Avant, j’avais une vie. Maintenant, j’ai un bébé…

Ca y est, il est (enfin) né le divin enfant : Tesbeaumonfils a pointé le bout de son nez le 28 juin dernier. Rassurez-vous, je vous ferai grâce des détails de l’accouchement : imaginez-vous un mix entre « Grey’s Anatomy », « Dexter » et « Vis ma vie de vétérinaire de campagne : comment aider une vache à mettre bas » et vous aurez un aperçu assez réaliste de ce que j’ai subi. Inutile de préciser que Tesbeaumonfils sera une pièce unique. D’un autre côté, quand on fait un chef d’oeuvre du premier coup, pas la peine d’essayer de faire mieux par la suite. Mais je m’égare.

Avant la naissance, tout le monde m’avait dit « un bébé c’est que du bonheur. Tu verras, ça change la vie ». Bah pour changer, ça change. Evidemment, je me doutais que je manquerais de sommeil, que je serais fatiguée et que le bébé ne ferait pas ses nuit tout de suite (faire ses nuits = dormir de minuit à 6h du matin. Pour la grasse matinée, on oublie tout de suite : ça ne fait même plus partie de votre vocabulaire tant que vos gamins n’arrivent pas à l’adolescence), mais il y a des tas de choses auxquelles je n’avais pas pensé…

Tu n’as plus de vie à toi : avant, j’avais toujours un brushing impeccable et de jolis ongles bien faits. Mais ça, c’était avant. Maintenant, quand je réussis à me laver les dents et à prendre une douche, j’ai l’impression d’avoir accompli un miracle. Evidemment, des âmes bien intentionnées (mais oh combien agaçantes) te donnent tout le temps ce précieux conseil : « il faut dormir quand le bébé dort ». La bonne blague. On voit bien que ceux qui te disent ça, soit n’ont pas eu d’enfant, soit ont perdu la mémoire. Parce que quand ton bébé dort (par tranche de 40 minutes maximum, sinon c’est pas drôle), d’une part tu n’as pas forcément sommeil (à titre personnel, à 19h30, je n’ai pas franchement envie d’aller me coucher. En revanche, à 4h du matin, quand Tesbeaumonfils pète le feu, j’avoue que je ne suis pas vraiment en mode « youpilélé »...) et d’autre part tu en profites pour faire des trucs indispensables (du genre aller aux toilettes (si si…), te nourrir, t’habiller pour essayer vainement de ressembler à quelque chose, faire une lessive (et Dieu sait si le lave-linge va chauffer pendant les premiers mois !), passer un coup de fil et… c’est tout, parce que bébé hurle, marquant ainsi la fin de ton minuscule temps de liberté). Bref, cela fait des semaines que je ne ressemble à rien (j’ai même été contrainte de rester en pantalon pendant la semaine de canicule faute d’avoir trouvé le temps d’épiler une de mes jambes!), que je n’ai plus de vie et que j’ai la désagréable sensation d’être l’esclave corvéable à merci de ce petit être rose et dodu (mais totalement adorable) qui demande une attention constante.

Voyager léger ? Terminé ! Cet été, toute la famille est partie en vacances en voiture. Une véritable expédition. Ah qu’elle me semble loin la belle époque où nous avions de la place dans la voiture, chacun n’ayant pour seul bagage qu’un sac et quelques babioles. Nous avions même de l’espace pour les jambes. Un luxe que tu oublies vite quand tu voyages avec un nourrisson. Parce qu’un bébé, ça a besoin d’une tonne de trucs indispensables : une table à langer, des boîtes de lait, des couches, des tas de fringues, un lit parapluie (un mètre cube, une demie-tonne et 20 minutes pour comprendre comment il se déplie : et après on dit que c’est pratique pour les voyages, laissez-moi rire !), un porte-bébé, des biberons, des jouets… En gros, tu embarques tout.  Sans parler de ce putain de siège auto qui prend une place de folie dans la voiture ! Et encore, on a dû sacrifier la poussette (c’était ça ou le chien. On n’a pas hésité longtemps). Avec Amonbeaufils (et sa valise), Sacapuce (et sa valise) et Tesbeaumonfils (et ses valises), le voyage a été éprouvant et notre véhicule a rapidement pris des airs de caravane Pacouli. Je crois même que Cielmonmari, qui comme tous les papas du monde avait la lourde responsabilité de tout faire tenir dans la voiture, envisage l’achat d’un coffre de toit l’été prochain. C’est dire si nous somme désespérés. Mais il n’y a pas que pour les longs trajets que tu emportes un barda pas possible. « Salut Mado, ça te dit d’aller prendre un verre ? » La proposition est tentante, mais rapidement tu te rends compte que sortir plus d’une heure avec un nouveau-né demande un peu d’organisation. Une fois maitrisé le maniement de la poussette, tu prends « le nécessaire ». C’est-à-dire un biberon, un tapis de change, des couches, des lingettes, une couverture, un gilet s’il a froid, un chapeau s’il y a du soleil, son doudou, sa tétine… Et tu finis par craquer et investir dans un « sac de change » parce que tout ce bordel ne tient pas dans ton ravissant petit sac à main. Pour l’instant, je n’ai pas franchi la limite ultime, celle qui me ferait basculer de l’autre côté, celui des mamans qui ne font pas rêver : non, je n’achèterai pas de sac à dos…

