Wake me up before you go go (to school)

Ami lecteur, toi qui vis seul ou sans enfant, tu ne connais pas ta chance. Aujourd’hui, laisse-moi te dévoiler ce que vivent chaque matin les heureux « propriétaires » d’enfants : la terrible épreuve du réveil…

Quand tu es un être humain lambda, tu sais que le matin, tu dois te réveiller pour aller bosser. Logiquement, tu penses donc à mettre ton réveil la veille au soir avant de te coucher et tu peux t’endormir l’esprit tranquille en sachant qu’il sonnera à l’heure le lendemain matin. Quand tu entends la sonnerie, tu t’accordes peut-être un ou deux « rappels », histoire de décaler l’heure fatidique du lever de 5 ou 10 minutes, et puis tu finis par te lever SEUL et sauter dans la douche pour te sortir de ta torpeur. Ca c’est quand tu es adulte. Parce qu’avec un enfant, les choses sont bien différentes…

On est vendredi : comme chaque jour de la semaine, Amonbeaufils a école. La veille, alors qu’il s’était déjà endormi depuis longtemps, je suis allée mettre son réveil en marche (non pas que je ne le lui aie pas rappelé 15 fois avant qu’il se couche mais cette information ne semble pas avoir atteint son cerveau de pré-ado plus occupé à penser ping-pong que réveil matin).

7h : depuis mon lit, j’entends le réveil d’Amonbeaufils qui sonne. Puis s’éteint.

7h05 : depuis mon lit, j’entends le réveil d’Amonbeaufils qui sonne (encore). Puis s’éteint (encore).

7h10 : depuis mon lit, j’entends le  réveil d’Amonbeaufils qui sonne (re-encore). Puis s’éteint (re-encore).

7h12 : je suis bien réveillée mais l’absence totale de bruit en provenance de la chambre d’Amonbeaufils m’indique qu’il n’en est pas de même pour lui. Je sors donc de mon lit et me charge de réveiller la bête.

***

Petit rappel : LA règle d’or quand tu veux que ta progéniture soit à l’heure à l’école, c’est de respecter le TIMING (je vous en ai déjà parlé, rappelez-vous). Exemple : tu sais qu’il lui faut un temps incompressible de 9 minutes pour se laver les dents (quand il ne t’en faut que 3… Il faut dire que c’est très difficile de reboucher le bouchon du tube de dentifrice hein ??), donc tu ANTICIPES (2eme mot clef de ton organisation matinale).

***

7h14 : j’ouvre la porte de la chambre d’Amonbeaufils et lui dis d’une voix encore relativement sympa « bonjour, il est l’heure de se lever sinon tu vas être en retard ». J’allume la petite lampe de chevet. Sous la couette, une forme m’indique qu’un être humain est bien là. Mais vivant ou mort, je n’en sais rien.

7h15 : le réveil d’Amonbeaufils sonne à nouveau (note pour plus tard : penser à le déplacer demain, pour qu’il soit obligé de se lever pour l’éteindre… Quoi que je ne suis même pas sûre de l’efficacité de la méthode : les adolescents ont la capacité de dormir même avec le bruit d’une alerte incendie...). Je l’éteins une bonne fois pour toute et essaie de trouver un bras sous la couette. « Hé ho, allez, bouge, il faut se lever ».

7h22 : après avoir descendu Sacapuce pour ses besoins matinaux (7 minutes montre en main, au moins celui-là il est rapide à la détente), je retourne dans la chambre d’Amonbeaufils, qui n’est toujours pas levé. Le bus part dans 38 minutes et il est loin d’être prêt. Je prends alors des mesures radicales : voix énervée (« mais tu n’es pas debout ??!!! Lève-toi vite !!!« ), arrachage d’oreiller, puis de couette… Lorsque ces mesures restent sans effet (ce qui arrive parfois, surtout quand Amonbeaufils, ne respectant pas l’heure prévue, s’est couché tard), c’est le moment de sortir la dernière arme : le tirage de jambe avec jeté hors du lit. Une fois sur le tapis, bizarrement, le pré-ado se réveille beaucoup plus facilement.

