Laissez-moi crever

index-copie-2.jpgJe déteste être malade. Pourtant, il fut un temps où avoir la grippe était la meilleure chose qui pouvait m’arriver… A l’époque, j’avais 8 ou 10 ans, et quand j’étais malade, je vivais quelques jours de pur bonheur. Déjà, je n’étais pas obligée d’aller à l’école. Et même pour une bonne élève comme moi (rassurez-vous, les choses ont changé quand je suis arrivée au lycée : la filière scientifique, ça n’a jamais été mon truc. Et pourtant, j’ai eu laborieusement mon bac S. Inutile de préciser que mes futurs enfants ne sauront jamais que leur mère a passé son bac au rattrapage…), passer quelques jours bien au chaud pendant que les autres se tapaient des dictées, des problèmes de maths et l’atroce cours de gym, c’était le rêve. 

 

images-copie-24.jpgIl faut dire que j’avais la chance d’être bichonnée : ma grand-mère, qui vivait dans le même immeuble, me pressait du jus d’orange frais, me faisait préparer mes plats préférés et m’achetait des livres et des magazines pour que je ne m’ennuie pas. Etre malade, c’était vraiment le pied. Aujourd’hui, les choses sont un peu différentes…

 

index-copie-3.jpgMa grand-mère n’est plus là et je vis seule dans mon home sweet home : alors il n’y a plus personne pour m’apporter mes plateaux repas au lit, me donner mon petit verre de vitamines et me chouchouter. Pas le temps de rester à glander bien au chaud au fond de mon lit : j’ai choisi de travailler en free-lance, alors mes clients n’ont pas à savoir que je suis en train d’agoniser. Ce qu’ils veulent, c’est que le boulot soit livré en temps et en heure.

 

images-copie-23.jpgAlors je passe mes journées devant mon ordinateur, entre deux piles de mouchoirs (à droite, les propres, à gauche, les sales), à me gaver d’un cocktail de Doliprane-Efferalgan-Strepsil-Drill-Juvamine-Fervex, baignée dans des vapeurs d’Eucalyptus et d’huiles essentielles que je sniffe à longueur de temps. Avec toujours cette grosse barre sur le front, ces courbatures douloureuses qui me font mal partout et les yeux qui pleurent entre deux éternuements. Et je râle, et je me mouche, et je râle encore, et je sors le chien dans le froid alors que je n’ai qu’une envie, m’enterrer sous ma couette, et je râle, et je me tartine les ailes du nez de crème cicatrisante en espérant que mon pif ne restera pas rouge trop longtemps. Sans parler de ma voix atroce et de ma jolie prononciation « Bondour, z’est Bado. De bous abbelle bour l’idtebiew gue dous abions fixée ce batin ». Crédibilité professionnelle : zéro.

 

Journée de merde berde. J’ai envie d’avoir 8 ans à nouveau…

 

13 pensées sur “Laissez-moi crever”

  1. je ne te le repeterai jamais assez.. un shot de cognac avant de te coucher, et tu te sentiras beaucoup mieux le lendemain!

    non courage et rétablis toi vite poulette!!

  2. Arf…. j’ai l’impression de me voir…. le weekend qui vient de passer…. Rien faire sauf avoir chaud.. froid.. et l’impression d’avoir fait un marathon….

    Bon courage…biz

  3. Jeune, mais j’ai eu une maladie qui m’a laissée fragile… (mais ça fait du bien de voir que les gens oublient ce que j’ai vécu. un peu comme envers un handicapé à qui ont ne voit plus le
    handicap, tu vois ?)

  4. et tu as le courage de taper sur le clavier (j’ai failli taper clapier, arf !)…moi à ta place je serais au fond de mon lit, et pas d’ordi. Moi j’ai une chance incroyable, je ne suis jamais
    malade. A 60 berges, j’ai du avoir 2 toutes petites gripettes et quelques rhumes, mais pas de quoi fouetter un chat. Par contre, au niveau physique, qu’est-ce que j’ai morflé !

    Bras cassé, jambe cassée, ligaments pétés, pffff. Bon rien sur la tête, mais le reste laisse des séquelles. Impossible de marcher correctement et encore moins de courir. Courir ! mon rêve ! Cette
    nuit je rêvais que je courais… après un serpent ! Qui était entré dans ma chaussure et je voulais récupérer ma chaussure, un rêve quoi.

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