Un seul être vous manque…

20120907_082728-copie-1.jpgLe vétérinaire m’avait dit deux mois : j’ai même eu la chance d’avoir droit à une semaine supplémentaire, un bonus inespéré que j’ai pris comme un cadeau. Deux mois et sept jours qui ont filé à la vitesse de l’éclair. Soixante-huit matins qui ont été comme autant de petites fêtes. Des centaines de calins, de caresses, de petits moments de tendresse dont j’ai profité pleinement en sachant qu’ils étaient précieux car comptés. J’ai savouré chaque seconde passée à ses côtés pour ne pas regretter quoi que ce soit. J’ai refusé des week-ends et des soirées pour rester avec lui, pour lui faire des gouzi-gouzi, lui murmurer des « ça va aller, mon p’tit lapin » dans le creux de l’oreille, le prendre dans mes bras, respirer son odeur et essayer de l’enregistrer pour ne jamais l’oublier. Je lui ai donné consciencieusement son traitement, j’ai cherché plein d’idées originales pour le faire manger, j’ai écouté ses petits bruits, j’ai scruté le moindre changement. On s’est regardé longtemps, souvent, intensément, comme s’il comprenait que ces moments de complicité seraient les derniers.

20120829_233934.jpgEt puis un matin, j’ai vu que ça n’allait pas. Direction la clinique vétérinaire : une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Le matin, le soir, à 3h du matin, à 5 heures… Il y a eu l’hospitalisation, les questions sans réponse, les examens médicaux : je savais, j’essayais de me faire une raison, de me préparer. On n’est jamais prêt. Et puis, il y a eu ce vétérinaire qui m’a redonné espoir : Choupette pourrait même vivre quelques mois de plus, en pleine forme. J’y ai cru quelques heures seulement : le soir-même, j’ai bien vu que son état empirait. Le lendemain matin, avant de partir travailler, j’ai rappelé ce médecin qui avait été si optimiste : elle a malheureusement confirmé mes craintes et nous avons décidé qu’il était temps d’arrêter. Terminés les allers retours à la clinique, les piqûres, les médicaments, les perfusions, les radios, les hospitalisations. Je m’étais toujours dit que je voulais que Choupette profite de ses derniers moments mais que je ne m’acharnerais pas pour le garder à tout prix si je sentais que c’était trop pour lui. Nous avons convenu que je viendrais à la clinique le soir, pour mettre fin aux souffrances de Choupette.

20131102_095227.jpgLa journée a été longue et difficile. J’étais seule au bureau, dans une grande pièce qui me paraissait bien vide. J’ai pleuré 10 fois, j’ai lu des trucs sur Internet pour savoir comment ça se passe, et puis j’ai regretté tout de suite parce que ça me faisait pleurer encore plus. Les heures passaient à la fois très vite et très lentement. Et puis l’heure est arrivée d’y aller. J’ai retrouvé Choupette chez mes parents, où il avait passé sa dernière journée à profiter de la chaleur de son foyer et du canapé. Mon père et Chéri-qui-est-toujours-là-dans-les-épreuves m’ont accompagnée pour ce moment difficile. Pour la première fois, Choupette n’a pas tremblé en arrivant à la clinique : comme s’il savait et acceptait ce qui allait se passer. J’ai eu le temps de lui dire au revoir encore une fois, longuement, doucement… Le vétérinaire lui a fait une piqûre pour l’endormir : il est resté longtemps dans mes bras, ses yeux dans les miens, et puis j’ai dit que c’était le moment. Il avait l’air serein. Je savais que j’avais pris la bonne décision, même si j’appréhendais l’après.

20131002_214122.jpgVoilà, maintenant c’est fini. Onze ans et demi qu’il partageait ma vie. Je ne sais pas très bien comment je vais organiser ma vie sans lui. Cela ne fait que quelques jours et je me sens déjà très seule. Je suis pourtant très entourée et tout le monde est très gentil avec moi, mais j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose d’essentiel. Je m’attends à le voir apparaitre à chaque seconde. J’ai l’impression de l’entendre. Je cherche le petit bruit de ses pattes sur mon parquet. Je crois qu’il va arriver dès que j’ouvre le frigo ou que je mange une clémentine qu’il aimait tant. Je guette sa petite queue qui remue quand je me lève le matin. Mais non, tout ça, c’est terminé… Aujourd’hui, Choupette repose dans notre grand jardin qu’il aimait tant, là où il poursuivait les oiseaux et les avions sans jamais attraper ni l’un ni l’autre. Sous le cerisier japonais qui donne de si jolies fleurs roses au printemps. Et moi, je suis toute seule chez moi et il me manque.

 

24 pensées sur “Un seul être vous manque…”

  1. Je suis désolée du départ de ton Choupette. 

    Les premiers temps c’est difficile, on s’attends encore à les voir débouler. On n’enfouit pas des années de réflexe facilement. 

    Vous aurez eu de belles années tous les deux, tu auras fais de ses derniers mois un moment très doux. 

    C’est très difficile de ne plus pouvoir les prendre dans nos bras, leur faire des carresses et des câlins, jouer avec eux. 

    J’ai connu ça. j’en pleure encore des années après. Mais je crois avoir eu la chance de toujours avoir eu une autre petite bête à câliner pour que la peine soit plus douce, même si ça ne peut pas
    la supprimer. 

    Courage. 

    1. Merci pour ton gentil message : j’avoue que c’est difficile. Effectivement, les réflexes sont bien ancrés : cela fait plus de 15 jours et je m’attends toujours à le voir arriver…

  2. Quel beau geste ! Vous ne l’avez pas laissé souffrir et vous l’avez amoureusement accompagné jusqu’au dernier moment.

    C’est très dur, mais, bientôt vous ne penserez plus qu’aux délicieux moments passés avec Choupette.

    Courage.

     

  3. Nous les aimons nos compagnons à quatre pattes…..j’ai ressenti la même chose pour mon chat il y a quelques années et je comprends ta peine ….ton article reflète l’émotion que tu ressents et je
    la partage avec toi …..

  4. Chère Mado,

    Je visite régulièrement, en silence, ton blog dont j’apprécie les billets pertinents. Aujourd’hui, ton billet est triste et mon coeur se serre. Je t’apporte tout mon réconfort, car il y a
    quelques années, j’étais dans une situation identique. J’ai dû accompagner mon westie de 13 ans dans un voyage sans retour et je me souviens de chaque détail. Sa photo est restée longtemps près
    de moi. Aujourd’hui j’ai rangé la photo. Je n’aurais plus jamais de chien.

    Rose

    1. Un grand merci Rose pour ce gentil message. Mon chien aussi était un westie (c’est vraiment le chien le plus mignon du monde !!!). Je garde ses photos précieusement et je sais par avance que je
      n’aurai plus jamais un autre animal de compagnie : je pense que je n’aurai pas la force de vivre à nouveau la perte d’un chien…

  5. Je suis de tout coeur avec vous, tout comme l’ensemble des heureux possesseurs de quatre pattes. Ce sont des moments dont on n’a l’impression qu’ils ne passeront jamais, que la douleur sera
    toujours là. Et c’est le cas, elle sera toujours là, moins forte, estompée, oubliée, puis elle reviendra en force avec les photos, les anecdotes. Mais c’est aussi ça, avoir la responsabilité de
    nos compagnosn, savoir qu’ils aprtiront avant nous, avoir le courage de les accompagner pour la fin, parce qu’avec tout ce qu’ils nous ont apporter, on leur doit un minimum de souffrance. Et puis
    les souvenirs seront toujours là eux, et avec eux tout l’amour que notre bébé nous portait, et vice versa. Et puis un jour, plus ou moins tard, un autre viendra, différent, qui ne remplacera
    jamais, mais avec qui on pourra partager nos souvenirs de son « copain », et s’en créer de nouveaux avec lui.

    Mais le chemin est long, sans parler de ceux qui n’ont pas d’aniamux et pour qui nous sommes des cas, parce que des animaux ne sont pas des humains, et que bon, ok, c’est triste, mais bon, voilà
    quoi… Et bien non, cet animal, il a été notre bébé, et jamais on ne l’oubliera.

     

    Très bon courage à vous dans cette épreuve, sincèrement.

    1. Un grand merci pour ce très gentil message qui me touche beaucoup. J’imaginais bien que la perte de « Choupette » allait être une épreuve, mais j’étais loin de penser que ça allait être aussi
      dur…

  6. Ben, j’ai versé ma larme…

    Grande amie des bêtes, je sais que j’aurais fait comme toi et tu as eu raison…et ils le savent…Il est parti tranquille…

    Il y a un paradis pour toutes les braves Choupette et les bons souvenirs restent.

    Avec le temps, la peine sera moins grande et qui sait? Tu rencontreras peut-être un nouvel ami…

    Bisous courage

    1. Merci pour ce gentil message… Je ne sais pas si la peine sera moins grande avec le temps : ça fait 15 jours, et j’ai l’impression que c’est de pire en pire. Quant à retrouver un nouvel ami, je
      n’en ai pas la force : je ne me sens pas capable de revivre la même chose…

  7. Bonsoir,

    J’espère que ta peine commence à s’atténuer et que la douceur des souvenirs est la plus forte…

    Il y a quelques années, je me disais aussi que j’avais eu mon lot de peines et de chats écrasés, empoisonnés…

    Je disais que je n’en aurais plus jamais et puis, j’étais allergique…

    Il y a quelques mois, j’ai appris que cette allergie avait cessé et j’y ai vu un signe…

    J’ai trouvé un petit rouquin sur internet, tout mignon, tout abandonné, sûrement malade…Je me suis dit non…trop de peine à prévoir…

    Et puis, un autre déclic un mois plus tard: pourquoi est-ce que je me priverai de tous ces bons moments en prévision de…

    Le rouquin et moi, on vit une belle histoire et on la vivra jusqu’au bout…

    Bisous roux

    1. Merci pour ce très gentil message. La peine s’atténue un peu, mais j’avoue que ça prend du temps. J’ai arrêté de pleurer tous les jours (c’est déjà ça !!!) mais j’avoue que j’y pense encore
      quotidiennement et que j’ai hâte de déménager car je ne supporte plus mon appartement sans lui…

  8. Vous m’avez bien fait pleurer! Pas cool je suis au bureau! Pour la petite info je pleure toujours, 11 ans après, mon berger allemand adoré… Et que dire de ma
    situation actuelle? J’ai trois shih-tzu absolument adorables, malheureusement l’un d’entre eux va sur ses 12 ans les deux autres (des jumeaux) viennent d’avoir 11 ans et je ne peux m’empêcher de
    penser à l’avenir! Je les surveille comme le lait sur le feu, me ruine en véto mais je sais bien que même s’ils sont encore en pleine forme ce sont des seniors… Ils me donnent tellement d’amour
    qu’il est très difficile d’envisager la vie sans eux.

    1. Effectivement, envisager la vie sans nos chers compagnons est difficile : j’y pense chaque jour, et je me demande à chaque instant comment je vais y arriver. Je ne pensais pas que ça serait si
      dur…

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