Bom dia Lisboa !

Lisbonne

Quand j’étais petite fille, comme la plupart des enfants dont les parents travaillent, j’avais une nounou. Elle venait d’arriver du Portugal et ne parlait pas bien le français. Pas de problème : à 5 ans, à force de passer mes journées avec Dida, je parlais couramment portugais (si vous vous posez la question laissez-moi vous répondre tout de suite : non, je ne le parle plus). De cette époque, j’ai gardé un grand intérêt pour le Portugal : une passion pour le Fado, un goût prononcé pour le Porto et une forte attirance pour la cuisine portugaise. Autant dire que j’attendais mes premières vacances à Lisboa avec beaucoup d’impatience !  

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Mado fait du tourisme : la Chaise-Dieu

DSC02267.JPGAlors que la très grande majorité de mes amis a toujours passé ses vacances au bord de la mer, j’ai longtemps dénoté en allant me détendre à la montagne : loin des côtes surpeuplées, pleines de kékés des plages, de « chouchoux-beignets-chichis » et de nichons à l’air, moi, je me repose en Haute-Loire. Une région difficilement accessible (il ne faut pas avoir mal au coeur en voiture) mais particulièrement attrayante une fois qu’on sait où aller. Si si, j’vous jure : les vacances vertes, ça devient tendance ! Même qu’un jour, il y a quelques années, un de mes copains un peu snob à qui j’avais demandé où il était parti en vacances, m’a répondu « ah la la, j’étais dans une région formidable que personne ne connait mais qui vaut vraiment le détour : tu devrais visiter la Haute-Loire ». Ce même ami qui, deux ans auparavant, s’était foutu de ma gueule quand je lui avais expliqué où je passais tous mes étés depuis mon enfance. Bref. En Haute-Loire, hormis une gastronomie absolument fabuleuse (dont j’essaie de limiter les effets néfastes sur ma silhouette en faisant du sport… Il faut dire que le saucisson, c’est un peu gras, j’en conviens), il y a quand même des tas d’endroits vraiment très chouettes à visiter. Aujourd’hui, je vous emmène à la Chaise-Dieu.

DSC02270.JPGJ’imagine que comme la plupart des gens, vous connaissez la Chaise-Dieu pour son festival de musique sacrée, qui reste l’un des événements musicaux de l’été. Et pourtant, cette abbaye est un lieu absolument unique qui mérite d’être visité en dehors de la période du festival. Profitant d’une météo un peu capricieuse (j’entends par là des trombes d’eau et une température extérieure de 12°C, particulièrement incompatible avec ma garde-robe estivale. Reposez en paix mes jolies ballerines beiges *soupir*), Chériki et moi avons décidé de passer la journée à la Chaise-Dieu. Après une route un peu chaotique (des lieux comme ça, ça se mérite), nous voilà sur la place de l’Echo… enfin, la seule place du village, celle sur laquelle il y a LE parking du bled et LE restaurant « gastronomique » du coin. A ce propos, je vous le conseille : menu à 19 euros avec plat et dessert. Un gros coup de coeur pour le coq au vin (vue la météo, il est passé tout seul) et le Clément VI (le dessert à base de praliné et de mousse au chocolat qui est tout simplement fabuleux). N’oubliez pas le passage obligatoire aux toilettes, d’une part parce qu’elles sont super propres, mais surtout parce qu’il y a certainement la plus jolie vue sur le cloître de l’abbatiale (et que ça rend super bien en photo).

DSC02306.JPGPour visiter l’abbatiale, il est essentiel de suivre la visite guidée (totalement gratuite, même s’il est quand même normal de participer, à la hauteur de ses moyens, en mettant un petit billet pour financer la communauté des moines qui vivent encore là-bas…) : bien sûr, vous pouvez trouver tout plein d’infos sur Internet ou dans les livres, mais la guide a su nous montrer les petits détails qui échappent à l’oeil du profane. Notamment le fait que l’abbatiale aurait été intégralement recouverte de fresques très colorées réalisées par le même artiste que celui qui avait décoré le Palais des Papes en Avignon, comme le prouve cette petite fresque bien cachée dans un recoin d’une alcôve et devant laquelle on passe sans la voir quand on ne sait pas où elle est planquée…

DSC02320.JPGA voir absolument aussi, la célèbre danse macabre : bien sûr, tout le monde (ou presque) a vu des images de cette grande fresque peinte sur l’un des côtés de la nef. Mais la visite guidée permet de comprendre les raisons de cette fresque et ce qu’elle symbolise. En effet, à une époque où la peste et la famine décimaient toutes les populations, cette immense peinture murale avait pour objet de faire réfléchir sur la mort qui touche tout le monde, quel que soit son âge, sa fortune ou sa condition sociale. Défilent ainsi, par ordre d’importance, un roi, un homme riche, un homme d’église, un paysan, un avocat, une femme, un enfant… entraînés vers la mort par de drôles de squelettes hilares.

auvergne-salle-chaise-dieu-big.jpgA ne pas rater également, en dehors de l’abbatiale, la salle de l’écho : une grande pièce carrée, vide, avec des angles bien dessinés, marquée par une accoustique exceptionnelle. Initialement, elle avait été conçue pour permettre la confession des lépreux (dont il valait mieux ne pas trop s’approcher) : ainsi, quand on se met dans un coin, face au mur, et qu’on chuchote ses secrets les plus inavouables, la personne située dans l’angle opposé entend très clairement vos paroles. Une expérience extrêmement surprenante et une belle preuve du génie de nos architectes français de l’époque.

Bon, sur ces belles paroles, bye bye la Haute-Loire, c’est la fin des vacances et c’est parti pour ma période préférée de l’année (en dehors de Noël of course !!!) : la fin du mois d’août à Paris !!!

Berlin : les immanquables

Quand on découvre une ville ou un pays, il y a certains incontournables qu’on ne peut pas éviter. Par exemple, à Rome, difficile de passer à côté des ruines ou des pâtes. En Grèce, c’est la moussaka et la crise. Bref, aujourd’hui, petit aperçu de ce qui vous attend si vous allez à Berlin.

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Berlin, Day 1 (et du zizi à la fin)

DSC01587.JPGAllez hop, comme promis, direction Berlin. Une arrivée surréaliste, très silencieuse, dans un aéroport tout blanc, recouvert d’une épaisse couche de neige. A ce moment précis, je me réjouis d’avoir eu la présence d’esprit de prendre mes Moon Boots (oui, ça prend beaucoup de place dans la valise, mais j’ai rentabilisé le voyage puisque je ne les ai pas quittées du séjour. J’ai d’ailleurs été très surprise de voir que tout le monde les regardait avec beaucoup d’étonnement. J’ai compris pourquoi lorsque j’ai réalisé que, visiblement, la Moon Boot était l’apanage des prostituées qui font le trottoir dans les quartiers branchés). Le temps de récupérer les bagages (31 secondes, montre en main : on sent que l’organisation allemande a fait ses preuves) et nous voilà dans le métro direction l’hôtel. Premières impressions ? « C’est vrai que Berlin, c’est très différent de l’Italie ». Voilà voilà, Mado et sa grande culture architecturale…

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Cabines téléphoniques ou lupanars ?

index-copie-10.jpgL’un des plus grands symboles de la ville de Londres, ce sont les cabines téléphoniques. On dira ce qu’on voudra, mais ces grosses cabines rouges à vitres ont beaucoup plus de gueule que les vulgaires cabines en verre qu’on trouve dans les rues de Paris… Le hic, c’est que l’avènement du téléphone portable a porté préjudice à la cabine téléphonique : sincèrement, lequel d’entre vous se souvient de la dernière fois qu’il a utilisé une machine à carte pour téléphoner ? Vous souvenez-vous même d’avoir vu quelqu’un entrer dans l’une des rares cabines téléphoniques qui subsistent encore ? C’est bien simple : voilà quelques semaines, lors d’une promenade nocturne de Choupette, j’ai vu un homme entrer dans une cabine et passer un coup de fil. J’ai été tellement étonnée et surprise que j’ai du me retenir de le prendre en photo…

 

images-copie-25.jpgBref, en Europe, ne nous leurrons pas : la cabine téléphonique is dead. Bientôt, nos enfants nous demanderont même « mais à quoi ça servait ces grosses cabines ? » –  » A téléphoner, mon chéri » – « Quoi ? Mais pourquoi on n’utilisait pas son portable ? ». Un jour, je devrai expliquer à mes (futurs) enfants que « tu sais, mon chéri, du temps de Maman, les portables ça n’existait pas ». Et je verrai dans leur regard qu’ils réalisent que je suis TREEEEEEEES vieille. Damned.

