Il faut secouer Popol (Emploi)

images-copie-109.jpg8h55 : comme une demi-douzaine de personnes, j’attends devant la grille du Pôle Emploi. Bah oui, c’est comme ça… J’ai refait mon CV, préparé une lettre de motivation, regroupé toutes mes fiches de paie : je suis prête à montrer ma bonne volonté pour retrouver un boulot (la bonne blague !).

 

9h09 : la porte s’ouvre. On nous demande de patienter dans une grande salle et de remplir un formulaire présentant nos expériences professionnelles. Le jeune homme assis à côté de moi ne sait pas écrire : je l’aide à remplir sa fiche. Oui, je sais : je suis TROP sympa.

 

9h20 : on m’appelle. Je rentre dans un petit bureau et m’assieds devant le sosie d’un top model pour images-copie-110.jpgune publicité de slip masculin. Concentre-toi Mado : on se minaude pas devant son conseiller Pôle Emploi. On papote, on rigole, il me fait signer des trucs et en 20 minutes, mon dossier est bouclé. Maintenant que je suis enregistrée dans le système, je vais voir une autre personne qui va me conseiller et m’appuyer dans mes recherches.

 

images-copie-111.jpg9h40 : retour dans la salle d’attente. L’analphabète Le monsieur qui ne sait pas écrire attend toujours et commence à s’énerver : « ouais, la blonde là, elle est passée avant moi, et moi je suis arrivé en premier d’abord ». La « blonde-là » se fait toute petite sur le banc et laisse passer la tempête : je n’y suis pour rien si j’ai été appelée avant lui. Si j’avais su, je l’aurais laissé se démerder tout seul avec son formulaire : ça l’aurait occupé deux ou trois heures (je sais, c’est méchant… mais franchement, je déteste qu’on s’énerve contre moi quand je suis serviable).

 

images-copie-112.jpg9h46 : « Mlle de Bidulle ? Veuillez me suivre ». J’emboîte le pas à Marie-Chantal-la-Totale : mocassins bicolores, pantalon de toile bleu marine, chemisier blanc, foulard Hermès autour du cou, la cinquantaine bien frappée.

– « Fermez la porte et asseyez-vous »

 

Je m’exécute, elle n’a pas l’air commode, la vieille bique.

 

– « Alors, quel est le travail que vous faisiez avant ? »

– « Chef de projet »

 

D’un doigt, la conseillère tape sur son clavier. Visiblement, le Pôle Emploi ne donne pas de formation informatique à ses salariés. C’est regrettable.

 

– « Désolée, ce métier n’existe pas… (dernière nouvelle : je me demande donc ce que j’ai fait ces quatre dernières années…). Bon, je vous rentre dans le système sous le titre « responsable du management » puisque vous avez un master en management. Dans quel secteur travailliez-vous ? ».

– « Bah j’en ai fait plusieurs : pharmaceutique, bancaire, communication… »

– « Bon, je n’ai pas : je vous mets dans la section Agro-alimentaire »

– « En fait, ce n’est pas trop mon profil tout ça… »

– « Vous avez quel âge ? »

– « 28 ans »

– « Mais c’est très bien, ne vous inquiétez pas. Bon, au revoir alors »

– « …. C’est que j’ai des questions à vous poser : est ce que je pourrais bénéficier d’une formation web ? »

– *soupir agacé* « Ecoutez, rentrez chez vous, regardez sur le site Internet et si vous voulez parler d’une formation, revenez ici »

images-copie-113– (silence qui en dit long : Bien sûr, pourquoi en parler aujourd’hui, alors que je suis assise devant vous, alors qu’il est si simple de prendre rendez-vous pour la prochaine fois : vous pourrez ainsi avoir le temps de réfléchir à la réponse à ma question, parce que visiblement ça vous fait chier d’en parler tout de suite…)

 

– « Bon, on se voit dans quatre mois alors : n’oubliez pas de regarder les offres sur notre site Internet. Bon courage. Fermez la porte en sortant ».

 

10h00 : c’est fini. Je rentre chez moi.

 

Pas étonnant que certaines personnes galèrent pour trouver un emploi…

J’ai jeté un coup d’oeil sur le site, en rentrant chez moi : il n’y a pas une seule offre quand on a mon profil. A croire que Pôle Emploi n’est pas destiné aux personnes qui ont fait des études…


Reprise des négociations (salariales)

Quand vous passez un entretien d’embauche (oui, ça risque de vous arriver un jour. Même si c’est la crise. Même si vous avez envoyé des centaines de CV restés sans réponses… Même si vous pensez que la situation est désespérée…), viendra forcément, à un moment ou à un autre, la délicate question du salaire.


