Bom dia Lisboa !

Lisbonne

Quand j’étais petite fille, comme la plupart des enfants dont les parents travaillent, j’avais une nounou. Elle venait d’arriver du Portugal et ne parlait pas bien le français. Pas de problème : à 5 ans, à force de passer mes journées avec Dida, je parlais couramment portugais (si vous vous posez la question laissez-moi vous répondre tout de suite : non, je ne le parle plus). De cette époque, j’ai gardé un grand intérêt pour le Portugal : une passion pour le Fado, un goût prononcé pour le Porto et une forte attirance pour la cuisine portugaise. Autant dire que j’attendais mes premières vacances à Lisboa avec beaucoup d’impatience !  

Diapositive1Lisbonne n’est pas du tout une capitale européenne comme les autres : bizarrement, on a l’impression d’être dans une ville de province… En 5 jours, je pense avoir vu moins de 10 mecs porter un costard ! On est bien loin de Paris ou de Londres, qui grouillent de travailleurs stressés quelle que soit la période de l’année. A Lisbonne, on est détendu, c’est comme ça. Là-bas, pas de plan Vigipirate ni de militaires qui patrouillent dans les rues : c’est à se demander s’il y a vraiment des policiers dans ce pays… Mais ne croyez quand même pas que tout est rose dans la capitale lusitanienne : on sent quand même une grande pauvreté. Sans parler de petite délinquance : on m’a proposé plus de drogue en 5 jours à Lisbonne que depuis ma naissance (l’Observatoire européen des drogues y a son siège : hasard ou coïncidence, je ne pense pas, héhéhé !)

Diapositive2Lisbonne est située au bord du Tage : c’est un grand fleuve, qui va ensuite se jeter dans l’Atlantique plus à l’Ouest de la ville. Ce qui est troublant c’est cette drôle de sensation d’être au bord de la mer : un fleuve avec des marées, des moules et une eau un peu salée, ça surprend ! La ville est posée sur 7 collines : autant éviter d’y aller si vous n’aimez pas marcher (en 5 jours, on a marché 77 km, mais ce n’est pas du luxe : au pays de la friture, mieux vaut brûler les calories…). En plus, on sent bien que ce sont des mecs qui ont aménagé les chaussées. A Lisbonne, rues et trottoirs sont recouverts de petits pavés noirs et blancs en calcaire et bazalte, ravissants certes mais surtout hyper glissants : je ne peux pas compter le nombre de fois où j’ai failli me casser la gueule. Pas étonnant que les lisboètes ne portent pas de talons : là-bas, c’est sandales ou tongs. Diapositive3

La ville est à la fois jolie et pas jolie : on sent que c’est une capitale qui a été prospère mais qui a perdu de sa splendeur. La cité a évidemment été florissante jusqu’au 18ème siècle. Sauf qu’un horrible tremblement de terre en 1755 (suivi d’un raz-de-marée et d’un immense incendie, histoire de ne pas faire les choses à moitié) a totalement ravagé la ville et tué des milliers de lisboètes (en plus c’était à l’heure de la messe, le jour de la Toussaint… Inutile de préciser que le nombre de victimes a été colossal). Aujourd’hui encore, on sent que cette triste date a marqué un tournant dans l’histoire de la ville. Les maisons ont été reconstruites mais la ville est en générale très abîmée, mais avec toujours cette poésie qui lui est propre : pour cacher les fissures des immeubles ayant résisté au tremblement de terre, les lisboètes ont collé des azulejos (des carreaux d’email peints, le plus souvent en bleu, fabriqués depuis le 15ème siècle au Portugal) sur les façades. Lisbonne, c’est une ville qui sent la saudade (rien à voir avec le poisson) : c’est un sentiment de mélancolie, un peu nostalgique, mais sans tristesse…

Diapositive4A Lisbonne, il faut vivre au rythme de la ville, se laisser bercer par son tempo, accepter de s’y perdre, de découvrir, de souffrir un peu, de se faire absorber. On déjeune tard, on cherche l’ombre entre 14h et 16h car il fait une chaleur écrasante (je vous conseille le Jardim Botanico : c’est un peu loin mais il n’y a personne et on peut profiter de la fraîcheur et de l’ombre des 2500 espèces d’arbres qui y poussent. Sans oublier la serre aux papillons !). La ville s’anime à la fin de la journée : quel bonheur d’aller boire un Cha com limao (un thé glacé au citron et à la menthe : LA découverte des vacances… Je ne bois plus que ça depuis mon retour) au bord du Tage, pour profiter des derniers rayons de soleil, avant d’aller passer la soirée dans l’Alfama (le plus vieux quartier de la ville) pour manger du poisson grillé sur une petite terrasse, boire de la Ginja (un alcool de cerise drôlement bon qui vous donne l’impression de parler couramment portugais au bout d’un verre. On trouve des tas de petites échoppes qui vendent des shots à 1 euro) et écouter du Fado (la musique portugaise pleine de saudade)… Les nuits sont douces et l’air est bon. On se sent drôlement bien à Lisbonne.