 

mado.pngMais revenons à nos moutons : la mort de la cabine téléphonique, c’est un drame pour la capitale britannique. Que serait Londres sans ses célébrissimes cabines rouges ??? Réponse : plus tout à fait la même… Alors pour l’instant, Londres continue à entretenir ses belles cabines, mais jusqu’à quand ? On remarque également que les cabines traditionnelles restent quand même principalement installées à proximité des lieux culturels ou pleins de touristes : tout le monde veut sa photo dans une cabine téléphonique londonienne (moi la première : j’en ai même une belle collection…)…

 

images-copie-26.jpgLe truc en plus, avec les cabines anglaises, c’est qu’elles réservent une petite surprise à l’intérieur : un peu comme un oeuf Kinder… Vue de l’extérieur, la cabine anglaise est stylée, branchée, délicieusement vintage et so British. A l’intérieur, c’est très différent… Disons que des petits malins ont su trouver un nouveau marché pour ces cabines. Le porno.

 

images-copie-27.jpgA l’intérieur de chaque cabine, au-dessus du combiné, des dizaines d’affichettes avec des photos de cul plus ou moins trash, faisant la promotion de numéros surtaxés ou de sites de call-girls. Avec photos à l’appui, bien sûr… D’un point de vue Marketing & Communication, une excellente idée : appeler une prostituée ou un téléphone rose à partir de son portable à de nombreux inconvénients. D’abord, ça coûte un bras, et ensuite, allez donc expliquer à Madame pourquoi vous avez appelé ce genre de numéro. Mieux vaut vraiment passer ce genre d’appel d’une cabine : et plus besoin de chercher des numéros, vous avez le catalogue régulièrement mis à jour sous les yeux. Pratique.

 

Sur les affichettes, format carte postal facile à détacher et à garder dans une poche ou un portefeuille, il y a vraiment de tout. A boire et à manger. Des blondes, des brunes, des « school girls », des cougars vieilles, des asiatiques, des blacks, des européennes (on dit « caucasian » là-bas), des actrices de X, des « wet pussy » (??? WTF ???)… Et il y a tous les types de prestations, du phone sex à la « livraison à domicile », y compris dans les hôtels et à des horaires décalés. Les cabines téléphoniques anglaises, c’est mieux que la Fouir’fouille du sexe : tu trouves de tout… La grande classe, quoi…

 

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Ndlr : sur 3 jours de séjour à London, j’ai vérifié TOUTES les cabines qui ont croisé ma route.

Et 100% d’entre elles avaient les affichetttes…

Londres, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre…

DSC09191.JPGUne ville dans laquelle on a vécu, c’est un peu comme une vieille copine qu’on n’a pas vue depuis longtemps : quand on se retrouve, on a plein de choses à se raconter, à se montrer, on se rappelle les vieux souvenirs, qu’ils soient bon ou mauvais… La semaine dernière, j’ai retrouvé Londres. Presque deux ans que je n’y avais pas mis les pieds. Vingt-trois mois exactement. C’est fou comme le temps passe vite…

 

DSC09244.jpgTrois jours sur les traces de Mado version 2007. Un petit hôtel à deux pas de mon ancien appartement, et me voilà replongée quelques années en arrière. Des réflexes qui reviennent,  touch in et touch out dans le métro, « please mind the gap between the train and the platform », attention en traversant la rue car les voitures roulent du mauvais côté. Des odeurs qui ne changent pas : le « gras » dans le métro, les muffins industriels de chez Tesco… Des lumières, des sons, des impressions de déjà-vu, des automatismes qui refont surface. Retour sur les lieux du crime, et voilà tout qui remonte à la surface.

 

images-copie-22.jpgEt le plus étonnant, c’est de réaliser que tout est pareil, mais en même temps si différent : tiens, mon pub préféré a changé de déco (RIP the Volunteer, sans doute le bar où j’ai passé la grande majorité de mes soirées londoniennes), ah le pad thaï de mon petit pub du coin de la rue est beaucoup plus épicé qu’avant, rhoooo il y a un tout nouvel immeuble ici !?

 

DSC09218.jpgCar Londres vit une véritable transformation : à quelques mois des Jeux Olympiques, la ville se refait une beauté et n’est plus aujourd’hui qu’un immense chantier. A tous les coins de rue, des ouvriers qui mettent des câbles, qui pavent des rues, qui construisent des immeubles. Les tours poussent plus vite que les champignons après la pluie. Londres grouille et se grouille pour être prête pour le jour J(O).

 

images-copie-23.jpgMais Londres restera toujours la ville qui m’a prouvé que j’avais des « couilles » : le courage de tout quitter pour partir vers l’inconnu, le courage de revenir et de surmonter des moments difficiles. Alors retourner à Londres est toujours chargé d’émotions. Et bien sûr, je ne manque pas de retourner dans mes endroits préférés. Marylebone High Street, avec sa ravissante librairie dont je suis littéralement amoureuse et son magasin Cath Kidston où j’achète systématiquement un parapluie pour ma mère (qui le perdra dans les 3 mois – je la soupçonne de le faire exprès pour avoir un nouveau modèle à chaque fois…) et des torchons so cute (good news : ils livrent en France !!!).

 

images-copie-24.jpgNotting Hill, avec ses ravissantes petites maisons de toutes les couleurs, le marché de Portobello, et le Windsor Castle, un pub so british, tout biscornu, où l’on peut boire du Pimm’s et manger un fish’n chips à tomber par terre au coin du feu (et où j’ai passé une soirée mémorable il y a quelques années). Les rives de la Tamise, la Tate Modern, le London Bridge, Trafalgar Square, Regent Street, Picadilly Circus : autant de nom qui résonnent en moi comme des petites bulles de souvenirs.

 

DSC09183.JPGLa Wallace Collection avec sa collection fabuleuse de tableaux, de meubles et d’armures (l’art français, j’adore : non, ce n’est pas du chauvinisme, juste du bon goût… ). Covent Garden et sa petite boutique de thé (où, à mon immense regret, ils ont augmenté les prix et arrêté de vendre mon Lapsang Souchong préféré en sachets : drame, désespoir, damned, et maintenant que vais-je faire ???). Le Sketch, pour une tasse de thé servie dans de la belle porcelaine chic et accompagnée de fantastiques scones (et un petit tour dans leurs fabuleuses nouvelles toilettes 100% en strass. Même le bouton de la chasse d’eau est un gros « diamant ». La grande classe !). Camden Town pour son ambiance unique, ses petits plats du monde entier, ses boutiques de bric et de broc mélange d’ambiance ethnique (par pitié, qu’ils arrêtent avec l’encens ! Le courant hippie, c’est fini !), de roots attitude (oui, les bangs et autres accessoires de fumette sont en vente libre) et de techno pointue (il suffit de faire un tour au Cyberdog, le magasin 100% techno – volume sonore au max et danseurs sur des podium – où l’on trouve sur 3 étages tout l’attirail du parfait clubber. Rien que pour le look des vendeurs, ça vaut le détour).

 

index-copie-9.jpgEt bien sûr, le moment que j’attendais tant et que je n’aurais raté pour rien au monde : ma virée chez Primark. Primark, c’est mon monde à moi. A Paris, je déteste faire du shopping (au grand dam de Chéri-qui-adore-ça) : tout me parait hors-de-prix et particulièrement banal. Mais chez Primark, j’ai envie de tout acheter. J’appréhendais un peu la réaction de Chéri-qui-ne-connaissait-pas-cette-boutique : je n’ai pas été déçue… Jamais je n’aurais pensé qu’un mec puisse aimer ce magasin !!! Dans ce fouillis de chiffons, de froufrous, de vêtements entassés, Chéri-qui-aime-les-boutiques ne savait plus où donner de la tête. Et il a rapidement compris le principe : « Non, je ne vais pas prendre ce pull : 7 pounds, c’est bien trop cher ». Oui, Primark nous habitue à payer vraiment un prix dérisoire. Forcément, moi, je me suis lâchée (gros coup de coeur pour la tunique absolument importable – mais que je porterai – en simili-mouton !!!). Comme d’habitude, j’avais prévu un sac de voyage vide pour rapporter mes achats. Et cette fois, c’était encore mieux : il y avait Chéri-qui-portait-les-bagages.

 

Mais 3 jours, c’est bien trop court pour tout voir de Londres : il va falloir qu’on y retourne vite…

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité sur Rome

 

images-copie-41.jpgAvec Internet, on peut faire le tour du monde en quelques clics de souris : un coup de Google Earth et nous voilà en plein coeur du Pacifique, un petit tour sur le Guide du Routard et vous avez tous les bons plans d’une ville, sans parler des photos, des vidéos, des musiques… Internet serait-il le pire concurrent des agences de voyages ? Que nenni… Parce qu’il y a des choses qu’on ne trouve pas à travers un écran, que l’on ne peut pas ressentir à distance. Et pour Rome, c’est pareil. Il faut y aller pour voir et comprendre quelques vérités sur cette ville mythique…

 

images-copie-42.jpgOn nous ment sur les Italiennes : désolée messieurs, je vais briser un mythe. Si vous préférez continuer à vous leurrer, sautez ce paragraphe et passez au suivant.

Sophia Loren, Monica Bellucci… Les femmes italiennes ont dans le monde la réputation d’être de sublimes déesses brunes et plantureuses, over glamour avec leurs formes généreuses, leurs jambes interminables et leurs tenues ultra féminines. Autant dire que du haut de mon mètre-soixante-virgule-cinq, je me doutais que j’aurais bien du mal à rivaliser avec les romaines. En plus, je suis blonde aux yeux bleus : on est bien loin des mythes de la Cinecittà. Je m’attendais donc légitimement à voir se pavaner dans les rues des créatures à la démarche chaloupée, perchées sur des talons vertigineux… QUE DALLE ! L’Italie est sans doute le paradis de la chaussure, mais sincèrement, ce ne sont pas les romaines qui DSC06604.JPGportent ces escarpins superbes. Pourquoi donc ? Tout simplement parce que les rues de la ville sont pavées. Et qu’il semblerait que le maire de Rome n’ait pas trouvé nécessaire de combler les trous entre les pavés (on voit bien que c’est un homme). Impossible donc techniquement de marcher dans les rues sans se coincer le talon aiguille dans un trou. Je sais, j’ai essayé. Je crois que je dois être la seule à avoir osé les talons de 11 centimètres dans les rues de Rome. Très inconfortable, je confirme (mais tant pis : mes nouvelles chaussures sont tellement fabuleuses qu’elles méritaient une sortie italienne). Je vous le confirme donc : les italiennes portent des spartiates. Les images qu’on voyait dans nos livres d’Histoire n’étaient donc que le reflet de la réalité (sauf qu’aujourd’hui, les romaines ont laissé tomber la toge).

 

On nous arnaque au restaurant :

images-copie-43.jpgC’est le problème quand on est touriste, on se fait toujours avoir. Premier soir, à peine avons-nous posé le pied (fort joliment chaussé, certes) au restaurant, qu’un serveur vient nous demander si nous voulons de l’eau plate ou gazeuse. A d’autres, coco, on ne me la fait pas : je demande une carafe d’eau (« tap water » reste le mot le plus utile à connaître quand on va au restau à l’étranger !). Il nous apporte donc une carafe, une corbeille de pain, et le dîner se passe délicieusement. Jusqu’au moment de l’addition… Vous saviez qu’en Italie, on payait l’eau et le pain ????? Ca s’appelle « il coperto » (« le couvert ») et correspond à une taxe pour le fait d’utiliser la vaisselle et de manger du pain, mais ça fait quand même cher le verre d’eau du robinet ! C’est normalement interdit par la loi italienne depuis quelques années, mais de nombreuses trattorias (c’est le nom qu’on donne aux petits restaurants là-bas) continuent à faire payer cette option. Je n’imagine même pas le tollé si les restaurants français se mettaient à faire payer le pain et l’eau : la France se mettrait en grève !

 

Les vendeurs à la sauvette sont très ingénieux :

DSC06500_2.JPGDès qu’un lieu est un peu touristique, des dizaines de vendeurs illégaux flairent le pigeon filon et tentent par tous les moyens de gagner quelques sous. A Paris aussi on en a : essayez un peu de vous promener sur l’esplanade du Trocadéro… Ma main à couper qu’en moins de deux minutes on viendra vous proposer une mini Tour Eiffel en porte-clef ou un ventilateur de poche. Et dans chaque pays, l’offre s’adapte à la demande. A Venise, par exemple, l’objet qui se vend comme des petits pains, ce sont les cuissardes en sac poubelle, qui permettent de marcher dans les rues inondées de la ville (bien sûr que j’ai gardé les miennes !!!!). Et à Rome, le truc qui cartonne (en plus des contrefaçons de sacs Vuitton et Chanel – extrêmement bien faites, par ailleurs), ce sont les ombrelles en papier. Il faut dire qu’avec cette chaleur, on n’est pas contre un peu d’ombre… On croise images-copie-44.jpgdonc partout des femmes protégées par ces petites ombrelles roses, jaunes, bleues, vertes… De vraies petites touches de couleurs (un peu comme si elles portaient sur leur front une étiquette « touriste », parfaite pour attirer les pickpockets, qui savent ainsi immédiatement reconnaître leurs proies, même dans une foule dense. Pratique). Et à la moindre goutte de pluie, en quelques secondes à peine, les vendeurs à la sauvette font disparaître les ombrelles pour proposer des parapluies. On dira ce qu’on veut, mais ça, ça s’appelle être à l’écoute de son marché. Ils ont tout compris au marketing.

 

Les italiens ne parlent pas UN MOT d’anglais :

images-copie-45.jpgJe ne parle absolument pas italien. A part « gelatti », « ciao », « grazzie » et « fettuccine al pesto » (le vocabulaire de base, quoi !), je ne baragouine pas la langue de nos amis ritals. Comme quoi, mes quatre ans de cours de latin ne m’auront pas servi à grand-chose. Grazzie Maman. Mais bon, je parle anglais : alors forcément, je pensais que je m’en sortirais toujours. Quelle naïve j’étais. Si j’avais su, j’aurais prévu un dictionnaire français-italien. On dit toujours que les français parlent très mal anglais ? Et bien allez passer quelques jours à Rome, et vous comprendrez que finalement, nous ne sommes pas si mauvais… Il suffit juste de vous promener au Vatican, dans l’un des musées les plus fréquentés du monde, pour réaliser l’ampleur du problème. Quand vous allez au Louvre, les panneaux sont écrits en plusieurs langues et il est très facile de trouver l’aile Nord ou la sortie. A Rome, soit tu parles italien, soit tu te débrouilles. Heureusement que j’ai vite pigé que « uscita », ça voulait dire « sortie ». Sans parler des serveurs qui ne comprennent rien à la langue de Shakespeare. Et vous n’imaginez même pas ma tête quand j’ai réalisé que le propriétaire de l’hôtel (situé dans un lieu très touristique pourtant !) ne parlait pas anglais. Heureusement, ils parlent tous… français !!!!!! Désormais, ne disons plus « parler anglais comme une vache espagnole », mais « comme une vache italienne » !

 

Et pour terminer, laissez moi vous confirmer une information capitale : oui, Zucchero est VRAIMENT une star dans son pays. Même que ses chansons passent tout le temps à la télé… Incroyable, je sais…

 

Week-end à Rome

DSC06491.JPGJeudi dernier, j’ai quitté ma France bien-aimée pour un week-end prolongé chez nos amis les romains. Six mois que j’attendais ça : il faut dire que ce petit voyage, c’était mon cadeau de Noël. Oui, je sais, j’ai des parents TRES généreux ! Et on peut dire que c’est un cadeau qui fait plaisir deux fois : quand on le reçoit, et quand on part. Le cadeau à double effet Kiss-cool. La grande classe.

 

Photo-55.jpgBref, jeudi matin, direction l’aéroport de Charles-de-Gaulle pour prendre notre vol direction Fumicino. Quand on connait ma passion pour les avions, autant dire que j’ai dû prendre sur moi : quatre jours d’homéopatie auront été nécessaires, mais je n’ai pas versé une larme au décollage. Certes, j’ai broyé le pouce de Chéri-très-compréhensif, qui a eu la gentillesse de sacrifier son doigt pour me permettre de me détendre. Je sens qu’il va me le faire payer un jour ou l’autre. Donc, contre toute attente, le vol se passe sans problème notable (ce qui est suffisamment étonnant pour être mentionné, quand on connait ma propension à attirer les emmerdes). D’ailleurs, en 4 jours, aucun accident n’a été déploré (hormis un ongle cassé, un autre fendu, quelques ampoules et une grosse piqûre de bêbête, rien de très extraordinaire, en fait !) : à croire que j’en ai fini avec la poisse. Mais je parle, je parle, et nous voilà déjà arrivés à Rome… Ce mot qui m’a fait rêver pendant des semaines. Et stresser aussi : il faut savoir qu’à J-2 avant le départ, je n’avais toujours pas de carte d’identité. Autant dire que j’ai failli embrasser la gentille fonctionnaire qui m’a remis mon précieux sésame.

 

DSC06518.JPGPremière impression de Rome ? Il fait chaud. Très chaud. Et très humide aussi. Il faut dire qu’avec 70% d’humidité, je me faisais un peu de souci pour mon brushing. Quand on sait qu’à la moindre goutte de pluie, les 3 heures que je passe à me lisser les cheveux pour avoir figure humaine ne sont plus qu’un loitain souvenir, on comprendra que j’évite les zones humides. Moi, vivre dans une région tropicale ? Jamais. Mais surtout, à Rome, tu ne peux pas tourner la tête sans tomber sur des ruines, une immense église, une fontaine qui chante son eau (comme je suis poétique, je sais. En tout cas, une chose est sûre : à Rome, ce n’est pas la sécheresse), un bâtiment millénaire, un romain en costume (bah oui, forcément, qui dit touristes dit animation pour touristes) ou un site de fouilles archéologiques. Rome est une ville chargée d’Histoire, c’est indéniable.

 

DSC06546.JPGLe temps passe vite à Rome : à peine le temps de voir le Colisée (houlà, ‘fait chaud quand même…), de se perdre dans les ruelles de la ville, de boire 2 litres d’eau par jour, de faire un voeu en lançant deux pièces dans la Fontaine de Trévi (enfin, techniquement, j’ai ai lancé 5 : une seule la première fois, mais quand j’ai réalisé que la tradition exigeait d’en lancer deux – une pour faire un voeu et l’autre pour revenir à Rome – nous sommes retournés à la fontaine un peu plus tard dans la soirée pour lancer deux autres pièces, sous l’oeil de la caméra. Mais comme l’enregistrement n’a pas fonctionné, il a fallu à nouveau recommencer, pour immortaliser ce grand moment), de visiter la Chapelle Sixtine entourés de centaines de touristes agacés parqués dans cette immense pièce sous les aboiements des gardes qui hurlent « no DSC06488.JPGfoto » (miracle, j’ai malgré tout réussi à en prendre une : elle vaut de l’or celle-là !!!), d’admirer la basilique Saint-Pierre et sa superbe place, de rigoler devant l’uniforme des gardes suisses, de manger une gellati, de tester l’aperitivo, de faire des bulles sur la piazza del popolo, de visiter des églises et encore des églises, de se promener main dans la main la nuit sur les bords du Tibre, d’entendre des chansons italiennes, de déguster du moscato d’asti bien frais à la terrasse de chez Gusto en mangeant des fleurs de courgettes frites, de découvrir les merveilles de la villa Borghese et de son immense parc… que voilà déjà l’heure du départ.

