Heure de colle

ane

J’ai toujours détesté le dimanche soir. Sûrement parce que cette soirée marquait la fin du week-end et la reprise des obligations scolaires ou professionnelles… Et même l’incontournable « film du dimanche soir » de TF1 ne m’aidait pas à passer un bon moment. Aujourd’hui, je n’aime pas le dimanche soir pour une raison supplémentaire : c’est le moment que choisit généralement Amonbeaufils pour nous annoncer une mauvaise nouvelle (sans doute pense-t-il que la pilule sera plus facile à avaler… Ou peut-être croit-il qu’il évitera ainsi de se faire priver de sortie le week-end : j’avoue que là, il n’a pas tort…) Et la mauvaise nouvelle, en général, c’est qu’il a eu une heure de colle…  

Pour ceux qui ne le sauraient pas (« ne jamais prendre les gens pour des cons mais ne pas oublier qu’ils le sont », comme dirait l’autre), une heure de colle c’est la punition préférée des professeurs de collège et lycée. Le concept ? Quand un élève fait une connerie, il vient passer une heure dans une salle d’études, en dehors des horaires de cours, avec une punition écrite à faire (ça peut aller de faire des lignes (vous copierez 200 fois « je ne dois pas bavarder en classe et déranger mes camarades pendant le cours ») à faire des exercices ou écrire une rédaction. Les profs font parfois preuve de beaucoup d’imagination). Personnellement, je dois reconnaître que je n’ai jamais eu la moindre heure de colle de toute ma scolarité (#viemaviedHermioneGranger), d’une part parce que j’étais plutôt bonne élève et que de toute façon on m’aurait donné le bon Dieu sans confession, mais surtout parce que j’ai toujours eu le don de savoir être particulièrement discrète quand je chuchote…

Le degré de tolérance des professeurs dépend évidemment du niveau d’exigence de l’établissement : si je comprends qu’un élève soit collé quand il n’a pas fait ses devoirs ou qu’il s’est battu, j’ai du mal à percevoir l’intérêt de la punition dans certains cas. Par exemple, quand Amonbeaufils a été collé la première semaine après son entrée en sixième au motif que sa chemise n’était pas rentrée dans son pantalon, j’avoue que j’ai trouvé la punition un chouilla exagérée… Surtout qu’en réalité, on ne punit pas que l’élève mais également les parents ! Je vous explique…

Amonbeaufils commence normalement les cours à 8h30 et sort à 16h15 (ce qui me fait doucement rigoler, car à son âge, avec mes différentes options, j’avais cours tous les jours de 8h à 17h30 avec seulement une demi-heure de pause déjeuner et je ne criais pas au scandale à cause de mon rythme scolaire. Ni du poids de mon sac à dos d’ailleurs… Autres temps, autres mœurs… Bref…) : on pourrait donc penser que les heures de colle ont lieu après les cours, de 16h15 à 17h15 ? Tsss tsss tsss, c’est sans compter la loi de l’emmerdement maximum ! Non, dans son établissement, les heures de colle sont données par demi-heures, le matin, de 7h50 à 8h20. Voilà voilà…

Ce que ça change ? Et bien ça fait chier absolument toute la famille, puisqu’il faut se lever plus tôt. Beaucoup trop tôt… Et vu que nous habitons un peu loin du collège et que de si bon matin il n’y a pas beaucoup de bus, quand Amonbeaufils est collé, on met le réveil à 6h30. Autant dire que tout le monde se sent puni (sauf Sacapuce, trop content d’avoir un peu de compagnie dans la cuisine)

La semaine dernière, Amonbeaufils est revenu avec une heure de colle : donc deux matins à se lever aux aurores. Inutile de préciser que Cielmonmari et moi on était déjà pas super contents (et très égoïstement, plus pour le sommeil en moins que pour les raisons de la punition). Alors j’attendais avec impatience le jour suivant pour retrouver un rythme normal. C’était sans compter sur la surprise du chef… En rentrant des cours, Amonbeaufils est venu me voir avec son sourire angélique :

– Tu veux la bonne ou la mauvaise nouvelle ?

– Vas-y pour la mauvaise (je commence toujours par les mauvaises nouvelles, comme ça j’ai l’espoir de finir sur une note positive !)

– Je suis encore collé demain matin… (tête baissée et mine contrite. Choupette faisait pareil quand il avait fait une connerie en mon absence et que je découvrais le désastre à mon retour).

– QUOI ???????? Et c’est quoi la bonne nouvelle ? (je m’attendais au moins à un 19/20 en maths : ça aurait pu compenser, surtout vu le temps que j’ai passé à lui faire bosser ce p*£*n de contrôle sur les fractions)

– Tiens, je t’ai rapporté un échantillon de parfum 🙂

J’ai hésité entre lui arracher les cheveux et partir me rouler en boule dans mon lit en chialant : j’ai opté pour la troisième solution, lui passer un savon et confisquer les jeux vidéos pendant 15 jours. Moi qui pensais être débarrassée à tout jamais du traumatisme du collège…

4 pensées sur “Heure de colle”

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