« Alors, mademoiselle, quelles sont vos prétentions salariales ? »

 

A chaque fois, ca me fait la même chose : je me mets à transpirer et à être mal à l’aise. En France, parler d’argent est encore tabou. Bien évidemment, on anticipe la question, on se fixe une limite en-dessous de laquelle on ne descendra pas…. Bref, au moment crucial, on lâche toujours la redoutable petite phrase prononcée en rougissant et en bafouillant « euh…. Bah je voudrais un salaire de XK euros (non, on ne prononce pas le « mille » : on dit « K ». Ainsi, ne dites pas « cinquante mille » mais « 50K ». Ca fait genre vous maîtrisez les chiffres), mais c’est … euh… négociable ».


« Négociable », le mot est lancé. Ca, ca veut dire que vous êtes cuit. Tout de suite, le recruteur va vous proposer le salaire minimum de la fourchette que vous lui avez indiquée. C’est ainsi que vous vous ferez embaucher à un salaire ridicule et que devrez rattraper votre retard de rémunération, perdant ainsi de précieuses années (et tout plein de pépettes).


Oui, le recruteur, profitant de votre gêne à parler gros sous, va vous déstabiliser et essayer de vous payer le moins cher possible. D’ailleurs, en général, il va tenter de vous faire lâcher le chiffre en premier : si vous demandez 30K, alors qu’il a un budget de 40, pourquoi alors payerait-il plus cher ce qu’il peut avoir à moindres frais ????

 

Alors, cette fois-ci, j’ai décidé d’y aller cash et de ne pas me faire avoir. J’ai préparé mes arguments, fait des recherches sur les grilles de salaire (merci Internet), interrogé mes amis Marketeurs pour connaitre grosso-modo leur niveau de rémunération, et j’y suis allée remontée à bloc. Non, je ne suis pas carriériste, et non je ne travaille pas que pour l’argent, mais il y a un moment où il faut recevoir ce que l’on mérite. C’est tout. 

 

L’entretien se passe bien : je suis détendue, je mène mon truc et tout se déroule comme sur des roulettes. Mais je sens la question qui arrive… Concentration extrême…. C’est MAINTENANT.

 

Recruteur : « quelles sont vos prétentions salariales ? »

Moi : « je voudrais XXK euros »

Recruteur, prenant un air étonné et levant les sourcils : « Est-ce que vous vous rendez-compte que c’est le salaire d’un cadre senior en Marketing ? »

 

Aïe, c’est qu’il attaque sec le bougre. Surtout ne pas se laisser démonter. Je respire un grand coup, me redresse sur ma chaise, souris, incline un peu la tête sur le côté, bat deux ou trois fois des cils (n’oublions pas que c’est un homme : ne jamais laisser de côté l’atout « charme ») et lui sors mon petit laïus.


Moi : « Ecoutez, j’ai une maîtrise de Droit, un master d’une grande école, j’ai de l’expérience à l’étranger, je parle anglais, j’ai eu des missions très diverses dans des domaines variés, je suis autonome et capable de m’adapter très rapidement. Je pense donc que c’est ce que je vaux sur le marché du travail, et je n’accepterai aucune proposition inférieure à ce salaire ». Sourire de fin.

 

Là, j’avais les chocottes : sacré coup de bluff quand même… Parce qu’effectivement, c’est dans la fourchette de ce que je « vaux », mais plutôt dans la partie très supérieure !!!!

 

48 heures plus tard, je recevais une proposition d’embauche au salaire que j’avais demandé.

 

Comme quoi, il faut y aller sans hésiter !!!


CV anonyme : vraie solution ou miroir aux alouettes ?

Depuis quelques jours, on nous a ressorti de derrière les fagots le débat mille fois entendu sur le CV anonyme. Je vous préviens tout de suite, vous ne serez sans doute pas d’accord avec moi, certains vont même crier au scandale et m’envoyer des mails d’insultes ou me laisser des commentaires méchants. Tant pis, je prends le risque (à dire vrai, je m’en fous un peu…).


Le CV anonyme, pour ceux qui ne connaissent pas le principe, c’est un CV qui ne donne aucune indication sur ce que vous êtes : aucune mention de l’âge, du sexe, de l’adresse, de l’état civil, du statut marital. Donc pas de photo, de mention de vos loisirs (forcément, en lisant « gym suédoise, danse orientale et hula hoop », on se doutera que vous n’êtes pas un homme de 56 ans), ni de date (on peut facilement retrouver votre âge sinon ! Si je mets que j’ai eu mon bac en 1999, par exemple, le recruteur saura immédiatement que j’ai  environ 28 ans). En gros, seulement votre expérience professionnelle, rien d’autre.


Dans le fond, je trouve l’idée très bonne : plus de discrimination à l’embauche, tout le monde à égalité devant le recruteur. C’est un bel idéal. Mais soyons réaliste 15 secondes : ok, le candidat qui aurait été écarté au tri des CV va sans doute avoir des entretiens. Et ensuite ? Franchement, ce n’est pas le CV anonyme qui empêchera les discriminations. Parce que tout ce qui a été caché sur le CV  apparaîtra forcément lors de l’entretien.


Et je parle en connaissance de cause. Ces derniers temps, j’ai été à la fois en recherche d’emploi (donc à la place de ces pauvres candidats) et recruteur (puisque l’entreprise au sein de laquelle je travaille encore pour 25 jours – youpi – a lancé une grande vague de recrutement dont j’étais en charge).


En tant que candidate, je dois reconnaître que la conjoncture actuelle n’est pas terrible : mon CV est plutôt bon (je ne vais pas jouer les fausses modestes : j’ai une maîtrise de Droit et un master en management d’une grande école de commerce, je commence à avoir un bon petit background, j’ai de l’expérience à l’étranger… Je ne suis pas la plus à plaindre) et pourtant. J’ai envoyé plus de 350 CV avant de trouver quelque chose, avec un taux de réponse minable en comparaison avec mes précédentes recherches d’emploi. Oui, c’est la crise. Oui, le marché du travail est saturé. C’est simple, il n’y a pas d’offres…


En tant que recruteur, j’ai aussi compris que la situation était catastrophique : j’ai reçu un nombre de candidatures astronomique pour un poste d’assistante de direction. Et des profils hyper qualifiés : HEC, Essec, 10 ans d’expérience… Les candidats étaient tellement désespérés qu’ils étaient prêts à accepter n’importe quoi et à n’importe quel salaire.


Et c’est en triant ces très nombreux CV que j’ai compris le point de vue des recruteurs. A compétences égales, il faut bien faire un choix. Alors je regardais l’adresse (forcément, j’ai favorisé les candidats qui vivaient à proximité du bureau : j’ai déjà travaillé loin de mon domicile et j’étais crevée de passer plus de 3 heures par jour dans le métro. Et puis, avec toutes les grèves de la RATP, mieux vaut prévenir l’absentéisme et trouver quelqu’un qui habite tout près), le statut marital (tiens, cette femme de 35 ans a 3 enfants en bas âge et a pris 2 congés parentaux : elle va être absente tout le temps, entre l’otite de la petite dernière, la gastro de l’aînée et l’école qui ferme pour cause de grippe A-H1N1) et les loisirs (oh mon Dieu, elle fait du tricot…).

 

Et pareil pour la photo : je ne la regardais pas spécialement, mais quand il n’y en avait pas, je trouvais ça louche et je filais faire des recherches sur le net (c’est fou ce que les gens mettent sur  Facebook : photos de vacances, vie privée… Une vraie mine d’or pour les petits fouineurs comme moi).


Je le reconnais donc, j’ai fait de la discrimination. Je sais, c’est moche. Mais comme il est difficile de ne pas  penser au bien-être de l’entreprise… Parce qu’une femme qui part en congé maternité, ça coûte de l’argent. Parce qu’un salarié souvent absent, c’est gênant. Parce que quelqu’un qui ne parle pas correctement français, c’est compliqué (parce qu’il faut quelqu’un pour relire et que c’est une perte de temps). Et puis finalement, je me dis que tout le monde fait de la discrimination, qu’elle soit positive ou négative : certains favorisent les anciens élèves de leur école, d’autre ceux qui partagent les mêmes loisirs… On m’a même avoué un jour que ce qui avait fait la différence entre moi et un autre candidat, c’était ma photo (ok, j’avoue, j’avais passé 1 heure dans le photomaton pour avoir le cliché parfait).

 

Alors très sincèrement, je ne crois pas que le CV anonyme soit la solution. Au contraire. C’est simplement reporter un peu les barrages et décaler le problème. Mais bon, on ne sait jamais…


Cherche assistante désespérément

Aujourd’hui, mon challenge n°1 très urgent au bureau, c’est de recruter une  secrétaire assistante. A priori, rien de très compliqué : il suffit, pour ce poste, d’être autonome, polyvalent, de savoir répondre au téléphone, prendre des rendez-vous, et d’être capable d’écrire un email sans faire de fautes d’orthographe majeures… En mettant l’annonce en ligne sur le site de Paul Lanploi (), j’étais persuadée que trouver très rapidement quelqu’un capable de remplir cette mission serait une formalité. En plus, avec les centaines de candidatures que j’avais reçues en une semaine, je n’avais que l’embarras du choix… Aujourd’hui, je suis un peu moins confiante, et je comprends mieux pourquoi il y a tant de chômeurs en France…

 

Je commence d’abord par effectuer un tri des CV : entre celles qui en mettent le minimum, celles qui en mettent 5 pages, les CV en couleurs (que je n’imprime pas car un seul CV suffirait à vider la cartouche d’encre de l’imprimante) et les présentations bizarres originales, une première sélection se dégage. Je ne vous parlerais même pas des photos que j’ai pu voir, la palme d’or revenant très certainement à cette jeune candidate ayant mis sur son CV une photo d’elle, prise à bout de bras, avec un boa en plumes autour du cou. Non, ici, ce n’est pas le Crazy Horse.

 

Une fois que j’ai retenu quelques profils intéressants (et il y en a peu : il semblerait que les candidates postulent à tout et n’importe quoi…), ma pile de CV a beaucoup diminué. Vient alors la phase d’approche téléphonique. Généralement, je laisse un message car aucune candidate ne répond. Mais que leur passe-t-il par la tête quand elles me rappellent ? L’une d’entre elles m’a recontactée alors qu’elle était en train de faire ses courses (si, je vous jure : j’entendais le bruit de la caisse où elle était en train de payer ses achats, et j’ai reconnu le jingle en fond sonore : « Franprix, mes courses préférées, Franprix ! ») : autant vous dire que celle-là, j’ai zappé… Mais ma préférée, c’est sans doute cette candidate qui m’appelait depuis le RER, et qui ponctuait toutes ses phrases de « p….n, c’est chiant ce bruit » et de « m….e, je passe sous un tunnel, ‘vous inquiétez pas si ça coupe, j’vous rappelle ». Pour être à l’aise au téléphone, il n’y a pas de doute, elle l’est. Mais juste un peu trop.

 

Et puis il y a celles qui affichent tout de suite la couleur : « j’ai quitté mon dernier poste parce qu’il y avait trop de travail. Le poste que vous proposez me plait beaucoup car c’est à 10 minutes de chez moi. Et je voudrais renoncer à ma pause déjeuner pour pouvoir sortir à 16h30 et aller chercher mes enfants à l’école ». Super, bichette. Tu veux peux être un bureau avec vue sur la mer, 8 mois de congés payés et un esclave qui te ventile avec une feuille de palmier ? Suivante !

 

Fort heureusement, certaines candidates passent le test (pourtant pas bien compliqué) de l’entretien téléphonique. Celles-ci ont alors la chance de me rencontrer en personne. Les petites veinardes.

 

Cette semaine, j’ai rencontré deux candidates. Il va me falloir un moment pour m’en remettre. Avec Juliette, la première, le courant était bien passé au téléphone. Tellement bien qu’en arrivant, elle m’a tutoyée et appelée par mon prénom : j’ai tout de suite su que nous allions en rester là. Sa poignée de main molle m’a immédiatement confirmé ma première impression (je ne peux pas travailler avec quelqu’un qui vous tend une main aussi énergique qu’un poulpe mort en décomposition). Le pompon, c’est quand son portable a sonné pendant l’entretien : elle s’est excusée (« mon Dieu, quelle erreur de débutante… Ca ne m’arrive jamais, je suis désolée »), a plongé dans son sac à la recherche de l’appareil et, au lieu de raccrocher au nez de son interlocuteur, a répondu au téléphone !!! J’ai donc assisté, partagée entre l’envie de rire et celle de pleurer (de pitié pour elle), à son « allo ? Oui, je suis en entretien […]. Oui, ça se passe bien […]. Et toi, comment ça se passe ? […]. Bon, je t’appelle quand je sors […] Bisous ». Inutile de préciser qu’elle n’a pas eu le poste.

 

Je garde le meilleur pour la fin. Jennifer avait rendez-vous lundi à 15h. Elle a appelé à 14h pour prévenir qu’elle avait un empêchement et reporter au lendemain matin 9h30. Bon… Mardi, 9h45, toujours pas de Jennifer. Je lui laisse un message un peu sec sur son portable, lui expliquant que le minimum, c’était de prévenir quand on posait un lapin. Je me plonge dans un dossier quand, une demi-heure plus tard, une femme en jean-débardeur rose, le soutif à l’air et le cheveu hirsute débarque dans mon bureau et me salue d’un « salut, c’est moi ». Je reste interloquée quelques secondes avant de comprendre que j’ai devant moi Jennifer… Je la raccompagne en salle d’attente et lui explique qu’elle a 45 minutes de retard, que la moindre des choses aurait été de prévenir et que malheureusement, je n’ai plus le temps de la recevoir, mais que c’est gentil d’être venu quand même. Quand elle m’a proposé de prendre un autre rendez-vous, j’ai été obligée de lui dire que nous cherchions quelqu’un de confiance et de professionnel, et que cette première rencontre m’avait montré qu’elle n’avait vraisemblablement pas le profil recherché pour ce poste…

 

Mais le plus rigolo, dans tout ça, c’est que je suis censée faire un compte rendu des différentes candidates avec lesquelles j’ai été en contact à leur conseillère carrière du Pôle Emploi… Je ne sais même pas si je dois lui dire la vérité : j’ai peur qu’elle se suicide.

 

Trucs et astuces pour réussir un entretien d’embauche

Après vous avoir appris comment rédiger votre CV, je pense qu’il est temps de passer à la deuxième étape : l’entretien d’embauche (c’est promis, après, j’arrête de jouer les conseillères-carrière et je recommence à vous raconter ma vie).

 

Alors, ça y est : vous avez envoyé vos CV et vous attendez des réponses. Commencez par changer l’annonce de votre répondeur téléphonique : les messages d’accueil du genre « Allo ? Allo ? Mais non !!! C’est une blague : t’es sur mon répondeur ! Laisse un message !!! », c’est terminé. Vous êtes un professionnel, et ça se sent jusque dans l’intimité de votre portable. Contentez-vous d’un très soft : « Vous êtes bien sur la boite vocale de Marion Duschmol (on évite les Bibite Doudou, Pause Caca et autres surnoms ridicules, tristes vestiges de soirées trop arrosées ou de moments peu glorieux). Merci de laisser un message et je vous rappellerai dès que possible ». Simple, concis, efficace.

 

Vous recevez enfin le fameux coup de fil : le recruteur a votre CV entre les mains et veut vous rencontrer ! C’est une très bonne nouvelle, certes, mais la partie est loin d’être gagnée : un entretien, c’est comme un marathon, ça se prépare à l’avance…

 

Phase préparatoire : étudiant, vous ne seriez pas allé à un examen sans réviser (quoi que, j’en connais qui l’ont fait !!! Ca m’a toujours étonnée : moi qui passais des nuits entières à réviser, pour retenir des tas de choses indispensables que j’allais devoir recracher quelques heures après… J’ai d’ailleurs souvent été étonnée de ma capacité à faire travailler si efficacement ma mémoire à très court terme : à peine avais-terminé une épreuve que j’avais déjà tout oublié…). Donc, vous devez préparer votre entretien. D’abord, faites des recherches sur l’entreprise (comme je dis souvent : « ayez le réflexe Internet ») : chiffres clefs, actualité, produits, stratégie, problématique, concurrents, marché… Ensuite, reprenez l’offre d’emploi à laquelle vous avez postulé et étudiez-la dans les moindres détails afin de pouvoir mettre en relation votre expérience et vos qualités avec les exigences du poste. Profitez-en pour bien refaire le point sur votre CV et ce que vous avez déjà fait : rien de moins professionnel qu’un jeune candidat qui ne se souvient plus de la date de son diplôme. Enfin, préparez les question-types qu’on vous pose neuf fois sur dix : « où vous voyez-vous dans 5 ans / 10 ans », « quel(le) est votre principal(e) qualité/défaut », « avez-vous quelque chose à ajouter ? » ou « avez-vous des questions ? » (c’est pas mal d’en avoir quelques-unes sous le coude…)

