#J’aiEcritUnLivre

#J'aiEcritUnLivre

Lorsque j’étais petite fille, alors que la plupart de mes copines d’école se fantasmaient chanteuses, moi je voulais écrire. Pas être publiée : juste écrire. J’ai commencé très tôt : dès le jour de la rentrée en CP, j’ai bien fait savoir à ma maîtresse que « je n’étais pas là pour faire du collage mais pour apprendre à lire et à écrire ». Une tirade dont je n’ai plus aucun souvenir (mais qui a apparemment traumatisée ma maîtresse comme elle l’a indiqué à ma mère quelques années après) si ce n’est de m’être fait punir et d’avoir beaucoup pleuré dans la classe d’une autre maîtresse, dans laquelle j’avait été mise au coin sous le regard désapprobateur de mes camarades de classe.Ce jour-là, je me suis sentie victime d’une grande injustice et d’une énorme incompréhension : je n’ai donc plus jamais ouvert la bouche en classe… En revanche, j’ai fait de mon mieux pour savoir lire et écrire le plus vite possible. Très rapidement, j’ai pu découvrir les joies de la lecture, ingurgitant le moindre mot qui me tombait sous la main : le plus simple emballage alimentaire devenait pour moi une source extrême de plaisir, et je découvrais petit à petit le poids des mots.

Et surtout, j’ai pu commencer à écrire. Comme des milliers de petites filles, j’ai reçu en cadeau un journal intime : une horrible cahier de couleur parme, mollement fermé par un cadenas dont j’essayais de cacher la clef dans les endroits les plus sophistiqués. Ce qui en réalité ne servait absolument à rien, puisqu’il suffisait d’avoir le coup de main pour ouvrir le carnet sans toucher au cadenas. Ma petite soeur, grande curieuse et fouineuse de premier ordre, avait bien compris le truc et s’est régalée pendant des années de mes écrits absolument passionnants (« aujourd’hui, X s’est assis à côté de moi en cours de maths : m’aime-t-il ? » – 20 ans plus tard, je sais que non, X ne m’aimait pas : au mieux il s’asseyait là pour copier sur moi parce que j’étais la première de la classe, et au pire parce qu’il n’y avait plus une seule place de libre et qu’il était bien obligé de s’asseoir quelque part…). Ma soeur restera donc pour toujours ma première lectrice..

Les années ont passé et j’ai continué à noircir des pages de cahier, couvertes de mes moments de doute, de peur, de colère, de mes questions existentielles, de mes chagrins, de mes joies, de mes souvenirs heureux et malheureux. Des milliers de feuillets que je garde précieusement (mais bien planqués) et que je ne me sens même pas capable de relire tellement ils sont criants de vérité et me feraient revivre des moments que le temps a un peu extompés. Je n’y touche pas mais ils sont là. Mais toujours cette envie d’écrire. J’ai commencé des dizaines de contes, de nouvelles, d’esquisses de romans, mais avec toujours cette énorme trouille de les montrer aux autres : et si j’étais nulle ? Et si je n’étais pas faite pour écrire ? Alors j’ai commencé à bloguer : Internet a cela de merveilleux qu’il offre une magnifique vitrine pour exprimer sa créativité sans se mouiller. Evidemment, j’y ai pris goût : bien planquée derrière mon écran, j’ai pu commencer à écrire mes petites histoires sans craindre les critiques. Certes, il y en a eu pas mal, mais petit à petit, j’ai appris à prendre de la distance. Au fur et à mesure des années, j’ai compris que j’aimais vraiment écrire. A tel point que cela a même été mon métier pendant quelques années.

A l’approche de la trentaine, j’avais fait une liste des « choses à faire avant mes 30 ans ». Sur la dizaine d’objectifs que je m’étais fixés, il n’y en a finalement qu’un seul que je n’ai pas réussi à atteindre : écrire un livre. J’ai fini par me faire une raison et comprendre que l’envie d’écrire était tellement forte que je me moquais bien d’être éditée ou non. Et j’ai laissé de côté mes rêves de devenir écrivain. Jusqu’à aujourd’hui…

Comme il ne faut jamais renoncer, je suis très émue d’atteindre enfin l’objectif que je m’étais fixé pour mes 30 ans : certes, j’approche dangereusement des 35 ans (la vache, il va faire mal cet anniversaire… je vois déjà la quarantaine se profiler et franchement je n’aime pas trop l’idée de changer de dizaine) mais comme dit le dicton « mieux vaut tard que jamais ». Alors, avec 4 ans de retard, je publie enfin mon premier livre. Même que depuis hier, il est à la Fnac et dans plein de librairies… Je ne réalise pas très bien que tout cela est réel : je suis encore toute gênée quand on me félicite, je me sens débile quand on me demande des dédicaces, j’ai l’impression d’être un imposteur, que ce n’est pas mérité, que cette merveilleuse nouvelle ne peut pas m’arriver à moi… Et pourtant… Je vais devoir m’habituer un peu : auparavant, quand je disais que j’écrivais, on me demandait toujours si j’avais publié un livre, et ma réponse négative entraînait systématiquement un regard un peu méprisant. Dorénavant, je pourrai dire que je suis « officiellement » écrivain. Reste maintenant à transformer l’essai et à me lancer dans mon nouveau projet : un autre livre. Qui sera j’espère un deuxième, et pas un second…

 

9 pensées sur “#J’aiEcritUnLivre”

  1. Coucou,

    Je me retrouve dans tout cela (je savais lire avant d’entrer à l’école, ma soeur riait en lisant mon journal intime, comment ça on va avoir 3..euh 25 ans?!), mais contrairement à toi, je n’ai jamais eu le courage de me lancer en dehors du blog.
    Alors BRAVO. Ton succès est mérité, ne te dévalorise pas et savoure!
    Carpe Diem et vive les trentenaires (et les autres!)

  2. Coucou Maddy,

    Avec Mai, nous venons de découvrir ta petite vidéo, qu’on adore !!!
    Mai dévore ton livre, qu’elle me prêtera gentiment ensuite (enfin après sa belle-mère).

    On se voit bientôt pour un déj toutes les 3 ?!

    Grosses bises

  3. Un deuxième! Un deuxième! Une deuxième! Je suis émue, morte de rire, fière de toi, en adoration, fan absolue, en attente du suivant, et surtout….j’en étais SUUUUUUURE! Trop de talent Mme Mado!!!

  4. Je ne compte plus le nombre de vendeurs de la FNAC que j’ai embêté avec mes « bien sûr vous avez l’excccelllllent Petites misères d’une presque trentenaire ? »
    Et de m’outrer qu’une enseigne telle que la leur soit déjà en rupture de stock !

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