We love green et pisser dans la sciure

index-copie-73.jpgIl y a quelques temps, Chériki et moi on est tombés amoureux, non pas l’un de l’autre (ça c’était déjà fait depuis bien longtemps) mais d’un chouette groupe de musique. En tant que fan de Londres et grande passionnée de grammaire, je ne pouvais qu’aimer London Grammar. Forcément. Donc quand j’ai appris que le groupe allait se produire à Paris, je n’ai pas hésité une seconde et j’ai pris des billets. C’est comme ça que Chériki et moi on s’est retrouvé ce week-end au festival We love Green au parc de Bagatelle. Sur le papier, l’événement est plutôt chouette : un festival éco-responsable, avec une sélection musicale pointue, des ateliers divers et variés, de la bonne bouffe bio… En réalité, We love green, c’est le paradis des hipsters. Même qu’on voyait tellement de barbes qu’on se serait un peu cru dans un épisode de Game of Thrones.

2080862475_800x533_cr.jpgLes festivaliers avaient vraiment tout misé sur le look : je n’ai jamais vu autant de bobos réunis dans un seul et même lieu : on avait de la Rayban à gogo (il y avait même un stand de la marque, c’est dire si la Wayfarer est l’accessoire indispensable du hipster), du micro short en jean, du sac en bandouilière à motifs tribaux, de la couronne de fleurs, du head-band en-veux-tu-en-voilà et ça sentait la beu dans tous les coins. En arrivant, je pensais – naïvement peut-être – que j’allais passer une chouette journée à écouter de la bonne musique, posée au soleil en sirotant un smoothie bio pour faire glisser un bon burger. Que nenni… We Love Green, c’est en réalité le seul festival où tu passes ta journée… à faire la queue.

index-copie-74.jpgUne heure de queues (oui oui, au pluriel : on fait plusieurs fois la queue, histoire de ne pas avoir l’impression de ne pas avancer et d’attendre pendant des heures) pour entrer et se faire fouiller son sac. Le moment que je n’aime pas, où l’on me dit à chaque fois que les bouteilles d’eau ne sont pas acceptées, sauf si je jette mon bouchon (sauf que moi, je suis une petite maline : j’avais apporté un bouchon en rab. Et quelle brillante idée, quand on saura quelle sera la suite de la journée…). Mais on finit par rentrer. Et là, l’enfer a commencé… Partout, de longues queues de personnes qui attendaient. Mais quoi donc ? La queue pour se faire masser, la queue pour manger, la queue pour boire. Et la plus longue queue de toutes : la queue pour faire pipi. Imaginez un peu le tableau : 5 000 personnes / 20 toilettes. J’ai tout de suite compris que la journée allait être compliquée…

index-copie-75.jpgJ’ai donc décidé de ne pas boire, afin de ne pas avoir besoin d’aller aux WC, mais malheureusement, ma vessie de lapin nain et moi, on n’a pas réussi à tenir. Et en plus, j’avais drôlement soif au bout d’un moment, alors j’ai succombé à l’appel de ma petite bouteille d’eau (que j’avais fort heureusement pu garder, car la fontaine à eau mise à disposition des festivaliers a rapidement été vide et qu’il n’y avait rien d’autre à boire que de la bière et des smoothies, à condition d’avoir la patience de poireauter trois plombes). A 20h40, j’ai finalement dû me résoudre à aller aux toilettes. Une expérience traumatisante…

index-copie-76.jpgD’abord, il a fallu faire la queue. 48 minutes. C’est long, juste pour aller pisser trois gouttes (même à Eurodisney ce n’est pas si long !!!). Il y avait d’ailleurs beaucoup moins de monde dans les toilettes des hommes : forcément, pour eux, les organisateurs avaient prévu de grandes poubelles en plastique, dans lesquelles ces messieurs n’avaient qu’à pisser. Je ne veux même pas savoir où seront vidées les poubelles, même si je pense qu’il est fort probable qu’elles finissent par être déversées discrètement dans un champ des environs.  Certains ne prenaient même pas la peine de se rendre aux WC et faisaient carrément leurs besoins dans un coin du domaine, au vu et au su de tous. Y compris des filles, qui préfèraient pisser dehors plutôt que de faire la queue (tellement bio tout ça… si les 5 000 personnes faisaient pareil, on reparlerait longtemps de ce festival 100% environnement-friendly). Mais revenons-en à l’essentiel, qui dit festival éco-responsable, dit toilettes sèches : les toilettes sèches, se sont des cabinets qui n’utilisent pas d’eau. A la place, on utilise de la sciure de bois. Voilà voilà… Donc je vais faire la queue pendant 45 longues minutes pour aller pisser dans de la sciure : à ce moment-là, je me dis que vraiment, je n’ai plus l’âge de ces trucs-là (et accessoirement, je regrette de ne pas avoir un pénis pour pouvoir moi aussi profiter d’un arbre).

ts_monier.jpgMais mon tour arrive : on me donne un petit pot rempli de copeaux et on m’indique une petite cahute en bois (qui sent étonnamment bon l’eucalyptus) dans laquelle trône un caisson surélevé, accessible pas une petite marche. Je vois que le caisson est percé d’un trou (format petit cul – mieux vaut éviter d’être obèse dans ce genre de situation…) : je vais donc faire ce que j’ai à faire. C’était sans compter sur ma maladresse légendaire. Je vous ai bien parlé de la petite marche, hein ? Bon alors, message personel à l’attention du fabricant : peut-être pourriez-vous la prévoir un peu plus large et un peu plus solide. Car en montant dessus pour m’installer, toute l’installation s’est cassée la figure. Je me suis donc retrouvée en équilibre au dessus du vide plein de copeaux et de tous ce qu’ils cachaient, essayant d’une main de retenir mon sac et de l’autre mon pot de sciure que je n’avais pas eu le temps de déposer.

index-copie-77.jpgJ’ai rapidement fait ma petite affaire, ai passé un bon moment à essayer tant bien que mal de réparer mes bêtises et de réintaller le marche-pied, ai fini par y arriver, ai vidé mon pot de copeaux, ai remarqué que ça faisait plein de poussière qui salissait tout et ai pris mes jambes à mon cou. Quand je pense qu’avec ces conneries, j’ai raté le début de mon concert… Le festival We love green on ne m’y reprendra plus : si l’on ne peut ni pisser, ni boire, ni manger, pas sûr que ce festival ait une longue vie devant lui. Et les échos que j’ai entendus sur le chemin du retour allaient tous dans le même sens. Personne n’a réussi à manger ; We love green ? Le bonheur des femmes au régime… Et pour l’année prochaine, si l’on me propose d’y retourner, je dirai non merci.

 

8 pensées sur “We love green et pisser dans la sciure”

    1. Pourquoi à l’avenir ??? J’ai toujours eu des toilettes normales

      Franchement, je ne vois pas comment on pourrait avoir des toilettes sèches à Paris !

  1. J’en avais entendu parler 1 ou 2 semaines avant le festival, et connaissant mal le monde des festivals, je pensais aller y faire un tour comme on va se balader au Bois de Boulogne ! Bon, ben, heureusement que je m’étais un peu renseignée avant…

    et ton article ne donne aucune envie de tester réellement l’année prochaine ! Beurk !

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