Et n’attendez pas la dernière minute pour imprimer plusieurs copies de votre CV, que vous apporterez avec vous lors de l’entretien (c’est toujours quand on n’a pas été prévoyant que l’imprimante tombe en panne ou qu’il n’y a plus d’encre…)

 

Mise en situation : si vous n’avez jamais passé un entretien de votre vie, autant dire qu’il est fort peu probable que vous soyez tout de suite au top. J’ai moi-même quelques souvenirs traumatisants de grosses gaffes ou de fautes impardonnables dues à mon jeune âge ou à mon manque d’expérience. Rien de mieux pour y remédier que de répéter avec un ami pour rôder un peu votre discours : vous vous asseyez face à face, et vous vous mettez dans les conditions de l’entretien. Vous pourrez alors tester votre discours, votre débit de parole, vos gestes… Beaucoup de paramètres sont à prendre en considération (par exemple, quelqu’un qui joue nerveusement avec son stylo peut être très agaçant pour l’examinateur…) et il est utile d’avoir un œil extérieur (« tu regardes en l’air quand tu parles », « tu bouges trop les mains », « tu parles trop/pas assez fort », « c’est confus »…).Après quelques ratages, je peux vous garantir que tout coulera de source. J’ai d’ailleurs des souvenirs émus de mes périodes de recherches d’emploi, pendant lesquelles je passais mes soirées devant mon miroir à répéter inlassablement mon petit speech de présentation (mon grand jeu de l’époque étant de caser devant le recruteur la même blague au même moment et de faire mouche à tous les coups…).

 

Le dress code : comme pour votre CV, faites sobre. Costard-cravate-chemise pour les garçons (et on évite absolument les chaussettes blanches ou assorties à la chemise : ça fait beauf), pantalon-escarpins noirs pour les filles (si vous n’assumez pas le total look tailleur). Les basiques, il n’y a que ça de vrai : on est sûr que ça passe partout. Et on évite les piercings, les bijoux clinquants, le parfum trop fort (si un relent de vanille reste dans le couloir après votre passage, c’est que vous avez eu la main trop lourde sur le vaporisateur) et les couleurs criardes. Maquillage sobre et discret, cheveux tirés et bien coiffés, manucure (pas de couleur sur les ongles, par pitié) et mains propres : c’est la base. Et bien sûr, on n’affiche pas de signes politiques, sexuels ou religieux, quels qu’ils soient (le recruteur n’a pas besoin de savoir que vous êtes juif, catholique ou musulman, gay ou hétéro, ou un fervent admirateur de Jean Marie Lepen ou de Ségolène Royal).

 

La première impression : « on n’a qu’une seule fois l’occasion de faire une bonne première impression » comme dirait l’autre. Il faut donc faire attention. Déjà, vous aurez pensé à couper votre portable avant d’arriver (histoire de ne pas avoir les mains occupées au moment où le recruteur vient vous chercher). Soyez souriant et dites bonjour d’une voix posée. Et attention à la poignée de mains !!!! Pas la peine de lui broyer 3 phalanges : un peu de douceur ! A l’inverse, si en vous serrant la main, on a l’impression d’empoigner un poisson mort, flasque et mou (la demi-molle de la main, comme je l’appelle souvent…), ça ne va pas non plus. Alors on trouve le juste milieu : ferme et doux à la fois (ça fait un peu slogan de pub des années 90. Du genre : « le camembert Kipu ? Ferme et doux à la fois !).

 

Pendant l’entretien : laissez le recruteur commencer : il va vous expliquer comment sera mené l’entretien. Généralement, il commence par se présenter (petite expérience personnelle -et peu glorieuse- que je tiens à vous faire partager : s’il vous donne sa carte de visite, ne la laissez pas sur la table en partant… Oui oui, ça m’est arrivé une fois… A ma décharge, je venais de poser le pied en France à peine 2 heures avant et j’arrivais tout droit des USA, après une nuit d’avion plutôt éprouvante. C’est bien simple : j’ai dû me concentrer pour donner mon nom à l’accueil…). Parlez posément : écoutez bien les questions pour ne pas répondre à côté. Le but n’est pas de vous piéger mais de vous connaître et d’évaluer votre capacité à remplir les exigences du poste (et si vous êtes là, c’est que vous pouvez y prétendre…).