Pas la peine de croire que la partie est gagnée : certes, il a ouvert les yeux, mais il lui reste encore à s’habiller (autant préciser que l’étape de la douche, c’est même pas la peine d’y penser. C’est le soir sinon il ne se laverait jamais), prendre son petit-déjeuner, se brosser les dents (9 minutes, rappelez-vous… Ca vous donne une idée du temps qu’il faut pour mettre ses chaussures à lacets…), enfiler son blouson et sortir.

Et quand la porte claque enfin, à 7h58 (mission accomplie !!!!) tu es levée depuis trois quarts d’heure mais tu as l’impression d’avoir couru un marathon et tu te dis que la journée va être drôlement longue…

Mais le pire, c’est que pendant les vacances, tu crois que tu vas être peinarde et pouvoir faire la grasse matinée, puisque le pré-ado a besoin de dormir le matin. Que nenni. Jusqu’à ses 11 ans, Amonbeaufils se réveillait à 6h30 tous les matins. Et venait nous réveiller pour prendre le petit-déjeuner en famille. Oui, toi qui ne sais pas, note bien ça dans un coin de ta tête avant de te reproduire : les enfants ne veulent pas dormir quand il y a école mais veulent profiter de chaque seconde de liberté quand il s’agit de s’amuser. Pour l’anecdote, cette semaine, alors que nous étions à la montagne, lorsqu’on a réveillé Amonbeaufils aux aurores le premier jour pour aller à son cours de ski, en ouvrant les draps nous avons découvert qu’il était déjà en combinaison… Comme quoi, il PEUT se préparer seul, rapidement et à l’heure (le hic, c’est qu’il ne le VEUT pas). 

Le monde est mal fait quand même…

 

7 pensées sur “Wake me up before you go go (to school)”

  1. Diverses propositions pour aider :

    Lui offrir un réveil à roues ? (quand c’est l’heure, il se met à rouler en bipant, de plus en plus fort; il tombe de la table de chevet et disparaît… sous le lit, la table, le tas de vêtements de la veille…)

    Au 1er réveil, insérer une friandise pour sacapuce entre ses orteils ou derrière ses oreilles, et laisser faire cette brave bête, sa langue râpeuse, etc ?

    Sinon, le laisser face à ses responsabilités ? et au courroux des bons pères ? bref, déléguer ?

    1. Merci pour ces propositions ! J’avoue y avoir déjà pensé…
      Pour le réveil à roues, j’adore mais cela risque de réveiller le petit bébé qui dort juste en dessous et qui a le sommeil léger…
      J’ai testé Sacapuce : il saute sur le lit, lui fait un calin… et se love dans les bras d’Amonbeaufils pour continuer sa nuit bien au chaud (niveau de mignonnerie : 10/10 – Niveau d’efficacité : 0/10).
      Quant à le laisser face à ses responsabilités, j’aimerais bien mais il serait en retard tous les matins, donc collé, donc obligé de se lever encore plus tôt. Le cercle vicieux quoi…

      1. J’imagine qu’Amonbeaufils n’est pas bête, et même plutôt malin (voir le coup du parfum que j’avais a-do-ré !)
        Il sera collé une fois, deux fois, trois fois… et puis, un beau matin, il décidera que ça suffit, qu’il peut se réveiller et se préparer tout seul, et apparaîtra au petit déjeuner dans toute sa gloire matinale, je veux dire en grand uniforme de collégien (avec le polo, le jean et les godasses qui vont bien). Curieusement, ça coïncidera avec le moment où il commencera à avoir les mollets poilus…
        Et alors là, qui aura le spleen de ne plus pouvoir venir faire un bisou à une petite frimousse chiffonnée dans le creux de son oreiller ?

        1. J’aimerais bien. Le hic, c’est qu’il est dans une école très stricte et trop de colles = renvoi… Alors je joue les petits chefs : il me remerciera quand il sera plus grand 🙂

  2. Comme quoi, le service militaire avait du bon quand même… 🙂
    C’est marrant comme certaines générations sont plus flemmardes que d’autres. Au collège ou au lycée, j’ai toujours débuté de bonne heure et ça n’a jamais été un problème. Même plus tard dans ma vie professionnelle…

      1. vous pouvez donc remercier votre hypophyse et votre hypothalamus, qui apparemment provoquent votre acrophase du cortisol plutôt en début de fourchette horaire, vers 6h du matin. Pour d’autres, c’est 8h… on dit alors qu’ils ne sont pas du matin. Pauvre Amonbeaufils !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *