Les fraternités

Aux Etats-Unis, il y a une tradition très originale sur les campus : les fraternités. La maison dans laquelle nous logeons se trouve en plein dans le quartier des fraternités : on est donc entouré de delta phi, pi alpha tau et autres delta nu… Entrer dans une fraternité est un peu compliqué car il faut en quelque sorte réussir le casting, ensuite, il faut payer sa cotisation (entre 200 et 400 dollars par mois) pour pouvoir bénéficier des avantages de ce groupe (habiter dans la maison, participer aux soirées, porter le tee-shirt ou même le string (j’en ai vu !!!) aux couleurs de la fraternité…) Tous les vendredis, les fraternités organisent des soirées : toutes les maisons sont ouvertes et il suffit d’y entrer pour se trouver dans un univers parallèle… Il faut savoir que, dans la résidence de Stratford Heights, il est interdit de fumer à l’intérieur (tout le monde est donc dehors en train de fumer) et de boire à l’extérieur. Il est strictement interdit de sortir avec une bière à la main, au risque de finir la nuit en prison !!! Et les Américains ne rigolent pas du tout avec ça !!! C’est un peu hypocrite car il suffit d’entrer dans n’importe quelle maison pour trouver des litres et des litres de bière. Ce qui est amusant, c’est que dans cet Etat des USA, l’alcool ne peut pas dépasser les 20° (la vodka et le whisky ne sont vraiment pas forts, il faut le reconnaître). Le vendredi soir, les rues de la résidence sont BONDEES : on peut à peine marcher, il faut slalomer entre les épaves imbibées d’alcool, c’est très classe… Mais à 1h du matin, tout le monde est parti… Et le lendemain, dès l’aube, il est impossible d’imaginer ce qui s’est passé la veille : tout est rangé, nickel, pas de trace de vomi, rien… C’est fou ce que les gens ici sont civilisés : les étudiants des maisons font leur ménage tous les jours, personne n’aurait l’idée de jeter un papier ou une cigarette par terre et tout le monde traverse quand le feu est rouge… Notre petit groupe de français est le seul à traverser en dehors des clous (il faut faire un détour pour traverser au feu, et braver les voitures nous fait gagner beaucoup de temps…). Ah les français, qu’est ce qu’ils sont sans gêne…

Need your help

Pour mon cours de « uses of psychology in everyday life », je dois rendre un devoir (qui vaut 30% de ma note finale) sur mon comportement quand je suis en colère : ceux qui me connaissent savent que je me mets rarement en colère (n’est-ce pas ???) mais j’ai besoin de vos témoignages pour les joindre à mon dossier. Si vous pouvie envoyer à (supprimé) un petit topo sur ma manière d’agir quand je m’énerve, vous me rendriez un immense service, car je pourrais enfin attaquer mon devoir… Merci beaucoup à tous de votre coopération et ne soyez pas trop vaches avec moi (il ne s’agit pas d’un règlement de comptes…)

Cincinnati

Vendredi, Susan Sadlier, la personne qui s’occupe des Français ici (on devrait plutôt dire que c’est le GO car l’ambiance fait un peu colonie de vacances !!!) nous a emmenés visiter Cincinnati. Nous avons donc pris le bus devant le campus pour aller en ville. Il faut savoir que les bus américains sont vraiment différents des bus français : ils sont tous petits, avec la climatisation à fond (comme partout) et pour arrêter le bus, il faut tirer une longue ficelle qui longe les fenêtres (au début, je croyais que c’était la tringle à rideaux). Avant d’arriver en ville, il faut traverser le « gettho » : les maisons sont très abîmées, et tout est sale, on pourrait se croire à Beyrouth après une attaque aérienne !!! Et la ville elle-même n’est pas beaucoup plus belle : tout est sale, mal entretenu… Nous sommes montés en haut du plus grand building de Cincinnati pour admirer la vue… Enfin, quand je dis admirer, le mot est peu être un peu exagéré : je crois que si je devais vivre ici toute ma vie, je deviendrais dépressive (vous pouvez voir les photos dans l’album "Cincinnati")… Les bâtiments sont dans un état déplorable, il y a des fils électriques partout, c’est vraiment très glauque (et je ne parle même pas de l’attaque aérienne de moustiques que nous avons subie là-haut). On a un peu marché dans les rues mais il n’y a même pas de magasins : voyons au moins le point positif, je ne vais pas me ruiner ici…

What’s the weather like ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, ce qui est le plus surprenant à Cincinnati, c’est le climat : dans la mesure où je suis en plein milieu des USA, je pensais qu’il allait faire très froid… Grosse erreur (ou huge mistake, comme on dit ici) : c’est bien simple, le climat est tropical… Il fait très humide (dès que je sors les cheveux lâchés, j’ai une fâcheuse tendance à très vite ressembler à Diana Ross) mais surtout très chaud. La température moyenne est de 86°F, ce qui équivaut à soit 30°C. Bien sûr, je ne m’attendais pas à ça : résultat, je n’ai que des affaires d’hiver et je meurs de chaud… Et, comble du paroxysme, il fait 10°C à l’intérieur : je passe donc mon temps entre l’étouffement à l’extérieur et le froid glacial dès que je rentre quelque part… Il faudrait rectifier les livres de géographie : dans l’Ohio, le climat n’est pas continental mais tropical !!! Et les étudiants américains sont habillés en conséquence : c’est assez folklorique !!! Les filles portent des micro shorts (avec le nom de l’équipe de football écrit sur les fesses) et des tongs, et les mecs ont des pantalons beaucoup trop larges et des tee-shirts qui sont longs comme des robes ! Autant dire qu’on remarque tout de suite qui est américain et qui ne l’est pas !!!

