Birthday boy #3

Anniversaire

J’ai toujours attendu le mois de juin avec impatience. Parce qu’il était synonyme de beaux jours, de Fête de la Musique, de l’approche des vacances… Mais ça c’était avant. Dorénavant, le mois de juin est marqué par un événement très important : l’anniversaire d’Amonbeaufils. Autant dire que dès le mois de mai, on commence à avoir la pression quand Amonbeaufils nous demande ce que nous allons faire cette année pour son birthday. Il faut dire que l’année dernière, on avait mis la barre très haut (pour rappel, ça se passe ici). Pour être tout à faire honnête, j’espérais secrètement que cette année, les festivités se dérouleraient chez sa maman (égoïste moi ? Non…) Ce n’est pas que je n’ai pas envie de lui organiser une belle fête, mais sincèrement, un an après je trouve encore des traces de la boum dans l’appartement alors si on pouvait y échapper une année sur deux, ça m’arrangerait. Comme je suis naïve…

Amonbeaufils ayant changé d’école, il a été décidé que cette année, il organiserait deux fêtes d’anniversaire (malinx, le lynx…). Nous avons donc été désignés pour recevoir les copains de l’an dernier. Avec Cielmonmari, on a été très clairs : cette année, on n’invite pas toute la classe. Dix copains maximum. Ce samedi de juin, nous attendions donc une petite dizaine de jeunes pré-ados pour célébrer les 12 ans d’Amonbeaufils. Youpi. Le jour J, on a donc rangé l’appartement, mis à l’abri tout ce que les gamins pourraient casser (ce n’est jamais assez, sachez-le : les enfants ont beaucoup d’imagination…), recruté une super copine pour nous filer un coup de main (et assurer un soutien moral féminin absolument nécessaire), prévu de quoi nourrir tout ce petit monde et attendu l’arrivée des invités.

14h30 pétantes, les parents débarquent avec leur progéniture, trop heureux de pouvoir s’en débarrasser le temps d’une après-midi (tu m’étonnes…) et après de grandes retrouvailles entre les copains, à base de « salut mec », « ça va mec ? », toute la clique disparaît dans la chambre d’Amonbeaufils, histoire d’être tranquille pour échanger des cartes Panini de foot (Euro oblige…), jouer en réseau à la DS ou faire Dieu sait quoi. Profitant de ce moment de calme, Cielmonmari, Supercopine et moi, on s’est installés dans la cuisine (qui deviendra notre QG pendant toute la durée de l’opération « Birthday ») pour boire un petit thé. Au bout de quelques minutes, quelque chose me gêne : « c’est très calme, quand même, vous ne trouvez pas ? ». S’il y a bien UNE chose que j’ai apprise, c’est que lorsqu’il s’agit d’enfants, SILENCE = DANGER. Ca n’a pas loupé : les petits malins avaient eu la bonne idée de quitter l’appartement pour organiser une grande partie de cache-cache dans l’immeuble. Cielmonmari les a ramenés manu militari à la maison et leur a proposé des boissons.

Nous installons donc dans la salle à manger les boissons et une pile de gobelets rouges, comme ceux qu’on trouve aux Etats-Unis (l’expérience m’a montré qu’ils sont beaucoup plus solides et stables que les gobelets en plastique transparent…). Jamais je n’aurais imaginé découvrir, un quart d’heure plus tard, notre petite bande en pleine partie de beer pong sur ma belle table de salle à manger, éclaboussant au passage le sol de Coca (qui, faute de bière, avait servi à remplir les gobelets). C’est là que Cielmonmari a eu la brillante idée de les sortir pour qu’ils se défoulent un peu en jouant au foot dans la petite impasse derrière la maison. Un génie, j’vous dis…

