(Color) run Forest !!!

Je ne suis pas une grande sportive : ma seule activité physique se limite à quelques parties de tennis au mois d’août, une semaine de ski en février et ma séance hebdomadaire (enfin, sur le papier… En vrai, je ne suis pas très assidue…) à la salle de gym. Alors quand Amonbeaufils, jeune sportif infatigabled e 10 ans, m’a dit qu’il révait de participer à une course, je n’ai pas vraiment donné suite à sa demande. Pas folle la guêpe. Mais face à son insistance répétée, je me suis dit que participer à une petite course facile serait l’occasion de passer un chouette moment en famille. C’est comme ça que ce dimanche d’avril, Cielmonmari, Amonbeaufils et moi avons participé à la Color Run. Continuer la lecture de « (Color) run Forest !!! »

We love green et pisser dans la sciure

index-copie-73.jpgIl y a quelques temps, Chériki et moi on est tombés amoureux, non pas l’un de l’autre (ça c’était déjà fait depuis bien longtemps) mais d’un chouette groupe de musique. En tant que fan de Londres et grande passionnée de grammaire, je ne pouvais qu’aimer London Grammar. Forcément. Donc quand j’ai appris que le groupe allait se produire à Paris, je n’ai pas hésité une seconde et j’ai pris des billets. C’est comme ça que Chériki et moi on s’est retrouvé ce week-end au festival We love Green au parc de Bagatelle. Sur le papier, l’événement est plutôt chouette : un festival éco-responsable, avec une sélection musicale pointue, des ateliers divers et variés, de la bonne bouffe bio… En réalité, We love green, c’est le paradis des hipsters. Même qu’on voyait tellement de barbes qu’on se serait un peu cru dans un épisode de Game of Thrones.

2080862475_800x533_cr.jpgLes festivaliers avaient vraiment tout misé sur le look : je n’ai jamais vu autant de bobos réunis dans un seul et même lieu : on avait de la Rayban à gogo (il y avait même un stand de la marque, c’est dire si la Wayfarer est l’accessoire indispensable du hipster), du micro short en jean, du sac en bandouilière à motifs tribaux, de la couronne de fleurs, du head-band en-veux-tu-en-voilà et ça sentait la beu dans tous les coins. En arrivant, je pensais – naïvement peut-être – que j’allais passer une chouette journée à écouter de la bonne musique, posée au soleil en sirotant un smoothie bio pour faire glisser un bon burger. Que nenni… We Love Green, c’est en réalité le seul festival où tu passes ta journée… à faire la queue.

Continuer la lecture de « We love green et pisser dans la sciure »

Visite du SDF

index-copie-58.jpgQuand on est belle-mère, il faut faire des trucs de belle-mère. N’étant pas encore devenue une experte de la belle-maternité (mais croyez-moi, je suis en passe de le devenir. Même qu’un jour peut-être, j’écrirai le bouquin « Devenir belle-mère pour les nulles »), j’apprends sur le tas et je fais au feeling. Et mon feeling me dit qu’il est important de créer des liens avec Amonbeaufils. Alors, pour ça, j’essaie de passer plein de temps avec lui et de faire des chouettes trucs. Il y a 15 jours, nous avons donc fait une sortie entre nous, laissant Chériki tout seul à la maison, pendant que nous visitions… le Stade de France.

Continuer la lecture de « Visite du SDF »

