Sémineige : le WEI sous la neige

mail.google.com.jpgCe week-end, vous l’avez certainement remarqué, il a neigé. Difficile de passer à côté du phénomène : entre les longs reportages dans tous les journaux TV et les multiples « Paris sous la neige !!!! » dans les statuts Facebook de 99% de vos contacts, tout le monde n’avait que la neige à la bouche. Inutile de préciser que j’ai été ravie de pouvoir ressortir mes Moon Boots (j’avoue que la visite de la Basilique Saint Denis en après-ski, c’était assez original. Ceci dit, vue la température qu’il faisait dans la crypte, j’étais assez contente de mon investissement. Et oui, je me culturise le week-end. Ca vous en bouche un coin, hein ?). Bref, tout ça m’a rappelé un épisode incontournable, ou presque, dans la vie des étudiants en école de commerce : le sémineige.

index-copie-16.jpgPour ceux qui n’ont jamais eu le bonheur de passer quelques mois au pays de Mickey faire une école de commerce, sachez que le sémineige est l’équivalent hivernal du week-end d’intégration. En gros, juste après les examens, après avoir beaucoup travaillé (la bonne blague… Croyez moi qu’on ressort plus lessivé d’une session de partiels à Assas que des examens de janvier en ESC… Mais bon, la fac a encore malheureusement encore trop souvent mauvaise réputation), les étudiants en école de commerce ont bien besoin de se reposer. Thank God, le BDE (le Bureau des Elèves, l’association élue par les élèves et qui est chargée d’organiser les soirées et activités extra-scolaires. Son rôle étant en réalité de bien négocier les prix pour avoir le plus d’alcool pour le moins cher possible) est là pour organiser une petite semaine à la montagne. Allez, je vous emmène.

index-copie-17.jpgDéjà, avant de comprendre les coulisses du sémineige (habile jeu de mots entre « séminaire » et « neige », vous l’aurez compris), il faut intégrer un pré-requis : l’étudiant est fauché. Le sémineige doit donc lui coûter le moins cher possible. Et quand on sait ce que coûte une semaine de vacances au ski (entre la location du matériel, le forfait, le logement, le transport…), le BDE a intérêt à bien faire son travail. Et c’est pour réduire les coûts que le transport ne se fait pas en train, mais en car. Le voyage de l’enfer. Vendredi soir, les participants au sémineige, lourdement chargés, montent dans le car pour un trajet qui durera une douzaine d’heures. Au moment de prendre place dans le véhicule, il faut bien réfléchir. Une chose est certaine, vous ne fermerez pas l’oeil de la nuit. Car l’étudiant part certes pour faire du ski, mais aussi pour se la coller (traduction pour les moins jeunes : picoler, boire, tiser, biberonner, s’envivrer, s’alcooliser. Ca va ? C’est clair ?). images-copie-14.jpgEffectivement, impossible de ne pas remarquer que les bagages des étudiants sont particulièrement lourds : mais ne croyez pas que ce sont leurs Moon Boots et leur combinaison de ski qui pèsent si lourd. Non, c’est leur réserve d’alcool pour la semaine. Car l’alcool, c’est ce qui coûte le plus cher : alors on part équipé… Et plus on est au fond du car, plus ça va picoler (c’est bien connu, les fêtards s’installent toujours sur la banquette du fond, rappelez-vous un peu vos années lycée). Un grand souvenir pour moi : Nantes-Val d’Isère, baignée dans des vapeurs écoeurantes de vodka parfumée à la fraise Tagada, ça a été un peu difficile (les voyages en car et moi, ça fait deux…). Bref, après 12 longues heures de route, nous voilà dans la station.

index-copie-18.jpgCôté logement, c’est en général dans un centre UCPA (ou un hébergement du même genre) qu’on va passer la semaine. Pour avoir testé plusieurs centres, sachez qu’il ne faut généralement pas compter sur un centre de grand confort (toujours la question du prix). Pas la peine de penser que vous pourrez vous prélasser dans un bon bain chaud en rentrant du ski, après une longue journée à descendre des pistes noires : là-bas, c’est douches et sanitaires communs. Comme à l’armée. Une cabine de douche pour huit : imaginez un peu l’état de la douche quand vous êtes le dernier. Surtout si vous partagez votre douche avec des mecs. Ce qui fut mon cas. En effet, dans la répartition des chambres, l’organisation du BDE avait un peu montré ses limites : c’est ainsi que la copine qui m’accompagnait et moi nous sommes retrouvées dans la même chambre que 6 mecs. Tout ça dans une cabine de 9 mètres carrés dans laquelle étaient entassés 4 lits superposés et un mini-lavabo. Grosse ambiance la nuit, vous vous en doutez (surtout niveau olfactif : 6 mecs qui se défoulent toute la journée sur les pistes, se mettent des grosses mines le soir, et laissent trainer leurs caleçons sales et leurs chaussettes très odorantes en plein milieu de la chambre, au bout d’un moment, ça donne un drôle de fumet…). Ne parlons même pas de l’état des toilettes (surtout les lendemains de cuite) : pour ma part, j’avais pris mes petites habitudes dans le pub voisin. C’est vous dire.

images-copie-15.jpgLe sémineige, c’est comme une grosse colonie de vacances (on mange ensemble, on skie ensemble, on danse ensemble…) mais avec une très grosse dose d’alcool en plus. Pour ceux qui, comme moi, ne boivent pas vraiment, c’est un peu compliqué à gérer (être la seule non bourrée dans un immeuble où les autres essayent de faire la chenille dans les couloirs à 1 heure du mat’ alors que vous êtes crevée après votre journée de ski, ça vous fait un peu passer pour une rabat-joie). Alors, le sémineige, on y va ou on n’y va pas ? Et bien disons qu’il faut y aller une fois dans sa vie, pour voir ce que c’est, et qu’on s’y amuse quand même beaucoup. Après, pas la peine de se mentir : si vous aimez le confort, le calme, le cocooning après le ski ou que vous avez vraiment besoin de vous détendre pendant les vacances, passez votre chemin, ça sera l’enfer. Le seul moment de calme ? Le voyage du retour (en car, bien sûr) : tout le monde est épuisé par une semaine très intense, il y a une belle brochette de blessés qui n’ont pas trop le moral et les réserves d’alcool ont été bues. Certainement le moment le plus reposant du séjour !

 

9 pensées sur “Sémineige : le WEI sous la neige”

  1. quand on a (sur)vécu 2 ans en prépa, on a assez bossé pour toute sa vie étudiante alors les ESC ont le droit de faire des partiels bisounours

  2. T’es vraiment courageuse…

    J’aurais absolument pas supporté le manque d’hygiène. Le bruit et tout et tout, d’accord, c’est pas grave, éclatons-nous. Mais le reste… Rien que d’y penser !

    Je suis du genre à croire qu’il faut vivre des expériences, mais des comme ça je m’en passe bien en fait.

     

  3. ah la vodka tagada… et le pub du village, où tu avais tes petites habitudes, et où je sirotais mon verre en attendant que tu reviennes de ta « balade ».. souvenirs lointains mais bons souvenirs..

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