Health screen

Pour avoir le droit de passer les examens, l’Université de Cincinnati nous oblige à passer une visite médicale… C’est simple comme bonjour : on prend un rendez-vous par téléphone et on se rend à Scioto, un bâtiment somptueux qui est en fait un mélange de HLM et de clapier à lapins. Une fois qu’on a signé la petite feuille bleue à l’accueil, on a accès au bureau 213 où il faut lire et remplir des tonnes de papiers. L’infirmière nous fait ensuite entrer dans son bureau : et c’est là que les choses ont commencé à être drôles… Contrairement à la France, ici ils ne connaissent apparemment pas le secret médical : le bureau est grand ouvert et il y a sans cesse du passage, ce qui ne facilite pas les choses pour parler de ses petits ennuis de santé. La visite dure approximativement 3 minutes, le temps de prendre la température sous la langue et la tension artérielle (enfin, il paraît, car l’infirmière qui s’occupait de moi a complètement oublié cette étape). Mais ce que les Américains redoutent le plus, c’est la tuberculose : ils nous posent des tas de questions et nous font faire un test de Mantoux. Le hic, c’est que j’ai fait ce test avant de partir comme on nous l’avait demandé, alors il était hors de question que je subisse une piqûre !!! J’ai refusé de signer l’autorisation mais j’ai dû faire une radio des poumons (que j’ai fort jolis, je trouve, c’était la première fois que je les voyais en vrai !!!) : et je ne regrette pas d’avoir refusé le test car certains ont dû le faire déjà deux fois et en sont à leur 4ème visite au centre médical… En tout cas, ils ont de l’argent à jeter par les fenêtres car ils font des radios des poumons à la chaîne…

Newport entre filles !!!

Vendredi, nous sommes parties en expédition Mathilde, Juliette et moi à Newport où il y a un mall impressionnant (il devient urgent que je m’achète des vêtements car je suis partie avec de quoi tenir une semaine, et ça devient difficile, d’autant plus que la météo prévoit un hiver très rude et que j’ai oublié de prendre des pulls). Nous avons donc pris le bus en début d’après-midi jusqu’au centre ville de Cincinnati : ce ne sont vraiment pas les plus beaux quartiers qu’on traverse pour y aller, et il vaut mieux ne pas s’y risquer toute seule !!! De là, nous avons marché un moment puis traversé le pont qui sépare l’Ohio du Kentucky… où se trouve Newport. Et là, quelle déception : il y a bien un grand mall, mais une seule boutique : tout le reste, ce sont des snacks, des restaurants… Toujours de la nourriture, encore et encore… Je crois que la simple vue d’un burger va me traumatiser pendant des années !!! C’est donc les mains vides (mais le porte monnaie plein !!!!) que je suis rentrée à Stratford. Mais cette petite promenade au soleil nous a bien changé les idées : notre première visite à Cincinnati avait été un peu démoralisante car il pleuvait et tout était gris et sale. Cette fois-ci, il y avait un immense ciel bleu et la ville, même si elle ne vaut pas Paris, nous a quand même semblé bien plus gaie !!!

Le barbecue

Pour moi qui suis une grosse mangeuse de viande, mon séjour ici est un peu difficile car les steaks sont tellement cuits qu’ils ressemblent à de la semelle de botte… Heureusement, nous avons organisé un petit barbecue, qui a vite pris des airs de fête de la saucisse… Il faut dire qu’on s’est retrouvé à plus de 40 sur la terrasse. Nous avions prévu largement puisqu’il y avait plus de 10 kilos de viande (tout est parti…). Il faut d’ailleurs avoir une petite pensée pour les pauvres malheureux qui sont allés faire les courses (et dont je faisais partie). J’avoue que je n’ai touché ni aux frites ni aux chips et que je me suis jetée voracement sur la viande rouge, bien saignante comme je l’aime… J’ai enfin pu combler ma carence en protéines !!! Ensuite, grâce à Pied cas, nous avons pu écouter du disco, ce qui change un peu de 50 Cents et nous déhancher sur le dance floor (ou plutôt sur la table, qui nous a servi de podium). Nous avons ensuite fait une petite partie de flip cup, jeu très bête dont je viens d’apprendre les règles (ce n’est pas sans une petite pointe de fierté que je peux dire que mon équipe a gagné, car le flip cup commence à prendre une importance croissante ici : nous devrions d’ailleurs bientôt organiser un championnat). Ensuite, discussion jusqu’à pas d’heure sur la terrasse, pour refaire le monde… Je me suis finalement couchée à 5h30, épuisée mais ravie de ma soirée.