Sortir à Paris sans vendre un rein (attention BON PLAN)

images-copie-41.jpgC’est dur d’être parisien. Non, je ne vais pas critiquer la plus belle ville du monde, rassurez-vous. Le problème, quand on vit à Paris, c’est qu’il y a beaucoup trop de choses à faire et que tout coûte un bras. Chaque soir, les presque 200 théâtres de la capitale proposent des centaines de spectacles différents : des humoristes dans de toutes petites salles, de grands classiques du théâtre dans les salles les plus prestigieuses, de la musique, de la magie, de la danse, du chant, des comédies musicales… Sans parler des expositions, des performances, des ouvertures de galeries d’art… Paris est certes la capitale de la Mode, mais elle est également un haut lieu de la Culture (avec un grand C, s’il vous plait !). Sauf que… Bah c’est bien joli d’avoir un tel choix, mais vu le prix de la moindre sortie, il devient rapidement frustrant de ne pas pouvoir accéder à tout ça. Les boules, quoi. Quand on sait que la moindre place de ciné coûte 11 euros et qu’une soirée au théâtre vaut au minimum 25 euros (et qu’on y va rarement tout seul), finalement, il faut faire des choix. Et oui, sortir est souvent réservé aux plus privilégiés… Enfin, plus maintenant.

Continuer la lecture de « Sortir à Paris sans vendre un rein (attention BON PLAN) »

Dani Lary et moi j’ai ri

images-copie-12.jpgToujours grâce à mon super plan de sorties à Paris (patience, je vous en parle bientôt…), j’ai eu des invitations (en catégorie 1, s’il vous plaît) pour un fabuleux spectacle au Casino de Paris hier soir. J’ai toujours adoré les spectacles de magie (petite pensée émue pour David Copperfield, mon idole de jeunesse…), alors quand j’ai eu l’opportunité d’avoir des places pour « La clé des Mystères », le nouveau spectacle de Dany Lary dont on voit des affiches partout dans le métro parisien, je n’ai pas hésité une seconde. Bien sûr, depuis mon expérience de « Oh les beaux jours », je ne vais plus jamais voir un spectacle sans avoir regardé la bande-annonce et lu les critiques : rassurée par ce que j’ai lu (« extraordinaire », « incroyable », « un moment inoubliable », « le plus beau spectacle de magie d’Europe » »…), j’attendais cette soirée avec impatience.

Continuer la lecture de « Dani Lary et moi j’ai ri »

A voir… ou pas

Chaque soir, il y a à Paris plusieurs centaines de spectacles : vous comprendrez aisément qu’il n’est donc techniquement pas possible de les voir tous… Quand bien même vous auriez le don d’ubiquité, encore faudrait-il avoir les moyens de financer toutes ces sorties (parce qu’il faut bien l’avouer, les sorties culturelles, ça coûte un bras…). Mais ces derniers jours, je dois bien admettre que j’ai rattrapé tout le retard accumulé depuis des semaines et que j’ai peut-être un peu forcé sur la dose, côté théâtre. Alors plutôt que de vous faire 10 articles sur toutes mes sorties, je suis paresseuse et je vous fais un medley. 

Continuer la lecture de « A voir… ou pas »

J’ai descendu dans mon jardin…

index-copie-91.jpgVoilà des semaines que ma vie culturelle est au point mort : c’est bien simple, j’ai raté tous les films qu’il « fallait » voir et les expos « à ne pas rater ». Mais là, j’ai décidé que les choses allaient changer : j’ai trouvé LE bon plan qui me permet de sortir BEAUCOUP pour un prix TRES BAS. Parce que ne nous leurrons pas : si je sortais moins ces derniers temps, c’est avant tout parce que la vie culturelle, c’est cher !!!! Mais maintenant que le problème est résolu, vous allez souper de la culture à n’en plus pouvoir ! Et on commence tout de suite…

Continuer la lecture de « J’ai descendu dans mon jardin… »

Oh la belle merde

index-copie-58.jpgLa semaine dernière, je suis allée au théâtre. Ma copine Cha, qui a eu l’excellente idée de profiter de son comité d’entreprise pour prendre un abonnement à Artistik Rezo, a la gentillesse de m’emmener régulièrement me culturiser au théâtre. Nous avons ainsi découvert de nouvelles humoristes, vu des acteurs réaliser des danses tribales nus sur scène ou passé de délicieuses soirées devant des comédies musicales. Alors quand elle m’a proposé d’aller voir le dernier spectacle avec Catherine Frot, j’ai bien sûr dit « banco ».