Diapositive5Après une petite semaine, Cielmonmari et moi on était devenus complètement lisboètes. On a fait semblant de parler portugais TOUT LE TEMPS (il va falloir que j’arrête de l’appeler Carlos…), on a goûté des tas de pasteis de nata (et contrairement à ce que tout le monde pense, les pasteis de Belem ne sont pas les meilleures : pas la peine donc de se taper la queue en plein soleil avec des centaines de touristes pour les goûter), on s’est gavés de sardines grillées et de morue sous toutes ses formes, on a dégusté du Porto très vieux, du Porto très jeune, du Porto très sec et du Porto très sucré, on s’est acheté des fausses moustaches pour faire comme les portugaises (alors qu’en vrai les portugaises elles n’ont même pas de moustache, mais c’est pas grave parce qu’on a vachement rigolé) et on a laissé des oeuvres éphémères sur les galets du Tage (un peu comme cet artiste connu là-bas qui fait des piles de cailloux en équilibre)… Et puis il a fallu repartir. Alors on est rentrés à Paris avec des tas d’images dans la tête et dans le cœur un peu de saudade

Photos lisboa


Quelques adresses à retenir à Lisboa :

Instituto dos Vinhos do Douro e Porto (Rua de São Pedro de Alcântara, 45 – Bairro Alto) :  c’est l’endroit idéal pour une dégustation de portos : il y en a plus de 200 !!!! L’accueil est détestable, les serveurs tellement grincheux que nos serveurs parisiens semblent charmants et souriants à côté, on ne vous donnera aucun conseil, mais ça vaut le coup pour la sélection de vins et les prix (imbattables). L’idéal c’est en essayer plusieurs, histoire de comparer (gros coup de cœur pour le Ramos Pinto tawny 30 ans). L’ambiance est très studieuse : ici, le Porto c’est un art, on n’est pas en train de se murger la gueule et de se taper la cuisse de rire. Mais franchement ça vaut le détour.

Oceonarium de Lisbonne : sans doute la plus belle surprise des vacances… Il est situé dans le quartiers des Nations, aménagé à l’occasion de l’Exposition universelle de 1998. C’est le 3ème aquarium public au monde et la visite est simplement extraordinaire…  https://www.oceanario.pt/en

 O Recanto (Rua da Praia do Bom Successso n.24) : si vous allez à Belem, plutôt que de vous retrouver dans un piège à touristes pour le déjeuner, sortez des sentiers battus pour tester ce petit restaurant familial typique. C’est la maman qui est aux fourneaux ! Je vous conseille les sardines grillées (7,5€, servies avec salade et légumes) sans oublier de finir par un verre de Ginja (1,5€). C’est à 5 minutes à pied de la Torre de Belem, sur le chemin pour aller reprendre le bus…

Santo Antonio de Alfama : un petit restaurant avec terrasse, bien caché en plein cœur de l’Alfama. Un peu cher pour Lisbonne mais le service est super et le poisson grillé délicieux ! Un conseil : réservez impérativement sinon impossible d’avoir de la place sur la terrasse si romantique, sous la vigne et les jolis lampions…  http://siteantonio.com/  

Confeitaria Nacional : située sur la Praça da Figueira, cette pâtisserie est la plus vieille de Lisbonne (elle a vu le jour en 1829). Au premier étage, il y a un petit self super, avec des plats du jour de qualité et pas chers du tout. Assez peu de touristes et beaucoup de lisboètes dans le restaurant. Il faut en profiter pour goûter les pâtisseries : les pastéis sont délicieuses et le gâteau à la crème est à tomber par terre !  

 

3 pensées sur “Bom dia Lisboa !”

    1. C’est vrai que Paris n’est pas toujours très propre… mais rien à voir avec Lisbonne, qui est franchement moins bien entretenue… Et puis ca dépend des quartiers 🙂

      1. Certes, mais le budget de la ville de Paris est tout autre que celui de Lisbonne, qui reste une petite capitale dans un pays nettement moins riche que la France. Donc, je trouve que, même si, bien sur Lisbonne est assez délabrée, c’est plus explicable que Paris.

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