Tu as des conversations de merde (littéralement) : avant, tu pouvais parler de plein de sujets. De l’actualité, de musique, de tes soirées, des films que tu avais vus… Avec l’arrivée d’un bébé, tes centres d’intérêts changent complètement. D’abord, quand tes amis te demandent comment tu vas et ce que tu as fait de beau, bah tu n’as rien à dire : « ça va super ! Ce matin, je me suis réveillée à 4h, j’ai donné le biberon, changé la couche, bercé le bébé, ensuite j’ai recommencé six autres fois. Une journée particulièrement enrichissante sur le plan intellectuel, quoi ».  Moi qui lisais d’habitude près de 600 pages par jour pendant les vacances, j’ai laborieusement réussi à déchiffrer 68 pages de ce qui semble être un super polar que je ne finirai sans doute jamais au train où vont les choses. Et pendant tout l’été, presque toutes les conversations familiales tournaient autour du bébé et de ses problèmes intestinaux : « et il a bien fait caca ? », « le pauvre, il a mal au ventre », « il a des gaz », « mais pourquoi il vomit tout le temps ? ». Il faut dire que quand tu deviens parent, ton bonheur passe par le bien-être intestinal de ton enfant : il a mal au ventre ? Il pleure. Il fait un prout ? Il pleure. Il est constipé ? Il pleure. Il a la colique ? Il pleure. Et quand il pleure, tes oreilles souffrent. Alors oui, le contenu de la couche de ton enfant devient ton principal sujet de préoccupation.

Habiller un bébé, c’est vraiment galère. Samedi soir, je suis tombée sur Fort Foyard (évidemment : quand tu viens d’avoir un bébé, le samedi, tu ne sors pas. Tu restes chez toi et tu écrases devant la télé entre deux biberons). Alors que je regardais les candidats enchaîner les épreuves d’agilité avec plus ou moins de succès, je me suis dit que les créateurs du jeu se cassaient bien la tête pour trouver de nouvelles idées alors qu’il suffit de bien peu de choses : un bébé très énergique et un pyjama. Ma main à couper que personne n’arrive à habiller le petit poupon dans le temps imparti par la clepsydre. « Passe la tête ! La tête !!! Oui, comme ça ! Attention aux bras… Aie ça coince… Tu y est presque… Ahhhh mais il va la plier sa jambe ? Mais plie ta jambe, bord*l de m**de !!! » Une fois que tu as bien compris le niveau de difficulté, tu ne te fais plus avoir : tu n’investis plus que dans des fringues qui s’ouvrent par l’avant et tu maudis ta vieille tante qui t’a offert cette salopette trop mignonne mais qui ne s’ouvre pas à l’entrejambe.

Tu te découvres une tolérance insoupçonnée aux trucs dégueulasses. Avec un bébé, tu comprends rapidement qu’il va falloir mettre les mains dans le cambouis. Enfin, le cambouis… si seulement… Quand ton enfant a bien rempli sa couche, tu n’as pas le choix : il faut la changer. Alors au début, tu tournes la tête, tu y vas du bout des doigts, le plus loin possible, tu retiens ta respiration et tu fais des tas de manières. Et puis tu t’habitues. Une fois que tu t’es fait pissé dessus un certain nombre de fois, tu te dis que c’est pas si grave. Il y a le premier pipi en l’air qui te fait rire, le trentième qui t’amuse beaucoup moins (surtout quand tu viens tout juste de t’habiller pour sortir. Un petit truc : quand tu t’occupes d’un bébé, les jolies fringues, tu oublies. Parce que dans un quart d’heure, quoi que tu fasses, tu te retrouveras avec plein de bave et une grosse tâche de lait caillé sur l’épaule. Au début, tu vas te changer à chaque « accident ». Et puis après tu te contentes d’essuyer grossièrement avec un lange et tu t’en fous). Il y a la première fois qu’il te chie dessus : j’ai tellement ri quand Cielmonmari a reçu une projection de merde sur son pantalon pendant qu’il changeait Tesbeaumonfils. J’ai trouvé ça nettement moins amusant quand ça a été mon tour, à 3 heures du matin, que j’en ai eu sur tout le bras, les mains et les vêtements, et que j’ai dû prendre une douche et désinfecter tous mes bijoux en pleine nuit.

