Bon flic – mauvais flic

images-copie-35.jpgQuand tu cherches un boulot, forcément, à un moment ou à un autre, il va falloir passer des entretiens. Enfin, vu l’état du marché de l’emploi en ce moment, c’est pas gagné : entre les entreprises qui décident de geler leurs recrutements en attendant de voir quelles nouvelles conneries mesures va nous sortir notre Gouvernement, et les centaines de candidatures qu’elles reçoivent pour la moindre offre de stage, décrocher des entretiens est aujourd’hui aussi difficile que de trouver un candidat de télé-réalité avec un QI positif. C’est dire si c’est compliqué.

images-copie-37.jpgVoilà quelques semaines, j’ai passé un entretien. Pas facile à décrocher d’ailleurs : voyant que le cabinet de recrutement qui avait posté l’annonce ne me contactait pas, alors que franchement je correspondais parfaitement au poste, j’ai cherché quelle était l’entreprise qui recrutait, afin de parasiter un peu le système. Un peu de psychologie, quelques recherches sur Internet et en mettant mon cerveau en marche, j’ai rapidement trouvé l’email direct du dirigeant. Et hop, j’envoyais mon CV et étais convoquée pour un entretien dans la foulée. Comme quoi, parfois, il faut savoir enfoncer les fenêtres quand on nous ferme la porte au nez. Si j’avais su dans quoi je m’embarquais, je me serais abstenue.

images-copie-36.jpgC’est le jour J. Me voilà face à PDG et à son associé. Rapidement, j’ai l’impression de me retrouver dans une série policière américaine. Vous savez, dans Les Experts, quand deux flics font passer un interrogatoire à un suspect… Il y a toujours le gentil flic, qui fait des sourires et montre de l’empathie, et le mauvais flic, qui balance des boulets de canon à chaque fois qu’il ouvre la bouche. « Alors, comme ça vous n’êtes pas passée par le cabinet de recrutement, commence PDG, vous êtes contente de vous ? ». Ok, donc PDG, c’est le mauvais flic. Je sens que l’entretien va être corsé et me mets en mode « warrior » : l’essentiel, c’est de rester calme et souriante, de ne pas se démonter et de montrer qu’on sait gérer les situations de stress. « Et bien, quand je cherche à obtenir quelque chose, je me donne toujours les moyens d’y arriver. Le cabinet de recrutement ne m’ayant pas appelée, j’ai préféré éviter les intermédiaires et vous contacter directement : je pense d’ailleurs avoir eu raison, puisque je suis aujourd’hui devant vous (sourire) ». Réponse de PDG : « alors ça, c’est moi qui en jugerais si je choisis de vous embaucher ». Et bam, dans ta gueule Mado, prends toi ça… L’entretien, qui a quand même duré assez longtemps, a été particulièrement musclé, et j’en suis sortie vidée.

Quelques jours plus tard, le cabinet de recrutement m’appelle pour m’informer que je suis en « short list » et que PDG hésite entre deux candidates qu’il souhaiterait revoir. Nous prenons rendez-vous. « Ah, au passage, ajoute le recruteur, PDG veut que vous prépariez un plan de communication sur un an sur une clef USB. Je n’ai pas d’autre information, donc débrouillez-vous ». Bon bon bon…

images-copie-38.jpgPour ceux qui ne savent pas ce que c’est, un plan de communication, en gros, c’est un document qui prévoit toute la stratégie et les moyens d’action à mettre en oeuvre pour promouvoir une entreprise ou une marque. Inutile de préciser qu’en ayant passé un seul entretien, au cours duquel PDG ne m’avait donné aucune information concrète et claire sur sa boîte, réaliser un plan de com était mission impossible. Sans oublier que faire un plan de communication, c’est un travail colossal : il me fallait donc trouver le juste milieu entre montrer mes compétences et ne pas leur mâcher le travail (je n’avais pas très envie de donner toutes mes bonnes idées pour qu’elles soient mises en application par quelqu’un d’autre si je ne décrochais pas le job…).

