Rencontres du 3ème type

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Pas la peine de nier l’évidence : l’arrivée d’un chiot, ça bouscule pas mal de choses. Vivre avec un chien sonne notamment le glas des week-ends en pyjama à regarder des bouses à la télévision : bah oui, maintenant, il faut sortir le chien. Bon, pour l’instant, disons que les sorties de Sacapuce sont surtout là pour l’habituer pour plus tard, puisque notre adorable toutou croit dur comme fer qu’il doit faire ses besoins à la maison. Je le promène donc pendant des heures, avec l’espoir un peu fou qu’il fera sa petite (et sa grosse) affaire, tout ça pour qu’il se précipite dans la cuisine dès son retour pour lâcher sa flaque… La bonne nouvelle, c’est que je sais que Sacapuce a une excellente autonomie, puisqu’il peut se retenir pas moins de 6 heures alors qu’il n’a que deux mois (toujours voir le bon côté des choses, sinon on ne s’en sort pas). Bref.

Contre toute attente, les promenades canines m’ont beaucoup manqué après la disparition de Choupette. Contrairement à la plupart des propriétaires de chiens qui préfèreraient ne pas avoir à subir cette corvée, j’adorais cette petite coupure, surtout le soir, qui me permettait de passer tranquillement mes coups de fil sans être dérangée. Je suis donc ravie de pouvoir promener Sacapuce le soir. Enfin, c’est sans compter l’effet qu’il produit sur les passants, qui me surprend chaque jour un peu plus. Car il faut l’admettre, Sacapuce est craquant. Pas juste mignon : c’est une vraie gravure de mode, une peluche vivante, une petite mignonnerie comme on n’en voit rarement. Même Choupette n’a jamais suscité un tel enthousiasme. Alors forcément, je me fais arrêter tous les 10 mètres.

Il y a bien sûr les passants sympas, qui regardent Sacapuce avec un sourire, me disent qu’il est mignon et me demandent poliment s’ils peuvent le caresser. Je leur réponds en souriant aussi et on échange quelques mots : c’est plutôt chouette. C’est comme ça que Sacapuce est devenu la coqueluche du quartier et que tous les commerçants du coin sortent de leur boutique pour lui faire un petit coucou. Et puis il y a les autres. Les lourdauds, les mal-élevés, les connasses, les gros cons…

Il y a celles (ce sont surtout des filles), qui foncent sur le chien, le soulèvent n’importe comment, lui font des tas de câlins, sans même me jeter un regard ni me demander la permission. Un peu comme si la blonde qui tient la laisse n’était qu’un poteau invisible. Et je ne parle pas de celles qui le prennent en photo (??? pour quoi faire ??? Sérieusement, il ne me viendrait jamais à l’esprit de faire un cliché d’un chien que je ne connais pas, mais bon…). Il y en a même une qui l’a attrapé, a fait un selfie avec lui, l’a reposé et est repartie, le tout sans un mot. Sans commentaire…

J’ai également souvent droit aux gens qui pensent que parce que j’ai un chien, je suis leur psy. Je ne compte plus ceux qui viennent me voir pour me dire que leur chien est mort, qu’il leur manque… et qui me racontent toute leur vie, trop heureux d’avoir une oreille compatissante pour écouter leurs problèmes de solitude. Au début, je me laissais avoir et puis j’ai compris : je passe donc des coups de fil pendant toute la promenade afin d’être sûre de ne pas être dérangée. Ce qui ne fonctionne pas toujours, comme l’a encore prouvé  hier cette femme d’une cinquantaine d’années qui me suivait littéralement en attendant que je finisse mon appel pour me taper la discut’. J’ai fait mine de ne pas la voir. Elle a fini par venir à ma rencontre et commencer à me parler, alors que j’étais en plein discussion. Et pour une fois je ne me suis pas laissé faire : je lui ai juste répondu « vous ne voyez pas que je suis au téléphone ? ». Elle est partie en grommelant je-ne-sais-quoi dans sa barbe, en ayant l’air de me trouver particulièrement impolie et désagréable. C’est dans ces cas-là que la théorie du #Rienàfoutre me plait beaucoup !

Mais les pires, sans aucune hésitation, ce sont les donneurs de leçons. Je ne peux plus les supporter et je commence à devenir franchement désagréable quand ils commencent leur petit numéro. Je vous explique : Sacapuce est un petit malin. Il aime bien sa maison et n’a aucune envie de se promener des heures dans les rues sales et bruyantes, alors qu’il est bien mieux au chaud dans son mon appartement cosy avec ses jouets. Alors dès qu’il pointe le bout du museau dehors et qu’il faut marcher, il se laisse tomber de tout son long, comme s’il était mourant, pour que je le porte et que nous abrégions la promenade. Manque de bol pour lui, je suis très têtue et j’ai bien compris son petit manège. Reconnaissons-lui toutefois de grandes qualités de comédien, puisque systématiquement j’ai droit à des petites remarques du genre « votre chien est épuisé : vous devriez le porter » ou « il est trop jeune pour marcher en laisse : vous ne devriez pas le sortir, c’est dangereux et cruel ». La pire étant certainement cette grosse chinoise qui m’observait au loin depuis un bon moment depuis l’autre côté de la rue et qui est venue m’expliquer, sans un bonjour, que le collier ce n’était pas bien et que je devrais lui acheter un harnais. Autant préciser que je n’ai pas du tout la patience de répondre et que je les envoyer chier avec bonheur. Avec une forte envie de leur crier dessus que « je ne vous ai rien demandé !!!! ».

Vivement que Sacapuce devienne grand pour qu’on arrête enfin de m’emmerder…

 

 

7 pensées sur “Rencontres du 3ème type”

    1. Je commence à être plus virulente… Pas plus tard que ce matin, une vieille est venue me dire qu’il avait froid et que je ne devrais pas le sortir. Je lui ai répondu assez méchamment que je savais quand même m’occuper de mon chien. Quelle connasse celle-là…

  1. Quitte à passer pour une psychopathe désagréable, je ne laisserai pas les gens s’emparer du chien comme si c’était le leur… Tu as raison de les envoyer se faire voir, c’est leur comportement qui n’est pas normal…La fille au selfie, on va où?!!

    Hélas, même adulte, ce chien aura plus de succès que toi…si, si!

    Je promenais le Grosbaveux de mon père pendant ses vacances et je me faisais arrêter toutes les 5 minutes par des voisins qui saluaient le chien en le reconnaissant…Il y en a un qui m’a même demandé si je ne l’avais pas volé…J’ai répondu que même si on me payait, je n’en voudrais pas ,-))))) La tête du monsieur, un vrai régal!

  2. belle galerie de portraits ! il en manque toutefois un : le propriétaire de la bête du Gévaudan en personne, et qui, au prétexte qu’il serait « très câlin », se permet de le laisser baguenauder sans laisse. Du coup, dans ma campagne, c’est les enfants qu’on hésite à laisser sortir, parce que la bête du Gévaudan, elle, n’hésite pas à sauter les clôtures si une sympathique odeur (de taupe, de rôti, de croûtes de fromages) l’inspire…

    1. Je ne les supporte pas ceux-là… Ce sont toujours les chiens « sans laisse il est gentil » qui viennent faire peur à mon chien (voire à moi) et n’arrêtent pas de nous sauter dessus… D’un autre côté, ne pas tenir son chien en laisse à Paris, c’est assez inconscient, donc moins fréquent qu’à la campagne…

  3. C’est une saucisse à pattes! Mettez de la pâte feuilletée autour, enfournez à thermostat 8 pendant 1h et il fera j’en suis sûr un très bon saucisson lyonnais…

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