Un bébé ça chiale, et tu ne sauras jamais pourquoi. Au début, quand ton bébé pleure, tu flippes. En vrai, tu n’as qu’une peur, qu’il meurt. Donc tu es dans les starting blocks. Au moindre cri, tu te lèves en sursaut, tu le prends dans tes bras, tu essaies de comprendre ce qui ne va pas pour régler le problème. Pendant les premiers mois de leur vie, les bébés ne font pas de caprices. S’il y a un souci, ils ne se posent pas la question et s’expriment de la seule manière qu’ils connaissent : ils hurlent. Ca peut être toutes sortes de choses : la faim, une douleur, une sensation nouvelle (le vent, le soleil sur la peau…), un gaz qui ne passe pas, un bruit bizarre, l’étiquette de son body qui le démange… Et toi, pauvre parent néophyte, tu es complètement désemparé. Il faut dire que les cris d’un bébé, ça peut être sacrément impressionnant ! Une fois, ma mère a cru que l’alarme de la maison s’était déclenchée, alors qu’il ne s’agissait que de la fille d’un de mes cousins qui s’était mise à hurler. Quand tu vois ce petit être que tu aimes tant devenir tout rouge, hurler à s’en décrocher la mâchoire et avoir presque du mal à respirer, évidemment que tu veux que ça s’arrête. Et puis tu finis par comprendre comment ça marche. Alors tu te précipites un peu moins (oui, il a faim. Oui je vais lui apporter son biberon, mais d’abord, je vais aller faire pipi) quand tu comprends que ce n’est pas parce qu’il se met dans cet état qu’il va mourir…

Allez, bon courage à toutes celles et ceux qui ont (ou vont) découvrir les joies de l’arrivée d’un nouveau-né !!

8 pensées sur “Avant, j’avais une vie. Maintenant, j’ai un bébé…”

    1. Moi, faire pleurer dans les chaumières ?????? Pas le genre de la maison ! Mais essayer (maladroitement peut-être…) de faire rire des petits tracas de ma vie de néo-maman, alors oui, je plaide coupable !

  1. Hello
    Eh oui ce n’est pas facile les premiers mois. Je ne sais pas qui a inventé le mythe du bonheur absolu car la réalité est toute autre.
    Je compatis (bon je sais cela ne va pas suffire…) En effet, j’ai vécu la même chose et 2 fois (oui il y a des mères qui retentent l’expérience…)
    Heureusement après 2 -3 mois cela se régule mais au début c’est carrément éprouvant!!!
    Bon courage pour les 25 prochaines années!!! ;)) A chaque âge, ses petits soucis!!!

    Mais il y a de bons moments et cet attachement si profond qu’il ne se compare à rien d’autre dans la vie. On se découvre l’âme d’une lionne pour protéger ce petit bout qui devient si rapidement grand.

    Profite bien, cela passe si vite.

    Emma

    1. Merci !!
      Heureusement que les choses se mettent en place, et j’avoue que je suis une grosse chanceuse car Tesbeaumonfils est plutôt un bébé super chouette. Et puis je me dis que tout ça va me donner de la matière pour mon blog !!

  2. Félicitations ! pour te remonter le moral, il existe toute une littérature dystopique qui décrit un monde où les gens sont stérilisés : du « meilleur des mondes » à « 3% » (désolé pour le spoil pour ceux qui n’ont pas vu cette excellente série). Quel serait le sens de nos vies sans descendance ? Courage, ton bébé fait des progrès tous les jours, non ?

    1. Merci ! Mais si je me plains des petits inconvénients de la maternité (et Dieu sait s’il sont nombreux), je reconnais qu’il y a plein de supers moments (mais honnêtement ça n’intéresse personne de savor que je suis gaga et que je fais des gouzi-gouzi comme une débile et que j’applaudis dès que bébé fait (enfin !) caca. Pathétique, quoi.. 😀

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