L’exorciste

index-copie-44.jpgNormalement, quand on est en couple, c’est « pour le meilleur et pour le pire ». Mais dans la réalité, on espère toujours n’avoir que du meilleur. Et c’est souvent quand le pire arrive que les couples se séparent : chômage, perte d’un enfant, maladie… Les épreuves sont ce qui rend les couples fragiles ou, à l’inverse, encore plus solides. Mais tout dépend de la manière dont l’un et l’autre se soutiennent dans les situations difficiles. Mais malheureusement, impossible de tester son partenaire à l’avance : comment savoir s’il va se barrer en courant en cas de pépin ou s’il sera à vos côtés pour surmonter cette épreuve ? Pour ma part, je l’affirme haut et fort : j’ai pu tester les capacités de Chériki à gérer le stress et les situations de crise. Alors, verdict ?

index-copie-45.jpgLa semaine dernière, j’ai choppé une sale petite crève. Rien de dramatique : maux de gorge, mal à tête, toux, gros rhume… Bref, j’ai fait comme d’habitude : une petite visite à mon pharmacien préféré pour acheter de quoi guérir un cheval et me voilà prête à affronter vaillamment la maladie. Manque de pot, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Le premier jour, je me sens HS : jusque là, rien d’anormal. Je dors la moitié du temps, tout en essayant de travailler comme je peux (et croyez moi, ce n’est pas facile : quand on est en freelance, pas question d’envoyer à son client un arrêt de travail… Il n’y a pas de collègue compatissant pour faire votre boulot à votre place, donc on se démerde du mieux possible. On fait comme on peut, mais on se débrouille pour bosser entre deux migraines). Le lendemain, contrairement à ce que j’attendais, pas d’amélioration. Pire, je passe ma deuxième nuit sans sommeil (et je descends les boîtes de mouchoirs comme un Russe les bouteilles de Vodka) et une autre journée dans mon lit.

images-copie-26.jpgMais c’est dans la nuit de jeudi à vendredi que tout a basculé. Il est 3 heures du matin : je suis réveillée par une douleur à l’oreille. Pas besoin de réfléchir, j’identifie immédiatement que j’ai un début d’otite. Plus jeune, j’en ai eu des tonnes : la toute dernière, alors que j’avais 14 ou 15 ans, m’a laissé un souvenir traumatisant. Ce soir de décembre, au fin fond de l’Auvergne, j’ai bien cru que j’allais y passer : mourir la nuit de Noël, quel drame. En comprenant ce qui m’attends, je prends immédiatement la résolution d’appeler mon médecin traitant dès l’ouverture de son cabinet, et prends consciencieusement mon habituel traitement homéopathique super efficace en cas de début d’otite. Comme j’étais naïve.

index-copie-46.jpgTrois heures plus tard, je douille. Mais vraiment. J’essaie de souffrir en silence pour ne pas réveiller Chéri-qui-dort-à-côté-de-moi. Et puis au bout d’un moment, je n’ai plus pu me retenir : la douleur était tellement intense que ce sont mes pleurs qui ont réveillé le bienheureux endormi. Et c’est là que j’ai compris qu’en cas de souci, il gérait. Il n’a pas hésité une seconde : en 5 minutes, il avait récupéré les coordonnées et appelé SOS Médecin. Une heure plus tard, le toubib débarquait et constatait avec effarement que j’avais une double otite aiguë et qu’il était plus que temps de la traiter (et puis il a été surpris de voir que j’avais 8 de tension : « c’est pas la forme, vous, en ce moment, non ? ». Bah non.). Je pensais alors naïvement que tout allait s’arranger : que nenni…

images-copie-27.jpgEn attendant que la pharmacie ouvre, je me suis recouchée. Et là, l’enfer a commencé. Avec cette sensation atroce d’avoir un couteau de cuisine enfoncé dans chaque oreille et qu’on aurait tourné encore et encore pour me torturer. Impossible de retenir mes hurlements de douleur : si vous avez vu l’Exorciste, vous devriez avoir un bon aperçu de ce à quoi je ressemblais (même si je pense que j’étais plus flippante que l’atrice et que mes hurlements ont dû réveiller tout mon immeuble. Je devrais d’ailleurs m’inquiéter : personne n’est venu sonner à ma porte : comme quoi, on pourrait m’assassiner sauvagement sans que personne ne bouge le petit doigt). Chéri-qui-gère-décidément-très-bien a filé à la pharmacie de garde pour récupérer mes médocs, mais leur effet a mis longtemps à se faire sentir. Et la douleur, plus intense que jamais, a continué. Je suis plutôt résistante à la souffrance, mais ce matin-là, j’ai senti mes limites. Et puis d’un coup, plus rien. Jusque un horrible déchirement et la frayeur de ma vie quand j’ai réalisé que je saignais des oreilles. Il faut vraiment que j’arrête de regarder Docteur House et Grey’s Anatomy : les séries médicales, ça fait toujours flipper.

Finalement, plus de peur que de mal (enfin, façon de parler, entendons-nous)… J’en ai quand même pour un moment à me remettre, mais cette douloureuse expérience m’aura prouvé qu’en cas de souci, Chériki est bel et bien là, et qu’il ne me laissera pas tomber. Quel bonheur de réaliser que cette fois je ne me suis pas trompée et que j’ai trouvé le bon…

 

 

14 pensées sur “L’exorciste”

  1. J’ai le même chéri !! Toujours prêt, tel un scout, pour me cajoler quand j’ai mal, me soutenir quand je vacille, me faire rire quand je suis d’humeur badine… Beaucoup mieux que le premier
    chéri, père de mes enfants, qui lui… détalait devant ma souffrance ! Que du bonheur !!

  2. D’un autre côté, ce n’est qu’une double otite certes très douloureuse.

    Mais quid de la réaction de l’autre quand on perd un enfant, quand le harcèlement au travail rejailli sur la vie privée, quand la maladie (la vraie celle qui peut finir par la mort), etc…vous
    frappe.

    On ne peut pas savoir, on peut juste espérer ne pas s’être trompée et faire confiance.

    1. Pas la peine de te mettre la pression : les choses se font naturellement… C’est seulement quand on focalise dessus qu’on ne trouve pas.

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