jpgLe hic, c’est que je n’ai jamais réussi à rouvrir le verrou que j’avais eu tant de mal à fermer. Bilan de la situation : me voilà enfermée deux étages sous terre, là où mon portable ne capte pas (d’un autre côté, je ne sais pas qui appeler et je n’ai pas la moindre idée de l’endroit où je me trouve : impossible d’appeler les secours donc), à une heure suffisamment matinale pour qu’il n’y ait pas encore de passage dans le café. En d’autre termes, c’est la merde. J’essaie de forcer la porte, je tape, je tambourine, je crie dans toutes les langues (à l’aide / help me / ayuda me) sauf en italien (le petit lexique que j’ai dans mon guide vert me permet de demander mon chemin ou d’acheter des timbres, mais pas d’appeler les secours), mais rien…

 

images-copie-18.jpgAu bout d’un quart d’heure, un cuistot qui passait par là finit par m’entendre. Ça tombe bien : avec mon imagination débordante, je me voyais déjà mourir dans ces toilettes immondes et être obligée de boire l’eau de la cuvette pour espérer survivre quelques jours de plus, le temps que les recherches s’organisent. Heureusement, tout cela n’a pas été nécessaire. Après avoir alerté le propriétaire et une paire de serveurs qui ont tout fait pour me sortir de là sans succès, le cuistot a eu la bonne idée de revenir avec un tournevis : un quart d’heure et quelques tours de vis plus tard, j’étais libérée de ma prison, à grand renfort de « grazie mille, you saved my life ».

 

Ce jour-là, j’ai compris ce que les mineurs chiliens qui ont passé des jours entiers, coincés sous terre, ont pu ressentir à leur retour à la surface…


10 pensées sur “Le jour où j’ai failli mourir au fin fond d’un cachot italien…”

  1. ça c’est ma hantise! Du coup, quand la porte ne se ferme pas bien, je ne force pas, je me contente de tenir la porte fermée avec ma main pour ne pas être surprise comme tu dis! Surtout
    que la position est ridicule sachant qu’on ne s’asseoit pas vraiment sur les toilettes! 

    Mais pour toute te dire, un jour je me suis retrouvée coincée dans mes propres toilettes!!

    1. Oui, mais comment fais tu quand les toilettes sont très longues et qu’on ne peut pas techniquement faire pipi et tenir la porte en même temps ????? (à moins d’avoir un bras de 4 mètres, je ne
      vois pas….)

  2. Homme, nous connaissons le meme probleme pour la grosse affaire. La solution c’est donc de tendre une jambe pour bloquer la porte quand tu es assise. Elle pourras peut etre s’ouvrir un peu, mais
    il te suffiras de crier pour que la personne ne force pas trop. Et te laisse finir tranquillement. Bon et sinon le film « la vague » tu as regardé?

    1. La vague, c’est tout en haut de ma to do list : je n’ai juste pas eu le temps de me poser pour regarder tranquillement (trop de boulot…). Mais je n’oublie pas et je le regarde dès que possible
      !!!

  3. Ha, quand j’étais petite j’ai paniqué parce que je n’arrivais pas à déverouiller la porte des toilettes (à la maison, heureusement). Mon père s’apprêtait à démonter la serrure quand ma mère a
    appuyé sur la poignée et tiré la porte. Qui n’était pas verrouillée. Ahem. 

    Sinon tu pouvais glisser un petit papier sous la porte, avec marqué « help me » 😀

    1. Pas bête l’idée du petit papier, sauf que :

      1. Je n’avais pas de papier (et pas de PQ non plus)

      2. Je n’avais pas de stylo

      3. Personne ne passait dans le coin

       

      Donc crier restait la solution la plus efficace pour alerter les « secours » !

  4. Grosse déception mistinguette…

    On m’a vendu un blog 100% sans pub, et je vois, glissé dans l’article un argument de vente pour la marque Kleenex… 🙂

    Allez, j’arrete les commentaires et je retourne a mon boulot (il serait temps la…)

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