The corn hole

Connaissez-vous le Corn Hole (littéralement, le trou de maïs) ? C’est un jeu local auquels notre petit groupe français a commencé à s’initier… Le principe est simple : le jeu se compose de deux planches de bois inclinées et percées d’un trou qui sont posées sur le sol, l’une en face de l’autre, à une distance de 6 à 8 mètres l’une de l’autre. Chauqe joueur se place derrière la planche et doit envoyer un sac carré rempli de grains de maïs (d’où le nom) ds le trou de la planche d’en face. On donne deux points quand le sac tombe sur la planche et 3 quand il tombe dans le trou…

Les fraternités

Aux Etats-Unis, il y a une tradition très originale sur les campus : les fraternités. La maison dans laquelle nous logeons se trouve en plein dans le quartier des fraternités : on est donc entouré de delta phi, pi alpha tau et autres delta nu… Entrer dans une fraternité est un peu compliqué car il faut en quelque sorte réussir le casting, ensuite, il faut payer sa cotisation (entre 200 et 400 dollars par mois) pour pouvoir bénéficier des avantages de ce groupe (habiter dans la maison, participer aux soirées, porter le tee-shirt ou même le string (j’en ai vu !!!) aux couleurs de la fraternité…) Tous les vendredis, les fraternités organisent des soirées : toutes les maisons sont ouvertes et il suffit d’y entrer pour se trouver dans un univers parallèle… Il faut savoir que, dans la résidence de Stratford Heights, il est interdit de fumer à l’intérieur (tout le monde est donc dehors en train de fumer) et de boire à l’extérieur. Il est strictement interdit de sortir avec une bière à la main, au risque de finir la nuit en prison !!! Et les Américains ne rigolent pas du tout avec ça !!! C’est un peu hypocrite car il suffit d’entrer dans n’importe quelle maison pour trouver des litres et des litres de bière. Ce qui est amusant, c’est que dans cet Etat des USA, l’alcool ne peut pas dépasser les 20° (la vodka et le whisky ne sont vraiment pas forts, il faut le reconnaître). Le vendredi soir, les rues de la résidence sont BONDEES : on peut à peine marcher, il faut slalomer entre les épaves imbibées d’alcool, c’est très classe… Mais à 1h du matin, tout le monde est parti… Et le lendemain, dès l’aube, il est impossible d’imaginer ce qui s’est passé la veille : tout est rangé, nickel, pas de trace de vomi, rien… C’est fou ce que les gens ici sont civilisés : les étudiants des maisons font leur ménage tous les jours, personne n’aurait l’idée de jeter un papier ou une cigarette par terre et tout le monde traverse quand le feu est rouge… Notre petit groupe de français est le seul à traverser en dehors des clous (il faut faire un détour pour traverser au feu, et braver les voitures nous fait gagner beaucoup de temps…). Ah les français, qu’est ce qu’ils sont sans gêne…

Need your help

Pour mon cours de « uses of psychology in everyday life », je dois rendre un devoir (qui vaut 30% de ma note finale) sur mon comportement quand je suis en colère : ceux qui me connaissent savent que je me mets rarement en colère (n’est-ce pas ???) mais j’ai besoin de vos témoignages pour les joindre à mon dossier. Si vous pouvie envoyer à (supprimé) un petit topo sur ma manière d’agir quand je m’énerve, vous me rendriez un immense service, car je pourrais enfin attaquer mon devoir… Merci beaucoup à tous de votre coopération et ne soyez pas trop vaches avec moi (il ne s’agit pas d’un règlement de comptes…)

Cincinnati

Vendredi, Susan Sadlier, la personne qui s’occupe des Français ici (on devrait plutôt dire que c’est le GO car l’ambiance fait un peu colonie de vacances !!!) nous a emmenés visiter Cincinnati. Nous avons donc pris le bus devant le campus pour aller en ville. Il faut savoir que les bus américains sont vraiment différents des bus français : ils sont tous petits, avec la climatisation à fond (comme partout) et pour arrêter le bus, il faut tirer une longue ficelle qui longe les fenêtres (au début, je croyais que c’était la tringle à rideaux). Avant d’arriver en ville, il faut traverser le « gettho » : les maisons sont très abîmées, et tout est sale, on pourrait se croire à Beyrouth après une attaque aérienne !!! Et la ville elle-même n’est pas beaucoup plus belle : tout est sale, mal entretenu… Nous sommes montés en haut du plus grand building de Cincinnati pour admirer la vue… Enfin, quand je dis admirer, le mot est peu être un peu exagéré : je crois que si je devais vivre ici toute ma vie, je deviendrais dépressive (vous pouvez voir les photos dans l’album "Cincinnati")… Les bâtiments sont dans un état déplorable, il y a des fils électriques partout, c’est vraiment très glauque (et je ne parle même pas de l’attaque aérienne de moustiques que nous avons subie là-haut). On a un peu marché dans les rues mais il n’y a même pas de magasins : voyons au moins le point positif, je ne vais pas me ruiner ici…