 

Faut-il mentir ? Là, je n’engage que moi, mais je pense qu’il vaut mieux éviter de raconter des bobards (si vous étiez assistante stagiaire, pas la peine de faire croire que vous étiez directrice Marketing : vous serez grillée tout de suite !!). En revanche, sachez une chose importante : un recruteur n’a pas le droit de vous poser des questions relatives à votre vie privée (religion, statut marital, idées politiques…). Vous pouvez tout à fait refuser de répondre (de manière courtoise, bien évidemment : pas besoin de le menacer de l’attaquer en justice, ça ne ferait que vous desservir) et même mentir (par exemple, s’il vous demande si vous êtes enceinte, vous pouvez répondre que non, même si vous savez pertinemment que ce n’est pas vrai). Il ne pourra jamais vous renvoyer pour cette raison.

 

Petits trucs anti nervosité : quand on passe un entretien, surtout les premières fois, c’est stressant. Alors voici quelques petites astuces pour avoir l’air zen et sûr de vous. Tout d’abord, si vous n’arrivez pas à fixer le regard de votre interlocuteur, fixez le point qui se trouve pile poil entre ses sourcils : il aura l’impression que vous le regardez, alors que ce n’est pas le cas !

Ensuite, si vous tripotez votre stylo ou si vous avez tendance à parler à l’italienne (avec de grands gestes…) croisez vos mains ensemble et posez les devant vous. Plus de risque qu’elles bougent !!! Enfin, parler longtemps donne soif : pensez à avoir sur vous une bouteille d’eau (et si vraiment vous n’avez rien : mordez vous légèrement le bout de la langue : ça vous fera saliver un peu…).

 

 

Voilà, vous êtes prêts : il n’y a plus qu’à se jeter à l’eau !!! Le mieux ? Passez un maximum d’entretiens, même pour des postes qui ne vous intéressent pas : ça vous fera de l’entraînement pour le jour où vous postulerez pour celui de vos rêves !!! Allez, « merde », comme on dit !!!

 


Le B-A-BA d’un bon CV

La société dans laquelle je travaille est en pleine phase de recrutement : on m’a donc demandé aujourd’hui de faire une petite sélection parmi une trentaine de CV pour trouver une stagiaire Marketing. J’ai donc récupéré la pile de CV et lettres de motivation et je m’y suis plongée. Je dois dire que ce que j’ai vu m’a fait très peur !!!! Entre Internet, les conseillers carrière, les écoles qui donnent des conseils, tout le monde devrait connaître les règles de base d’un bon CV. Il faut croire que non !!! Je suis tombée sur de véritables perles. Alors, faisons une rapide révision de ce qu’il faut ABSOLUMENT éviter !!!!

Le format : tout le monde l’a compris, un CV doit tenir sur un A4. Jusque là, c’est simple. Un sans faute. Mais certains n’ont pas bien saisi qu’il fallait que le CV soit présenté dans le sens de la hauteur. Si si, j’en ai vu un qui avait présenté ses expérience en format A4 allongé… C’est bien simple : en tombant dessus, j’ai cru qu’une feuille s’était intercalée par erreur et j’ai failli la jeter dans la corbeille…

La photo : elle n’est pas obligatoire, mais quand on décide d’en mettre une, on n’a pas le droit à l’erreur. Alors on fait classique : de face, fond blanc, centrée sur le haut du corps, et on porte des vêtements qui font un peu professionnel. Et on évite toute originalité : ainsi, vous ne ferez pas comme cette demoiselle (tout à fait charmante, au demeurant) qui a mis une jolie photo d’elle en débardeur à la plage, les cheveux mouillés retenus par une fleur rose, devant un décor paradisiaque. Certes, c’est très joli, mais également parfaitement inapproprié pour montrer votre côté business woman. Mention spéciale également à cette jeune fille qui avait retouché sa photo, pour assortir le fond à son tee-shirt rose bonbon. Au moins, on sait qu’elle maîtrise photoshop…

La mise en page
: par pitié, facilitez la lecture de votre recruteur !!!! Evitez les blocs placés un peu n’importe où : sur l’un des CV, j’ai bien tout trouvé, mais impossible de connaître le nom de la personne qui postulait !!! C’est quoi cette nouvelle mode de mettre des carrés dans tous les sens ??? On fait simple : le nom et les coordonnées en haut à gauche (et pas la peine de mentionner que vous êtes mariée avec 3 enfants ou que vous êtes célibataire : votre vie privée ne regarde que vous), la photo en haut à droite, et en dessous, sur toute la page, on met ses expériences professionelles (de la plus récente à la plus ancienne), sa formation (idem), ses compétences en langue et informatique, et on finit par quelques lignes sur ses centres d’intérêts (tricot, accordéon, tuning… ce que vous voulez, mais toujours en restant large. J’avoue avoir bien ri en lisant : « Activité : lecture (Marianne) »). Et on soigne l’alignement.