Premier jour chez les yankees

La première nuit a été assez difficile : en même temps, j’aimerais bien vous voir dormir dans un congélateur !!! Car aucun d’entre nous n’a de couverture (pense bête : ne pas oublier d’acheter une couette bien chaude et un oreiller le plus vite possible) et la climatisation marche à toute blinde. C’est donc après 4 heures de sommeil pas du tout reposantes que je me suis réveillée pour débuter la journée d’accueil. Rendez-vous à 8h10 devant le pavillon de Stratford Heights (notre quartier) : il y a déjà une dizaine d’étudiants de mon groupe qui attendent sous une pluie battante, les yeux bouffis et le ventre affamé (nous n’avons rien mangé depuis la veille et la nourriture est introuvable)… Nous nous rendons donc en troupeau (50 étudiants français, ça fait du bruit) dans le bâtiment principale où l’on nous a quand même préparé un coffee break (pour ceux qui ne le savent pas, il ne faut jamais boire de café aux USA, c’est de l’eau noire) mais toujours rien de solide à avaler !!! Et nous voilà partis pour 4 heures de présentations et de films nous expliquant comment nous intégrer au mieux dans cette nouvelle culture… Je n’ai pas vraiment tout saisi, d’une part car tout était en anglais et d’autre part car je dormais debout, mais je me suis quand même bien amusée quand on a eu un petit speech d’une psychologue qui nous expliquait les quatre stades de l’adaptation des étudiants étrange. Après quelques formalités, on a enfin pu aller déjeuner : pour être tout à fait honnête, c’est moins pire que ce à quoi je m’attendais.. Nous prenons tous nos repas dans une sorte de self dans lequel il y a plusieurs stands : wok, salad bar, bar à pizzas, nourriture « traditionnelle »… et en se débrouillant bien, on peut manger équilibré. Mais il n’y a rien de cru et il est absolument inimaginable de trouver du fromage. Heureusement, le chef est français et nous a promis de nous faire du vrai café et des croissants (mais chut, ce n’est que pour nous). L’après-midi, rebelote : speech, présentations, mesures de sécurité… A la fin de la journée, on est tous cassés et le décalage horaire (euh, je veux dire le « jet lag ») commence à se faire sentir. Je me couche tôt car les cours commencent demain…

Le départ

Lundi 19 septembre 2005 : Le grand saut… Ca y est, on est le 19 septembre 2005 : c’est le grand jour, je pars aux Etats Unis (pour 3 mois seulement, mais quand même !!!). Bon, Papa et Marie m’emmènent à l’aéroport, j’enregistre mes bagages, et avant que j’aie pu réaliser que je partais, j’étais déjà dans l’avion en train de regarder les hôtesses de l’air nous expliquer quoi faire en cas d’accident (ce qui n’est vraiment pas pour me rassurer, quand on connaît ma peur de l’avion). Mais contre toute attente, le vol s’est très bien passé (j’ai à peine eu le temps de regarder 3 navets et deux ou trois séries idiotes, de manger le plateau repas d’US Airways (je ne crois pas que cette compagnie ait des étoiles au Guide Michelin, il faudrait que je me renseigne, mais ça m’étonnerait) que déjà j’étais à Philadelphie). C’est là que les choses se compliquent : quand on arrive aux USA, tout est très réglementé… Tout d’abord, il faut passer la ligne jaune pour entrer sur le territoire (ce n’est pas le moment de faire des blagues sur les bombes car à cet endroit, ils n’ont vraiment pas le sens de l’humour) : on fait la queue debout pendant plus d’une heure (c’est marrant, c’était la même chose à l’ambassade américaine pour avoir un visa ; ça doit être une coutume locale) pour se retrouver face à un officier pas marrant (et accessoirement très moche) qui vous pose un tas de questions, prend vos empreintes digitales, la photo de vos pupilles… Une fois accueillie sur le sol américain (sans encombre cette fois-ci), direction les bagages qu’il faut récupérer pour les réenregistrer, puis la douane pour ne rien déclarer… et c’est là que ça commence à être drôle… Il faut à présent faire la queue pour passer, voyageurs et bagages, aux détecteurs de métaux et autres rayons X : ouvrir son sac, enlever tous les objets métalliques, pas de problème, mais là-bas, il faut aussi enlever vos chaussures, ouvrir votre ordinateur, votre téléphone portable, en gros, une fourmi ne pourrait pas passer. La chasse au briquet est ouverte : aucun objet de ce genre ne doit entrer sur le sol américain : j’ai réussi à passer le premier barrage mais le second à eu raison de mon arme à feu. Au bout de 3 fois, je suis rôdée, et je perds beaucoup moins de temps en ne laçant plus mes chaussures (gain approximatif : 2 minutes). Finalement, il est temps d’embarquer pour aller à Cincinnati : quand j’ai vu la taille du coucou dans lequel ils comptaient me faire monter, j’ai vite pris mon Nausicalm (et je me rends compte par la même occasion qu’un briquet caché a échappé à la vigilance des douaniers : je suis déjà hors-la-loi)… Trois heures de sommeil plus tard, j’étais dans le bus direction le campus sur lequel on est arrivé à 1h du matin heure française (après 17 heures de voyage, quand même). Et là, la surprise : des locaux tous neufs, chaque chambre a sa propre salle de bain avec des toilettes séparés, chaque étudiant a sa propre connexion internet et sa ligne de téléphone personnelle… On est vraiment comme des coqs en pâte !!! Bon, je visiterai demain car il se fait tard et je tombe de sommeil : le temps de faire mon lit (pas de couverture, ça commence bien ) et hop, on met la viande dans le torchon !!!!