 

Quand je pense qu’on n’a même pas eu le temps d’aller chez Burger King…

 

DSC06584.JPGMais il faut faire les valises. Dernier petit déjeuner, derniers pas dans la cité romaine, dernier tour en métro, derniers regards, premières gouttes de pluie sur Rome. L’arrivée à Paris en plein coeur de la nuit, sous un orage épouvantable : et voilà, fin des vacances. Quatre jours qui ont filé comme l’éclair. Grosse déprime, envie de repartir déjà.

 

Allez, vendredi, je vous raconte toute la vérité sur Rome (genre les trucs qu’on ne dit pas dans les guides, mais qui sont indispensables !!!!!!).


Au bal masqué (ohé ohé)

images-copie-28.jpgSi je suis allée à Venise pour le Carnaval, ce n’est pas uniquement pour découvrir la ville et son ambiance festive, mais pour me rendre à la Cavalchina, organisée par le Comité Français pour la Sauvegarde de Venise. La Cavalchina est le plus grand bal du Carnaval de Venise : il a lieu chaque année, le dernier samedi avant mardi gras, au théâtre de la Fenice (ce superbe théâtre qui avait brûlé en 1996 et a depuis retrouvé toute sa splendeur et sa majesté d’antan). L’espace de quelques heures, la Fenice n’est plus un opéra mais la scène d’un superbe bal masqué hors du temps.

images-copie-29.jpgAprès une petite coupe de Champagne dans un Palais vénitien (ne me demandez pas lequel, je ne sais plus, mais le lieu était magique...), notre petite troupe d’une centaine de jeunes Français fringants et costumés s’est dirigée vers la Fenice : montée des marches, tapis rouge, flashes des photographes et des touristes… Un véritable accueil de stars. Et dès l’arrivée, on vous remet un sac avec des produits Chanel. Le star system me plaît de plus en plus.

DSC04213.JPGDans le hall, sous les immenses lustres en cristal, des centaines d’invités déguisés : des belles et des bêtes (le thème de la soirée), des marquises, des crinolines, des masques, des plumes, des paillettes, des étoffes riches, des froufrous, du doré, du clinquant, du brillant, du strassé… On boit un verre en picorant des petites bouchées offertes par des serveurs. So chic.

DSC04187.JPGQuelques personnalités se détachent : les photographes les mitraillent, ici et là, une caméra, une interview… Drôle d’effet que d’être entourée de personnes connues que l’on ne connait pas. Je me faufile difficilement entre les invités : il faut dire que se déplacer avec une robe à crinoline n’est pas un exercice facile (et vu le montant du chèque de caution que j’ai laissé au loueur, je n’ai pas très envie d’abîmer ma robe). Et je ne parle même pas de mon corset qui commence à me scier le dos et m’empêche de respirer (et accessoirement, de manger, ce qui a été très frustrant au moment du superbe dîner, qui a été pour moi un véritable supplice de Tantale). Je monte les escalier et entre dans la grande salle du théâtre…

DSC04221.JPGMoment magique : une salle immense, aux peintures et dorures superbes… Sur scène, des violonistes jouent les canons de Pachelbel. Je ne sais plus où donner de la tête face à tant de merveilles. C’en est trop pour mes yeux ! Chacun s’installe comme il peut, et le spectacle commence : acrobates, dresseur de chevaux, musiciens, chanteuses (qui s’avèreront être des chanteurs, DSC04230.JPGen y regardant de plus près…), humoriste déguisé avec des vêtements de papier (ma main à couper qu’on le verra chez Patrick Sébastien avant la fin de l’année), remise de prix, Grace Jones qui fait son show (dont le moment culminant a été celui où son sein gauche a décidé de pointer le bout de son nez et aller voir dehors ce qui se passait).

DSC04249.JPGFin du spectacle, début du bal. Pas facile de danser avec autant de tissu et de volume. Mais je l’ai fait.
Et puis la fatigue est remontée (après la nuit sans sommeil dans le train et toutes les visites de la journée) : un petit quart d’heure de marche dans les rues désertes de Venise. Un moment à part. Juste le calme après le tourbillon de la journée. C’est terminé. Et quand j’y repense, je me demande si je n’ai pas un peu rêvé…