Mado fait du tourisme : la Chaise-Dieu

DSC02267.JPGAlors que la très grande majorité de mes amis a toujours passé ses vacances au bord de la mer, j’ai longtemps dénoté en allant me détendre à la montagne : loin des côtes surpeuplées, pleines de kékés des plages, de « chouchoux-beignets-chichis » et de nichons à l’air, moi, je me repose en Haute-Loire. Une région difficilement accessible (il ne faut pas avoir mal au coeur en voiture) mais particulièrement attrayante une fois qu’on sait où aller. Si si, j’vous jure : les vacances vertes, ça devient tendance ! Même qu’un jour, il y a quelques années, un de mes copains un peu snob à qui j’avais demandé où il était parti en vacances, m’a répondu « ah la la, j’étais dans une région formidable que personne ne connait mais qui vaut vraiment le détour : tu devrais visiter la Haute-Loire ». Ce même ami qui, deux ans auparavant, s’était foutu de ma gueule quand je lui avais expliqué où je passais tous mes étés depuis mon enfance. Bref. En Haute-Loire, hormis une gastronomie absolument fabuleuse (dont j’essaie de limiter les effets néfastes sur ma silhouette en faisant du sport… Il faut dire que le saucisson, c’est un peu gras, j’en conviens), il y a quand même des tas d’endroits vraiment très chouettes à visiter. Aujourd’hui, je vous emmène à la Chaise-Dieu.

DSC02270.JPGJ’imagine que comme la plupart des gens, vous connaissez la Chaise-Dieu pour son festival de musique sacrée, qui reste l’un des événements musicaux de l’été. Et pourtant, cette abbaye est un lieu absolument unique qui mérite d’être visité en dehors de la période du festival. Profitant d’une météo un peu capricieuse (j’entends par là des trombes d’eau et une température extérieure de 12°C, particulièrement incompatible avec ma garde-robe estivale. Reposez en paix mes jolies ballerines beiges *soupir*), Chériki et moi avons décidé de passer la journée à la Chaise-Dieu. Après une route un peu chaotique (des lieux comme ça, ça se mérite), nous voilà sur la place de l’Echo… enfin, la seule place du village, celle sur laquelle il y a LE parking du bled et LE restaurant « gastronomique » du coin. A ce propos, je vous le conseille : menu à 19 euros avec plat et dessert. Un gros coup de coeur pour le coq au vin (vue la météo, il est passé tout seul) et le Clément VI (le dessert à base de praliné et de mousse au chocolat qui est tout simplement fabuleux). N’oubliez pas le passage obligatoire aux toilettes, d’une part parce qu’elles sont super propres, mais surtout parce qu’il y a certainement la plus jolie vue sur le cloître de l’abbatiale (et que ça rend super bien en photo).

DSC02306.JPGPour visiter l’abbatiale, il est essentiel de suivre la visite guidée (totalement gratuite, même s’il est quand même normal de participer, à la hauteur de ses moyens, en mettant un petit billet pour financer la communauté des moines qui vivent encore là-bas…) : bien sûr, vous pouvez trouver tout plein d’infos sur Internet ou dans les livres, mais la guide a su nous montrer les petits détails qui échappent à l’oeil du profane. Notamment le fait que l’abbatiale aurait été intégralement recouverte de fresques très colorées réalisées par le même artiste que celui qui avait décoré le Palais des Papes en Avignon, comme le prouve cette petite fresque bien cachée dans un recoin d’une alcôve et devant laquelle on passe sans la voir quand on ne sait pas où elle est planquée…

DSC02320.JPGA voir absolument aussi, la célèbre danse macabre : bien sûr, tout le monde (ou presque) a vu des images de cette grande fresque peinte sur l’un des côtés de la nef. Mais la visite guidée permet de comprendre les raisons de cette fresque et ce qu’elle symbolise. En effet, à une époque où la peste et la famine décimaient toutes les populations, cette immense peinture murale avait pour objet de faire réfléchir sur la mort qui touche tout le monde, quel que soit son âge, sa fortune ou sa condition sociale. Défilent ainsi, par ordre d’importance, un roi, un homme riche, un homme d’église, un paysan, un avocat, une femme, un enfant… entraînés vers la mort par de drôles de squelettes hilares.

auvergne-salle-chaise-dieu-big.jpgA ne pas rater également, en dehors de l’abbatiale, la salle de l’écho : une grande pièce carrée, vide, avec des angles bien dessinés, marquée par une accoustique exceptionnelle. Initialement, elle avait été conçue pour permettre la confession des lépreux (dont il valait mieux ne pas trop s’approcher) : ainsi, quand on se met dans un coin, face au mur, et qu’on chuchote ses secrets les plus inavouables, la personne située dans l’angle opposé entend très clairement vos paroles. Une expérience extrêmement surprenante et une belle preuve du génie de nos architectes français de l’époque.

Bon, sur ces belles paroles, bye bye la Haute-Loire, c’est la fin des vacances et c’est parti pour ma période préférée de l’année (en dehors de Noël of course !!!) : la fin du mois d’août à Paris !!!

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