Je suis la reine de la route…

conduiteJe conduis comme un manche. Ce n’est pas faute d’avoir pris des cours pourtant : j’ai à mon actif pas moins de 80 heures de leçons de conduite… Mon professeur d’auto-école devait certainement se frotter les mains à chaque fois que je ratais mon permis : il s’assurait ainsi un revenu conséquent, puisqu’en attendant qu’une nouvelle date d’examen me soit accordée, il pouvait se passer plusieurs semaines (je rappelle qu’à Paris, à la fin des années 90, c’était compliqué d’avoir une date de permis… Entre ça et les moniteurs d’auto-écoles qui faisaient grève, autant dire que la génération Y a galéré pour avoir le droit de conduire).

Comme tous mes copains, je me suis bien entendu inscrite dès mes 18 ans. Si le code n’a pas été trop difficile à avoir (je suis une intellectuelle 😆 ), décrocher le précieux papier rose n’a pas été si simple. La première fois que j’ai mis les fesses sur le siège conducteur pour évaluer mon niveau, mon prof de conduite m’a dit que 30 heures de cours devraient suffire. Il m’a ensuite demandé si je savais ce qu’était un ABS : j’ai répondu « Airbag en série ». Il m’a collé 10 heures supplémentaires.

J’ai passé mon permis pas moins de 3 fois (ce qui me laisse penser que la conduite n’est pas dans mes gènes, ma sœur ayant même dû attendre la 4ème fois pour l’obtenir…). La première tentative fut courte : j’étais sur une petite route de province, pas une voiture à l’horizon, en pleine cambrousse, lorsque je suis arrêtée par un feu rouge. Pas de souci, je m’arrête. Manque de pot, j’avais le soleil dans les yeux, et avec le reflet sur la vitre, impossible de voir le feu passer au vert. Lorsque la voiture arrêtée derrière moi a commencé à klaxonner, j’ai regardé l’examinateur d’un air interrogateur. Il m’a répondu « faites ce que vous avez à faire ». J’ai donc démarré. L’examinateur m’a immédiatement fait revenir à notre point de départ, puisque griller un feu rouge est éliminatoire.

Deuxième tentative, quelques mois plus tard. Inutile de préciser que j’étais drôlement stressée (malgré mes 20 heures de cours supplémentaires). J’ai tout fait bien comme il fallait : j’ai tripoté le rétroviseur, j’ai fait semblant de régler mon siège (qui était parfaitement réglé déjà puisque j’avais conduit pour venir sur le lieu d’examen – conduite facturée par mon prof comme une heure de cours, évidemment), j’ai bidouillé plein de trucs et hop, on est partis. Tout se passait très bien : il faut dire que je connaissais l’endroit comme ma poche car mon prof m’avait entraînée sur ce trajet plein de fois. Voilà que j’arrive sur une petite route étroite, en sens unique, le long d’un vilain bâtiment en béton. J’aperçois une dame qui promène son chien  : je fais évidemment attention et ralentis. Manque de bol, le chien a dû apercevoir un truc de l’autre côté de la route et s’est littéralement jeté sous mes roues. J’aurais pu faire une embardée mais c’était soit le mur, soit la dame. J’ai préféré sacrifier le chien…. L’examinateur n’a rien dit et après avoir géré la paperasse, nous avons repris l’examen. Il ne me restait plus qu’à faire un créneau et le tour était joué. A la fin de l’examen, au moment des résultats, le verdict est tombé : recalée. Motif invoqué : j’avais mis trop de temps pour faire mon créneau. WTF ????

Pour ma troisième (et fort heureusement dernière) tentative, j’ai tout donné. Une de mes amies avait eu le même examinateur et m’avait confirmé qu’il n’était pas insensible au charme féminin. Je ne sais pas si c’est ça qui m’a fait avoir mon permis, mais j’ai passé tout l’examen à minauder et à lui envoyer des œillades en battant des cils, juste pour avoir ce foutu bout de papier.

Une fois mon permis en poche, j’ai un peu conduit. Mon père étant très gentil, je pouvais prendre sa voiture quand je le voulais. Sauf que je ne le voulais pas vraiment : il conduisait l’équivalent d’un vaisseau spatial, alors que j’avais appris à conduit dans une Twingo. Bref, après quelques années, j’ai arrêté de conduire. Et ça, c’était il y a 10 ans… Depuis, je n’ai plus retouché un volant. D’un autre côté, quand tu vis à Paris, quel est l’intérêt de prendre la voiture alors qu’il y a les transports en commun et Uber 24h/24 ?

Jusqu’à cet été.   

Ca fait déjà un moment que Cielmonmari me tanne pour que je me remette à la conduite. J’ai bien essayé une ou deux fois dans le jardin, mais il faisait semblant de prier à peine j’avais posé les mains sur le volant. On connaît mieux pour mettre en confiance. Sauf que cet été, il ne m’a pas laissé le choix. Nous étions invités à un dîner à 6 kilomètres de la maison (pas loin, mais avec un village à traverser : ma hantise) et Cielmonmari m’a annoncé que ce soir, c’était moi qui conduisait. J’ai évidemment refusé mais ce petit malin a bu un grand verre de l’alcool de mûre du grand-père, dont la bouteille n’était sortie du placard qu’une fois par an pour désinfecter les plaies : autant dire qu’il était inenvisageable qu’il prenne le volant. Je m’y suis donc collée…

C’est un peu tremblante que je me suis installée. J’ai demandé où était l’accélérateur et où était le frein (je confonds toujours les deux pédales !), j’ai retrouvé quelques réflexes après avoir tâtonné un peu (mais comment on met le clignotant déjà ????) et j’ai démarré. Finalement, ce n’était pas si compliqué et les automatismes commençaient à revenir. Je prenais tranquillement confiance quand, sur cette petite route étroite de Haute-Loire, un petit mulot s’est mis en plein milieu de la route.

– Qu’est-ce que je fais ???????

– Concentre-toi sur ta trajectoire, me répond Cielmonmari apparemment serein.

C’est donc ce que j’ai fait.

Repose en paix, petit mulot… 

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