index-copie-57.jpgDeuxième entretien : j’ai potassé mon Plan de communication, il est sur ma clef USB. Je suis ready. Je l’ai même préparé en anglais, au cas où… Et j’ai pris mon ordinateur, on ne sait jamais… Bizarrement, j’ai une mauvaise intuition. PDG entre dans la pièce, et me demande si j’ai fait mon travail. Je sors ma clef USB : « nous n’avons pas d’ordinateur ici, seulement l’écran », me répond-il avec un sourire sadique. « Aucun problème, j’ai apporté mon ordinateur, dis-je en sortant mon précieux Mac, je peux le brancher sur l’écran ». Je cherche alors le câble de branchement mais constate qu’il n’y en a pas : « vous n’êtes pas venue avec votre câble de raccordement ? », me demande PDG, que je commence à trouver franchement désagréable. Bah non, désolée coco… Mais aucun problème : je décide de projeter la présentation sur mon écran qui est quand même assez grand. Je commence quand il m’interrompt : « en anglais, s’il vous plait ». Ravie d’avoir vu venir le coup, je m’exécute, toujours en réalisant qu’il lit mes slides et me pose des questions en français, me faisant ainsi comprendre qu’il ne pipe pas un mot à la langue de Shakespeare. Son associé, le « gentil », fait son apparition et je reprends ma présentation en français. Le « gentil » a l’air de trouver mon travail très intéressant : il me pose des questions et notre échange est très constructif. Mais PDG fait sa mauvaise tête et ne décroche pas un mot. Sauf à la fin…

– « Bon, alors, pour le fond, c’est très bien, mais pour la forme, je suis un peu étonné de votre choix de couleurs et de visuels. Je trouve que ça fait ringard : c’est comme ça que vous voyez notre Groupe ? « 

– « Lors de notre entretien, vous m’aviez dit que votre charte graphique n’allait pas changer, alors j’ai repris  exactement votre charte graphique… (Là, je me suis énervée : quel grossier personnage quand même !!). D’un autre côté, je vous avoue que je n’ai été prévenue qu’avant-hier, que j’ai un travail par ailleurs, et que si j’ai répondu au cahier des charges, je n’ai pas non plus passé 12 heures à faire de la créa, hein ? ».

– « Bon, nous prendrons notre décision très rapidement. Je vous rappelle en début de semaine prochaine ».

Ça, c’était le 24 janvier… Je pense que c’est mort, non ? D’un autre côté, je n’avais pas particulièrement envie de travailler avec ce genre de personne, mais quand même… Je ne dis rien, mais un jour, j’aurais l’occasion de lui donner un joli retour de bâton : ce monsieur ne s’en rend sans doute pas compte, mais le monde est petit et la vie est longue… (Rire sadique).

 

12 pensées sur “Bon flic – mauvais flic”

  1. je disais donc, dans un comm précédent, l’écriture gratuite… mais tu as raison, car, comme disent les Indiens : assieds toi au bord de la rivière, et tu verrras passer le cadavre de ton ennemi.
    Bon, il faut juste s’assoir en lotus….

  2. Il y avait la fashion police, maintenant nous avons la « Blaireaux-du-recrutement-police ». Et c’est Mado qui s’y colle et il y a fort à parier
    que vous avez dû redescendre de plusieurs étages pour vous mettre à leur niveau. Ne serait -ce que parce qu’un candidat peut être aussi un futur client ou partenaire, ils ont mal joué avec vous.
    Ce que j’ai adoré c’est la balle explosive de 12,7 mm que le gentil associé bénêt se titre dans le pied  en remarquant pertinemment…que son entreprise
    est ringarde : « Je suis un peu étonné de votre choix de couleurs et de visuels. Je trouve que ça fait ringard : c’est comme ça que vous voyez notre Groupe ? « réponse de la bergère Mado au pauvre
    bénêt associé : « Lors de notre entretien, vous m’aviez dit que votre charte graphique n’allait pas changer, alors j’ai repris exactement votre charte graphique »…

    Ahahah !! Excellente et violente redescente sur terre pour ces blaireaux du recrutement.
    Moralité : ils ne vous méritaient pas…

  3. ça c’est sûr ! Ils ne méritaient définitivement pas Mado ! La France est bloquée avec ce genre de crétins… hélas… j’en suis entourée…

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