Super Copine et moi, on est arrivées un peu plus tard, avec le goûter. Voulant insuffler un peu de fête et de magie pour ce moment, j’avais investi dans une bombe de confettis. J’avais bien lu le mode d’emploi au préalable : tenir le tube solidement, le diriger vers le ciel et tourner. C’est ce que j’ai fait… On a entendu une détonation, suivie d’un grand silence. Et tous les confettis sont tombés par terre. C’est à que j’ai réalisé que j’avais super mal au ventre… Sous les éclats de rire des enfants, très amusés par ma gaffe, j’ai compris que je tenais ce pu%@)§ de tube à l’envers et que j’avais pris la déflagration en plein diaphragme. J’ai essayé de ne pas dramatiser, mais si j’avais été seule chez moi, je me serais mise en boule dans mon lit et j’aurais chialé. Mais pas le temps de m’apitoyer sur mon sort : il faut souffler les bougies, couper le gâteau, servir les boissons…

Les gamins repartent faire un foot : heureusement, je les ai arrêtés à la dernière minute, alors qu’ils allaient escalader la devanture d’un café (fermé) et entrer par effraction pour récupérer une balle perdue. Décidemment je n’aurais pas pu travailler dans une école : il faut avoir des yeux partout… Je ne devais d’ailleurs pas les avoir bien ouverts, sinon j’aurais vu le ballon m’arriver en plein sur la joue. Je retire tout ce que j’ai pu dire sur les ballons en mousse : c’est extrêmement dangereux… Après avoir retrouvé un semblant de sensation dans le visage, j’ai compris qu’il y avait un problème (confirmé par mon dentiste, deux jours plus tard, qui me facturera une petite fortune pour réparer ma dent cassée par l’impact).

Mais (toujours) pas le temps de m’apitoyer sur mon sort : les enfants entourent l’un d’entre eux qui pleure… Je supplie le ciel pour que le petit Raphaël, que je vois en larmes, ne soit pas blessé. Ses parents viennent de divorcer et la séparation semble tendue : j’imagine que le père, qui en a la garde ce week-end, prendra très cher s’il ramène son fils blessé… Je me précipite pour vois ce qui se passe (après le gamin qui a perdu une dent l’an dernier, plus rien ne m’effraie) : Raphaël pleure à chaudes larmes parce qu… il a sali ses nouvelles baskets blanches avec du Coca, et que son père va le gronder. Et en plus ses copains se sont moqués de lui… Et son jean est tout mouillé… Bref, le drame. Ni une ni deux, j’emmène Raphaël à la maison, sort mon arme secrète (la gomme magique, de M. Propre. Sans doute la meilleure invention depuis les pansements Compeed) et entreprends de réparer les dégâts : un coup d’éponge sur les chaussures, un peu de sèche-cheveux sur le pantalon et hop, dix minutes plus tard, Raphaël a retrouvé le sourire. Ca tombe bien, son papa sonne à la porte pour le récupérer, un peu étonné que les autres enfants ne soient pas là. Raphaël me jette un regard désespéré mais je le couvre (« Raphaël ne boit pas de Coca alors nous sommes remontés lui chercher de l’eau ») et la père ne se doute de rien.

Petit à petit, les parents viennent récupérer leurs enfants. Et enfin l’anniversaire est fini. Amonbeaufils entre dans la cuisine, l’air un peu triste, et nous dit en soupirant qu’il aimerait que la journée recommence et que c’était vraiment un chouette anniversaire. Cielmonmari et moi on sourit et on est heureux qu’il soit heureux. Et au fond de moi, je passe le meilleur moment de ma journée, justement parce que c’est fini. J’appréhende déjà les 13 ans…

  

8 pensées sur “Birthday boy #3”

    1. Merci !!!!! J avoue que je n’ai pas été très assidue ces derniers mois mais maintenant que j’ai changé d’hébergeur ça sera plus simple… Et sinon (malheureusement ?) Amonbeaufils est plutôt sage : je ne peux même pas raconter ses conneries car il en fait très peu 🙁

      1. J’imagine cette pauvre personne qui -ayant pourtant le monde entier à sa disposition- se recroqueville amèrement sur son ordinateur, et y entre, chaque jour, le début de ton adresse de blog (qui se complète intuitivement sur absolument tous ses appareils), pour voir s’il y a un nouvel article… puis t’insulter dans un français approximatif.
        Super pathétique.

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