Le contenu : là, tout dépend de ce que vous avez fait. Pour chacune de vos fonctions, utilisez des bullet points décrivant vos missions de la manière la plus précise possible, en utilisant des termes choisis avec soin et en évitant les phrases sujet-verbe-complément (exemple à suivre : Création et mise en place d’une campagne de marketing direct (mailing)). Mais je vous en supplie, évitez le remplissage inutile : les trucs du genre :

2009 : 4ème année à l’école machin chose
2008 : 3ème année à l’école machin chose
2007 : 2ème année à l’école machin chose
2006 : 1ère année à l’école machin chose

ça fait vraiment « je n’ai rien fait, alors je meuble ».
Et on fait attention aux fautes d’orthographe (big up à ce jeune homme, qui a fait une belle faute dans l’intitulé de son diplôme : « BT en technique commercial », ça fait kéké…)

Le contenant : faites simple !!! Page blanche, écriture noire, quelques mots important en gras, ET C’EST TOUT !!! Pas de couleur, pas de motifs, pas de frise de fleurs (je vous jure, j’en ai vu) : faites sobre, vous êtes sûr d’éviter la faute de goût.

Alors voilà, vous savez tout : alors que je ne reçoive plus jamais un CV aussi traumatisant que tous les phénomènes que j’ai eus entre les mains aujourd’hui, sinon vous allez avoir affaire à moi !!!

De l’art d’envoyer un email professionnel

Mes amis, l’heure est grave. Je crois qu’il est grand temps de vous donner une petite leçon de politesse… La leçon du jour : comment écrire un email professionnel ??? Je vois déjà ce que vous allez vous dire : « elle est tombée sur la tête, tout le monde sait faire ça »… Au risque de vous contredire, je crois qu’un petit rappel des règles élémentaires n’est pas inutile…

Règle n°1 : on dit bonjour. Il n’y a rien de plus désagréable qu’un email qui se résume à « Je vous ai envoyé le dossier X. Merci de me dire ce que vous en pensez ». Un « bonjour, j’espère que vous allez bien », ça ne mange pas de pain (et ça fait quand même plus pro).

Règle n°2 : on soigne l’orthographe !!!! Avec les correcteurs automatiques, rien de plus simple. J’avoue que, plus d’une fois, j’ai eu des doutes sur les capacités de travail de certaines personnes qui avaient des postes importants mais faisaient des fautes atroces dans leurs mails. Bien évidemment, on n’est jamais à l’abri d’une faute de frappe (moi-même l’autre jour, j’ai écrit « saucice » sur mon blog…) mais il y a des limites !! J’ai déjà lu « je vous est envoyais le document ke vous m’avais demander » : j’étais à deux doigts de renvoyer le mail corrigé… Le SMS, c la mor de l’ortografe 😉

Règle n°3 : on évite toute familiarité déplacée. Ainsi, on évitera les « salut », « au plaisir », »bye », « coucou » et même « bisous » (que j’ai vu une fois, je vous le jure !!!). Un sobre « cordialement » suffira pour terminer votre correspondance. Côté signature, bien évidemment, on signe de son prénom ET de son nom -sauf si on est assez proche du destinataire, auquel cas le seul prénom suffira- et on évite A TOUT PRIX les surnoms ridicules (peut-être que tous vos amis vous appelle « bichette », mais votre client n’est pas obligé de le savoir…). Je ne vous ferai pas l’affront de vous parler des « lol » et autres « mdr » : c’est comme les smileys, à bannir !!!! Et enfin, et c’est sans doute ce qu’il y a de plus important, on n’oublie pas qu’un email va être lu, alors on fait preuve de bon sens !!!! Ainsi, hier, j’ai reçu un email surprenant : j’avais demandé à la directrice de la communication d’une très grosse boîte de m’envoyer la charte graphique de son entreprise. Voilà ce que j’ai reçu : « Bebert, tu peux envoyer la charte à la dame ? ».