Continuer la lecture de « Oh la belle merde »

Chez les p’tits rats (de l’Opéra, bien sûr)

images-copie-69.jpgJe suis une parisienne pure souche, et fière de l’être. Vous pourrez me dire tout ce que vous voudrez, je ne changerai pas d’avis : Paris restera toujours à mes yeux la plus belle ville du monde. Que voulez-vous, je suis d’une fidélité absolue : quand je donne mon coeur, c’est forever… Et pourtant, il me reste tellement de choses à découvrir. Pas forcément les plus cachées d’ailleurs… Quand je pense qu’avant samedi, je n’avais pas foutu les pieds à l’Opéra Garnier, alors même que j’habite à trois stations de métro !!??? Je sais, j’ai honte… Bon, en réalité, j’avais assisté à l’arbre de Noël de Pierre Bérégovoy (c’est dire si ça remonte…) : mais sincèrement, voir Pierre Perret chanter à l’Opéra, ça ne m’a pas plus marquée que ça. Mon seul souvenir de cet après-midi reste un superbe buffet et des guirlandes dorées absolument magnifiques (dont l’une d’entre elles, discrètement subtilisée sous mon manteau, décore encore chaque année le sapin de mes parents…). Inutile de préciser que lorsqu’on m’a proposé une visite guidée des lieux, je n’ai pas hésité. J’allais enfin combler mes lacunes…

 

palais_garnier.jpgDonc samedi matin, flanquée de mon inséparable copine qui aime autant que moi les visites culturelles, me voilà devant le palais Garnier. Le temps de retrouver le groupe et notre guide, et c’est parti. Un bond dans l’histoire… Nous ne sommes plus en 2012 mais à la toute fin du 19ème siècle… La guide nous raconte la belle histoire de ce bâtiment devant lequel je suis passée des centaines de fois, sans imaginer les trésors qu’il cache. Elle nous fait vivre cette société très hiérarchisée, où il fallait se montrer, être vu, sortir à l’Opéra 3 ou 4 fois par semaine. Ces hommes et ces femmes qui allaient parfois jusqu’à s’endetter lourdement pour pouvoir payer leur abonnement à l’Opéra. Ces loges privatives qui étaient comme une extension de leur domicile, où l’on pouvait laisser ses affaires : de quoi boire ou manger, des vêtements, un manteau, un parapluie, des friandises…

 

images-copie-70.jpgElle nous fait découvrir le grand escalier, nous parle des plus pauvres qui payaient leur place une misère et n’avaient accès qu’au « poulailler » (également appelé le paradis), ces sièges situés tout en haut de la salle de spectacle et d’où personne ne pouvait vous voir… Ces pauvres malheureux qui venaient plus pour voir qu’être vus, qui arrivaient plus de trois heures en avance pour avoir la chance de voir arriver tous les autres. Nous sommes en bas des marches du grand escalier, des marches particulièrement basses et profondes, pensées spécifiquement pour que les femmes puissent monter facilement malgré leurs talons et que les hommes aux grands pieds ne soient pas gênés. Car cette montée des marches, c’était Cannes puissance 1000. Un faux pas, une hésitation, pire une chute, et vous voilà la risée de la haute société parisienne pendant des mois. Il fallait se montrer, exhiber ses plus belles robes, fourrures, bijoux… Le hall du grand escalier est un écrin de marbres, de dorures : une scène de lumière pour ces spectateurs qui sont en réalité les vrais acteurs du spectacle qu’était la vie parisienne…

 

images-copie-71.jpgCar on ne venait pas vraiment à l’Opéra pour admirer les danseuses : le spectacle n’était alors qu’un prétexte. Pour preuve, la lumière restait allumée pendant tout le spectacle. Car l’intérêt des soirées à l’Opéra, c’était de voir les autres. Tiens, la baronne Machin est venue sans son mari… Et le comte de truc, qui a-t-il invité dans sa loge ? On imagine aisément le brouhaha qui régnait dans cette salle pourtant majestueuse. Une salle dont la configuration prouve bien que le spectacle était dans la salle ! Car les sièges les plus prisés étaient ceux que la salle pouvait voir, et non ceux qui offraient la plus belle vue sur la scène… Qui a dit que la jet-set et le « bling-bling show-off m’as-tu-vu » étaient le mal du 21ème siècle ? Au 19ème, c’était pire !

 

DSC09272.JPGAujourd’hui, la salle de spectacle n’a rien perdu de sa superbe : avec ses balcons rouges et or, son immense scène, la plus inclinée du monde (pour donner une vraie perspective au corps de ballet) sur laquelle l’Arc de Triomphe tiendrait sans problème, on sent que les arts sont à l’honneur. Une seule surprise : au plafond, entourant l’immense lustre qui illuminait la salle, une grande fresque qui a fait couler beaucoup d’encre. A l’origine, c’était une toile de Leneveu qui habillait cette coupole. Et puis, dans les années 1960, sur l’initiative d’André Malraux, la fresque d’origine a été remplacée par une nouvelle oeuvre absolument épouvantable plus contemporaine de Chagall. Fort heureusement, pour éviter d’avoir un jour à regretter ce changement de décor, la nouvelle coupole est simplement superposée sur l’ancienne. Il est donc toujours possible, éventuellement, de redonner à l’Opéra son apparence d’origine (et la maquette est présentée au public, histoire que vous compreniez bien ce qu’on aurait pu perdre…).

 

DSC09279.JPGLa guide remonte un peu dans le temps : elle nous parle de ce concours qui avait été organisé pour trouver le futur architecte de l’Opéra, des favoris qui avaient perdu face à un petit jeune presque inconnu, un certain Charles Garnier, mid-30’s, qui n’avait à son palmarès que la halle de Beauvais (projet un peu foireux d’ailleurs, ce qui n’était pas pour rassurer les commanditaires, mais un concours, c’est un concours…). Pour le coup, le baron Haussmann (deux s, deux n, please) était dégoûté et a tout fait pour mettre des bâtons dans les roues du p’tit jeunôt, qui ne s’est pas démonté. Mais la tâche n’était pas facile. D’abord, on a commencé par lui réduire son budget images-copie-72.jpgd’un tiers. Pas cool, surtout qu’il avait prévu des matériaux de dingue (oui, la rampe en onyx et marbre vert, c’est très beau, mais j’imagine le trou dans le porte-monnaie)… Mais surtout, le terrain qui avait été dédié au projet était un vrai casse-tête : un bout de terre non seulement avec une forme asymétrique, mais surtout, avec un sol complètement inondé à cause d’une nappe souterraine. Allez Charly, démerde toi avec ça. Et le p’tit Garnier, il a été futé… Il a fait construire sous terre une immense cuve en béton : des pompes ont récupéré l’eau du sol pendant des mois et ont rempli ce réservoir. Et (rappelez-vous un peu vos cours de physique de terminale), la force dégagée par cette grande cuve a repoussé et stabilisé le sol aux alentours. Bref, 8 mois plus tard, le sol était sec et bien stable… Et aujourd’hui encore, il y a sous l’Opéra une grande cuve d’eau très pure, dans laquelle les pompiers s’entraînent à la plongée sous-marine. Et dans cette réserve d’eau, des petits poissons, nourris par les pompiers de Paris, qui attestent de l’excellente pureté de cette eau.

 

images-copie-73.jpgIl faut dire que Garnier avait du génie : il a pensé son Opéra non pas comme un simple lieu fonctionnel de loisirs, mais véritablement comme un haut lieu de la société… A l’entracte, les hommes et les femmes se retrouvaient dans le foyer, véritable petite soeur de la galerie des glaces de Versailles. Une pièce richement décorée, avec des peintures époustouflantes, qui n’était à l’origine réservée qu’aux hommes (z’étaient un peu misogynes à l’époque). Manque de pot, le soir de l’inauguration (le 5 janvier 1875, pour être précise), alors que les mecs étaient en train de crapoter leurs immondes cigares en parlant business sous les ors du grand foyer, v’là-t-y pas qu’une petite nénette se pointe, avec ses copines dans son sillage, et traverse toute la pièce, l’air de rien, pour venir admirer les superbes toiles peintes au plafond. Damned, enfer et damnation, que fait-on les potos ? Réponse : rien. Why ? Because la nénette en question, c’est la reine d’Espagne, alors on fait low profile… Et dans la foulée, toutes les femmes ont voulu venir : c’est comme ça que ces messieurs ont perdu un privilège jamais acquis sur ce lieu sublime. Ouf.

 

DSC09283.jpgBon, et alors, pendant l’entracte, donc, on parlait boulot : la plupart des gros contrats de l’époque se sont certainement conclus dans ce lieu merveilleux : c’était l’époque du chemin de fer, des grands magasins… Mais surtout, le foyer est devenu un vrai site de rencontres matrimoniales. Ah ça, qui aurait pu penser que Garnier était l’ancêtre de Meetic ?! Les mariages s’arrangeaient entre les familles et les futurs épousés se rencontraient à l’Opéra. So chic… A l’époque, la société c’était un peu Dallas (vous savez, « son univers impitoyable ») : une société hiérarchisée, très codifiée… A tel point que le jour de l’inauguration, Garnier n’avait même pas été invité (ce qui nous parait inconcevable était normal pour l’époque : après tout, est-ce que vous invitez votre entrepreneur à votre pendaison de crémaillère ?) ! Oui, celui qui avait conçu et créé ce bâtiment de toutes pièces, réfléchi à chaque détail, n’était même pas sur la guest list et avait dû payer son propre billet ! Il était vraiment dégoûté, le pauvre. Heureusement, dans la salle, il a eu droit à une standing ovation et a même reçu la Légion d’Honneur des propres mains de Mac-Mahon (hé bé, il a bien fait de venir quand même, dis donc !)…

 

L’Opéra regorge encore certainement de mille secrets, dont j’aimerais vous parler pendant des heures. Mais le blabla, c’est insuffisant. Les mots et les photos ne suffisent pas pour raconter ce lieu incroyable, cet univers magique… Pour en savoir plus, une seule solution : allez-y…

 

DSC09290.JPG

DSC09282.JPG

DSC09281.jpg

Avenue Q (à prononcer « aveniou quiou », à l’américaine, of course !)

images-copie-28.jpgOn ne peut plus dire « caissière » : il convient désormais d’utiliser l’expression « hôtesse de caisse ». On ne doit pas parler de « pédé », mais d’homosexuel. On ne rencontre pas « un noir » mais « une personne de couleur ». A la télévision, on n’entend plus de « putain » mais des « biiiiiip » à longueur d’émissions de téléréalité. Plus personne ne peut allumer une cigarette ou parler d’alcool sur un plateau de télévision sans que le présentateur, hyper stressé à l’idée de se faire taper sur les doigts par le CSA ou je-ne-sais-qui, répète inlassablement que « le tabac nuit gravement à la santé » ou que « l’alcool est à consommer avec modération ». Aujourd’hui, on ne peut plus rien dire. Jusqu’où cela ira-t-il, je me le demande…

 

images-copie-29.jpgJe suis fatiguée de ce langage bien pensant, de cette façon qu’on a de voir le mal partout, de censurer, de donner un poids énorme à quelques mots. Lorsque j’étais petite, j’adorais manger des « têtes de nègres » : plus aucune pâtisserie n’en vend aujourd’hui. En revanche, on peut acheter des « meringues au chocolat ». Alors je vous le crie haut et fort : ce langage politiquement correct me fait CHIER !

 

Voilà, c’est dit.

 

Aujourd’hui, on ne peut plus mettre un pied dehors sans être confronté à cette censure de la société. Partout. Tout le temps… sauf… en ce moment au théâtre Bobino.

 

images-copie-31.jpgDepuis un peu moins d’un mois, le spectacle Avenue Q, une comédie musicale qui cartonne à Broadway depuis des années (10 millions de spectateurs, c’est pas mal…), a débarqué en France. Je sais ce que vous vous dites : encore une énième adaptation française d’une comédie musicale, ça va être foireux. Il faut dire que les paroles françaises du Roi Lion (heureusement qu’il y avait des décors extraordinaires, parce que je saignais presque des oreilles en écoutant cette terrible adaptation…) et de Mamma Mia (Abba en VF : une HONTE) n’ont pas vraiment été des réussites mémorables. Mais là, il faut bien admettre que les textes sont particulièrement réussis : en grande partie grâce à Bruno Gaccio qui, quoi qu’on puisse dire, a une vraie plume.

 

images-copie-32.jpgAlors, de quoi parle Avenue Q ? Tout simplement des habitants de l’avenue Q (how surprising !), une rue de New-York, dans un quartier un peu pourri, où vivent des artistes ratés méconnus, des chômeurs, des jeunes qui se cherchent… Un joyeux mélange d’humains… et de monstres, interprétés par des marionnettes. Je sais, vous vous demandez ce que ça peut donner. Et pourtant, cette comédie musicale est l’un des meilleurs spectacles du moment : des musiques super léchées, très dynamiques, en live avec un orchestre, des voix incroyables, des personnages attachants, parfois tristes, souvent touchants, toujours drôles… Et surtout, un franc-parler particulièrement rafraîchissant ! Dans Avenue Q, on appelle une bite une bite un chat un chat. Les paroles sont insolentes, mais tellement vraies… ENFIN un spectacle qui crie haut et fort que « tout le monde est titi peu raciste ». ENFIN des chansons qui disent que « j’irai pas loin, même avec un bac + 20 ». ENFIN des chanteurs qui osent parler de « si t’étais pédé » ou du fait qu' »Internet c’est pour le cul ». ARRRRRRGGGGGHHHHHH quel bonheur, quel soulagement, quelle impression de liberté retrouvée. Bye-bye la langue de bois, bonjour les mots de tous les jours.

 

images-copie-33.jpgCe spectacle, ce n’est rien de moins que trois heures de pur bonheur, de rigolade, de tendresse… On s’attache à Kate Monster, jeune professeur et éternelle romantique, à Lucy la Salope, la pute un peu trash mais so « Peggy la cochonne », à Princeton le surdiplômé qui cherche un but à sa vie, à Tatami la japonaise qu’on prend pour une chinoise… Les décors sont bien pensés, pleins de petits détails intelligents et de poésie. Après quelques minutes un peu déroutantes, on oublie les humains pour ne plus voir que les marionnettes. Ce spectacle est une pépite…

 

images-copie-34.jpgUn seul bémol : pourquoi, mais pourquoi, faut-il TOUJOURS que des références politiques viennent se glisser dans les spectacles français ? Parce que la petite référence à « Sarko qui va s’en aller » dans le final, bah ça a presque tout gâché. Et le tacle aurait été destiné à n’importe lequel des candidats, ça aurait été la même chose : on vient se détendre, oublier un peu un quotidien un peu morose, et en quelques mots, on se le reprend en pleine poire. Alors oui, l’auteur est une figure des Guignols de l’info, et son truc, c’est la politique, mais là, franchement, les élections présidentielles n’ont pas leur place. Dommage, le spectacle aurait pu être parfait…

 

Avenue Q au théâtre Bobino

Du 7 février au 1er avril 2012

14-20 rue de la Gaité

Paris

Tarif : 26 à 74 euros

A éviter pour les moins de 12 ans, car c’est cru-cru parfois…

 

 

 

La bande annonce française…

 

 

  Et un petit avant-goût avec la version anglaise !