Euh, il y a méprise…

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Cielmonmari et moi, on est les heureux propriétaires d’une voiture répondant au doux nom de Gégé. J’ai toujours adoré donner des petits noms aux voitures : avec ma  copine Cha, on parle encore souvent de Kif, sa première voiture, dans laquelle nous avons vécu tant de souvenirs mémorables mais pas toujours glorieux (d’un commun accord, nous nous sommes promis que nos futurs enfants ne sauraient jamais où Kif nous a emmenées, histoire de ne pas perdre notre crédibilité de parents…). Le jour où Kif est morte, j’ai été drôlement triste (même si j’ai été super rassurée que Cha soit sortie indemne de l’accident qui avait causé la perte de sa voiture…). Gégé, elle n’est pas super belle : on est loin de la voiture de nouveau riche qu’on exhibe fièrement dans les rues, comme un trophée ou un aspirateur à gonzesses. Je les appelle les voitures de « petites kékétte », la taille du véhicule étant sûrement inversement proportionnelle à celle du pénis du conducteur (une théorie que j’ai eu le malheur d’expliquer devant Amonbeaufils, désormais persuadé que son beau-père, propriétaire d’une très grosse cylindrée, a été particulièrement mal doté par Dame Nature…). Non, Gégé, c’est une vieille Laguna beige, 160 000 kilomètres au compteur au bas mot, achetée en urgence lors d’un passage à Vichy, après le décès inopiné de notre ancienne voiture (même modèle, autre couleur, mais ayant roulé deux fois plus. Comme quoi, Renault, c’est du bon matos… Et encore, elle roulait parfaitement jusqu’à sa révision dans un garage parisien. Hasard ou coïncidence ? Je ne crois pas…) Ah oui, en plus, Gégé est immatriculée dans l’Allier (03), ce qui a le gros avantage de nous éviter de nous faire traiter de « sales parisiens » dès que nous roulons en dehors de Paris (mais qui nous vaut d’être pris pour des « sales provinciaux » dès que nous osons prendre la Place de l’Etoile…).

Pas la peine de se mentir : avoir une voiture à Paris, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus pratique. Rapport à Anne Hidalgo, qui trouve que les vieilles voitures ça fait rien que polluer, qu’en plus, les places de stationnement ça prend de la place aux autolib, aux vélib, tout ça tout ça… Bref, vous l’aurez compris, la galère à Paris, c’est de savoir quoi faire de sa voiture quand on ne l’utilise pas. Sauf quand tu es l’heureux propriétaire d’un parking, mais à moins de vendre un  rein ou deux, je ne vois pas comment j’aurais les moyens d’acheter (ni même de louer) un emplacement à proximité de la maison. Thank God, il y a le « stationnement résidentiel ». Tous les dimanche soirs, Cielmonmari sort donc mettre des sous dans la machine pour payer le droit de stationner notre voiture dans une rue déserte. Et pas question d’y échapper : les policiers du quartier veillent au grain… Lors de notre dernier séjour au ski, nous avions bien sûr prévu le paiement du stationnement pendant notre absence : quelle ne fut pas notre surprise de recevoir une amende pour chacun des jours de la semaine ! C’est ainsi que nous avons appris que si tu ne te gares pas dans le sens de la route, c’est comme si tu n’avais pas payé. C’est également ainsi que nous avons appris que la rue était à double sens (ce que nous ne savions pas puisque personne ne l’utilise jamais et que toutes les voitures se garaient dans le même sens. Ma main à couper que cette rue est une manne en matière d’amendes…).Quelle heureuse surprise à notre retour de vacances !

Bref, un lundi matin, Cielmonmari m’appelle en catastrophe pour me dire qu’il a oublié de mettre un ticket dans le parcmètre la veille. J’attrape les clefs en vitesse et me dépêche d’aller remédier à cet oubli (il est 9h15 et nos chers policiers sont extrêmement ponctuels dans le quartier). Je règle à la borne et m’avance vers la voiture pour mettre le ticket sur le pare-brise. A quelques mètres de Gégé, j’appuie sur le bouton de la clef électronique pour déclencher l’ouverture des portes à distance (wow ! moderne !) : zut, les phares ne s’allument pas. La pile doit encore être vide… J’arrive devant la voiture et commence à m’acharner sur le bouton d’ouverture. Je regarde alors l’arrière du véhicule et réalise que tout a été arraché : plus de sièges, de coffre ni de plage arrière : à la place, la carcasse métallique nue de la voiture… Je cherche nerveusement mon portable pour appeler Cielmonmari et le prévenir qu’on s’est fait voler l’intérieur de la voiture, tout en essayant d’ouvrir la porte côté passager. C’est à ce moment que j’ai aperçu un homme assoupi sur le siège conducteur : je tape comme une folle sur la vitre pour le réveiller et savoir pourquoi ce connard pionce dans ma voiture après en avoir vendu la carcasse, certainement à des receleurs (je vous ai dit que mon cerveau partait au quart de tour ?). Le type me voit et commence à me crier dessus dans une langue que je ne comprends pas. Je suis hors-de-moi : il ne manquerait plus qu’il m’insulte !

Je jette un coup d’œil autour de moi, histoire de voir si quelqu’un pourrait venir m’aider en cas d’aggression. Et c’est là que mon regard s’est posé sur la voiture garée juste derrière. Tiens, le même modèle. La même couleur beigeasse. La même plaque d’immatriculation…

(Temps de réflexion assez long… Suis blonde, ne l’oublions pas…)

Et merde…

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