Keep calm et mets tes sur-chaussures

Depuis quelques jours, Tesbeaumonfils va à la crèche. Malgré les nombreuses remarques auxquelles j’ai eu droit (« quoi ? Tu le mets à a crèche à seulement deux mois et demi ? Mais pourquoi si tôt ? Tu n’as pas peur que ce soit mauvais pour lui ? ») et qui laissaient sous-entendre que je suis une mauvaise mère parce que je confie mon enfant à des professionnelles, je n’ai pas cédé (ça va, je ne le l’abandonne pas non plus à des talibans ! Un jour il faudra qu’on aborde le délicat sujet de ces méchantes voix extérieures qui essayent de vous faire culpabiliser. Et bizarrement, le papa n’est jamais visé, alors que c’est aussi son enfant… Bref…). Et tout se passe très bien, rassurez-vous.

Si, comme moi il y a encore quelques semaines, vous n’avez jamais mis les pieds dans une crèche, sachez que c’est un univers à part. Déjà, on utilise le mot « selle » 50 fois par jour. Rien que ça, il faut un moment pour s’y habituer. Et encore, je n’y arrive pas. Quand je m’entends dire « Tesbeaumonfils a fait une selle ce matin », j’ai l’impression que ce n’est pas moi qui parle. Alors je suis la seule maman à utiliser le mot « caca » et encore, je glousse bêtement à chaque fois que nous faisons le point sur les besoins de mon bébé. Vous vous imaginez, vous, chaque matin, en arrivant au boulot, échanger sur le sujet avec vos collègues ? « Je suis pas en super forme ce matin : il faut dire que je suis ballonnée. Sûrement parce que ça fait 36 heures que je ne suis pas allée à la selle ( 🙄 ), donc attends-toi à ce que je sois de mauvaise humeur aujourd’hui ». Non, décidément, je ne m’y ferai jamais…

Mais il n’y a pas que ça. Le pire, ce sont les sur-chaussures. Je vous laisse quelques secondes pour vous imprégner du concept. Evidemment, vu que la crèche, c’est plein de bébés qui rampent partout et mettent tout ce qu’ils trouvent dans leur bouche, mieux vaut que le sol reste à peu près propre. Alors pour éviter que les chaussures des adultes, pleines des délicieuses surprises des trottoirs parisiens, ne déposent des tas de germes partout, il est obligatoire d’enfiler des espèces de chaussettes en éponges, serrées à la cheville par un élastique. Taille unique, s’adapte à toutes les pointures, en forme de chausse du Moyen-âge, en tissu éponge dont on faisait les pyjamas des enfants dans les années 80, d’une jolie couleur jaune pisse. Croyez-moi que si Karl Lagerfeld avait dû porter ces horreurs une fois dans sa vie, il se serait empressé de créer un modèle un peu plus sexy (rien que noir, ça serait déjà un grand pas en avant) parce que personne, je dis bien PERSONNE, ne peut être crédible avec ces atrocités aux pieds (les sur-chaussures + la conversation sur les crottes molles = mon moment vraiment pas glamour de la journée).

Mais on n’a pas le choix : interdiction de mettre un pied à la crèche sans ces immondices. Alors on obéit. Et ça devient vite un réflexe : tu arrives, tu enfiles tes sur-chaussures. Tu repars, tu enlèves tes sur-chaussures. Facile. Mouais…

L’autre jour, je suis passée récupérer Tesbeaumonfils après sa première demi-journée de crèche. Je cale comme je peux ses 7 kilos dans le porte-bébé en essayant d’éviter les jets de vomi sur ma veste en cuir très-jolie-et-très-chère qui ne supporterait vraiment pas une tâche de lait (mais que je refuse d’abandonner : je m’habille déjà comme une pouilleuse toute la journée pour ne pas abîmer mes vêtements, alors cette veste, c’est pas juste une veste. C’est un symbole. Un acte de résistance. La dernière barrière avant de passer définitivement de l’autre côté de la barrière…). Donc je me concentre sur les régurgitations et je sors de la crèche en direction de l’arrêt de bus. Il est midi, c’est l’heure de pointe dans ce quartier d’affaires. Ca grouille de mecs en costards et de femmes super lookées en mode « working girls ». Alors que je me dirige vers le boulevard, je croise un homme qui me sourit. Puis un autre. Décidément, j’ai la cote aujourd’hui. Une femme cette fois. Je commence à trouver ça bizarre. Jusqu’à ce qu’un groupe entier de collègues m’adressent également des sourires. Qu’est-ce qui peut bien clocher chez moi ? Ce n’est qu’en arrivant un peu plus loin dans la rue que j’ai réalisé… que j’avais gardé les sur-chaussures. Forcément, avec le porte-bébé (garni du bébé, of course), je ne voyais plus mes pieds…

Horreur, désespoir, moment de honte, moment de gêne en croisant le regard des passants qui avaient vu que j’avais vu, hop, demi tour, retour crèche. D’un autre côté, en pleine fashion week, je pense que certains en me voyant ont dû se dire qu’il s’agissait peut-être d’une nouvelle mode… Parce quand on voit que certains sont prêts à payer 900 balles pour cette merde paire de mules Gucci, on se dit que tout peut arriver…

8 pensées sur “Keep calm et mets tes sur-chaussures”

  1. Ha ha ! J’adore ! Tu as du vivre un grand moment de solitude ! ça a du m’arriver une fois ou deux d’emmener mes enfants à l’école avec… mes pantoufles aux pieds, sans m’en rendre compte ! Tu es abattue quand tu réalises… après coup ! Bonne continuation dans ta vie de maman 🙂

  2. Hahaha nous aussi on fait partie du club « sur-chaussures à la crèche » et je me suis déjà demandée si j’allais un jour oublier de les retirer 🙂 Fais-moi signe pour déjeuner ensemble un midi. Bises !

    1. Je pense que c’est comme ça dans toutes les crèches. Mais quelle horreur (et encore, heureusement qu’on n’est pas obligé de porter une charlotte !!!

      Quand tu veux pour le dej, avec plaisir !!!!

  3. Hello
    Tu m’as bien fait rire!!!
    Je confirme les sur chaussures, c’est mochissime!
    Je ne suis pas tentée par les mules Gucci … Ça ressemble à une blague ;))

    Bon courage pour ta reprise qui doit arriver je suppose

    Emma

    1. C’est vrai que ces mules Gucci sont… comment dire… Je ne trouve même pas les mots (mais si ce n’était pas Gucci je ne suis pas sûre que ça se vendrait !!!)

  4. et encore, t’as pas à les porter toute la journée. quand tu y travailles si tu oublies tes chaussures pro tu te les gardes toute la journée. tu deviens surchaussures.
    un bonheur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *