Avoir 35 ans…

Diapositive1Il y a quelques jours, j’ai « fêté » mes 35 ans. Et comme tous les ans, le 2 août a été pour moi une journée un peu particulière : depuis quelques années, ce n’est un secret pour personne, j’ai du mal à admettre que je ne rajeunis pas (bien au contraire). A peine ai-je réussi à digérer le passage à la trentaine (j’ai quand même réussi l’exploit de souffler mes 30 bougies 5 années de suite. Véridique !) que déjà je dois me faire à l’idée d’avoir 35 ans… et me dire que je suis désormais plus proche des 40 ans que des 35. La pilule a un peu de mal à passer.

S’il y a bien une chose à laquelle j’ai du mal à me résoudre, c’est de vieillir. En ce triste jour d’anniversaire donc, alors que j’étais devant le miroir de la salle de bain, je me suis regardée comme si je ne m’étais pas vraiment vue depuis très longtemps. Mon reflet était bien différent de ce que j’avais l’impression d’être « vue de l’intérieur ». Dans ma tête, j’ai toujours la sensation d’avoir 25 ans : j’ai des envies de légèreté, de rigolades, de défis, de grandes aventures, de découvertes, de spontanéité… Alors que la réalité est toute autre. Combien de fois ai-je rencontré des gens (très sympas au demeurant) en me faisant la réflexion « mais ils sont vraiment vieux » alors qu’ils avaient tout simplement mon âge ? Autour de moi, c’est comme si tout le monde était devenu adulte et que j’étais restée à la traîne. Dans ma glace, ce jour-là, j’ai compris que malheureusement je n’étais plus la petite jeunette que j’avais toujours l’impression d’être au fond de moi. Bye bye jeunesse, bonjour vieillesse sagesse.

Même si je sens que je prends de la bouteille, je dois reconnaître que le cap des 35 ans a été étonnamment plus facile à franchir que celui des 30 ans. Quand je fais le bilan des 5 années qui viennent de s’écouler, je ne peux pas nier que le tableau est plutôt positif. Et surtout, j’ai réalisé mon grand rêve : publier un premier livre. C’était l’un des objectifs que je m’étais fixés pour mes 30 ans, et également le seul que je n’avais pas réussi à tenir. Ma 35ème année aura donc été celle de ma revanche sur mon « échec » de trentenaire.

Certes, vieillir n’est pas une partie de plaisir : je me ruine littéralement en crèmes antirides, j’essaie de me tenir plus ou moins au courant des « trucs à la mode » pour ne pas passer pour une vieille ringarde qui aime Abba (la présence d’Amonbeaufils étant sur ce point particulièrement appréciable) et j’ai déjà élaboré avec ma fidèle coiffeuse le plan « anti cheveux blancs » pour le jour tant redouté où apparaitront (le plus tard possible je l’espère) les premiers signes de vieillesse dans mon abondante tignasse. Mais force est de constater que prendre de la bouteille n’a pas forcément que des inconvénients. A 25 ans, on est encore dans le doute : on se soucie du regard des autres, on appréhende toujours un peu d’être jugé, on hésite, on ne sait pas toujours bien gérer certaines situations, on ne sait pas dire non… Tandis qu’à 35 ans, au moins, on sait ce qu’on veut et surtout ce qu’on ne veut pas (ou plus).

Certains pourraient penser que j’ai un sale caractère, que je suis capricieuse ou égoïste : à dire vrai, je m’en fous. S’il y a bien une chose que j’ai comprise, c’est que le temps passe vite : pas question donc de le perdre à faire des choses qui ne me plaisent pas ou ne me conviennent pas. Désormais, quand je ne suis pas d’accord, je le dis. J’arrête de voir les gens par obligation, j’arrête de me taper des corvées qui ne sont pas utiles, j’arrête d’être une bonne poire. A 25 ans, par exemple, j’ai aidé un nombre incalculable d’amis à déménager : j’ai porté des cartons de livres, monté et démonté des meubles en kit, rangé des quantités de trucs inutiles dans des placards immenses… Pour quel résultat ? Quand j’ai déménagé pour la première fois, aucun de ces « amis » pour lesquels j’avais donné du temps et de l’énergie n’a daigné me filer un coup de main (shame on them). Et je n’ai évidemment rien dit (shame on me). Dix ans plus tard, les choses sont assez différentes : je sais faire le tri, je sais poser des limites, je sais dire « non ». J’ai appris à dire les choses calmement et fermement, à recadrer les personnes qui dépassent les bornes et à ne plus me laisser marcher sur les pieds. Je me moque complètement de ce que les autres peuvent penser de moi : je n’ai rien à leur prouver.

A 35 ans, on a forcément été confronté à un certain nombre d’épreuves, aussi bien que le plan professionnel que sentimental, familial ou amical : des ruptures, des échecs, des décès, des refus… Mais avec le temps et à force de réussir à surmonter tout ça, finalement on se dit que ce n’était pas si grave et que si l’on s’en est sorti une fois on pourra le refaire. A 35 ans, j’ai enfin compris qu’il fallait arrêter de prendre les choses trop à cœur.

Finalement, à 35 ans, les choses sont beaucoup plus simples : dorénavant, je n’ai qu’un seul mantra : j’arrête de passer du temps que je n’ai pas, à faire des choses que je n’aime pas avec des gens que je n’ai pas envie de voir. Et bizarrement, je me sens beaucoup mieux dans mes baskets ! Si ça continue comme ça, je vais finir par avoir hâte d’avoir 40 ans… (enfin, faut pas déconner non plus !!).

 

5 pensées sur “Avoir 35 ans…”

  1. De bonjour jeunesse à bonjour sagesse il y a une vie d’écrivain. Bravo pour ce passage de cap remporté haut la main par la fringante frégate Mado rutilante et fière !

  2. Il est top ton nouveau blog, j’adore ta bannière ! 😉 Et bravo pour le choix des catégories, en limiter le nombre est quelque chose de difficile je trouve…

    Ton refus de vieillir remonte à longtemps, car ce n’est pas la première fois que tu abordes ce thème: de quoi as-tu peur ? Qu’est-ce qui t’ennuie dans la vieillesse ou la maturité ? Ta conclusion est pourtant optimiste, tu n’arriverais pas à en faire un mantra ? 😉

    1. Merci ! Il y a encore quelques petites modifs à faire mais je commence enfin à en voir le bout…
      Pour ma peur de vieillir c’est juste que je vois le temps qui passe et que je réalise que je n’aurai jamais le temps de faire tout ce que j’ai en tête…

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