What’s the weather like ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, ce qui est le plus surprenant à Cincinnati, c’est le climat : dans la mesure où je suis en plein milieu des USA, je pensais qu’il allait faire très froid… Grosse erreur (ou huge mistake, comme on dit ici) : c’est bien simple, le climat est tropical… Il fait très humide (dès que je sors les cheveux lâchés, j’ai une fâcheuse tendance à très vite ressembler à Diana Ross) mais surtout très chaud. La température moyenne est de 86°F, ce qui équivaut à soit 30°C. Bien sûr, je ne m’attendais pas à ça : résultat, je n’ai que des affaires d’hiver et je meurs de chaud… Et, comble du paroxysme, il fait 10°C à l’intérieur : je passe donc mon temps entre l’étouffement à l’extérieur et le froid glacial dès que je rentre quelque part… Il faudrait rectifier les livres de géographie : dans l’Ohio, le climat n’est pas continental mais tropical !!! Et les étudiants américains sont habillés en conséquence : c’est assez folklorique !!! Les filles portent des micro shorts (avec le nom de l’équipe de football écrit sur les fesses) et des tongs, et les mecs ont des pantalons beaucoup trop larges et des tee-shirts qui sont longs comme des robes ! Autant dire qu’on remarque tout de suite qui est américain et qui ne l’est pas !!!

Premier jour chez les yankees

La première nuit a été assez difficile : en même temps, j’aimerais bien vous voir dormir dans un congélateur !!! Car aucun d’entre nous n’a de couverture (pense bête : ne pas oublier d’acheter une couette bien chaude et un oreiller le plus vite possible) et la climatisation marche à toute blinde. C’est donc après 4 heures de sommeil pas du tout reposantes que je me suis réveillée pour débuter la journée d’accueil. Rendez-vous à 8h10 devant le pavillon de Stratford Heights (notre quartier) : il y a déjà une dizaine d’étudiants de mon groupe qui attendent sous une pluie battante, les yeux bouffis et le ventre affamé (nous n’avons rien mangé depuis la veille et la nourriture est introuvable)… Nous nous rendons donc en troupeau (50 étudiants français, ça fait du bruit) dans le bâtiment principale où l’on nous a quand même préparé un coffee break (pour ceux qui ne le savent pas, il ne faut jamais boire de café aux USA, c’est de l’eau noire) mais toujours rien de solide à avaler !!! Et nous voilà partis pour 4 heures de présentations et de films nous expliquant comment nous intégrer au mieux dans cette nouvelle culture… Je n’ai pas vraiment tout saisi, d’une part car tout était en anglais et d’autre part car je dormais debout, mais je me suis quand même bien amusée quand on a eu un petit speech d’une psychologue qui nous expliquait les quatre stades de l’adaptation des étudiants étrange. Après quelques formalités, on a enfin pu aller déjeuner : pour être tout à fait honnête, c’est moins pire que ce à quoi je m’attendais.. Nous prenons tous nos repas dans une sorte de self dans lequel il y a plusieurs stands : wok, salad bar, bar à pizzas, nourriture « traditionnelle »… et en se débrouillant bien, on peut manger équilibré. Mais il n’y a rien de cru et il est absolument inimaginable de trouver du fromage. Heureusement, le chef est français et nous a promis de nous faire du vrai café et des croissants (mais chut, ce n’est que pour nous). L’après-midi, rebelote : speech, présentations, mesures de sécurité… A la fin de la journée, on est tous cassés et le décalage horaire (euh, je veux dire le « jet lag ») commence à se faire sentir. Je me couche tôt car les cours commencent demain…

Le départ

Lundi 19 septembre 2005 : Le grand saut… Ca y est, on est le 19 septembre 2005 : c’est le grand jour, je pars aux Etats Unis (pour 3 mois seulement, mais quand même !!!). Bon, Papa et Marie m’emmènent à l’aéroport, j’enregistre mes bagages, et avant que j’aie pu réaliser que je partais, j’étais déjà dans l’avion en train de regarder les hôtesses de l’air nous expliquer quoi faire en cas d’accident (ce qui n’est vraiment pas pour me rassurer, quand on connaît ma peur de l’avion). Mais contre toute attente, le vol s’est très bien passé (j’ai à peine eu le temps de regarder 3 navets et deux ou trois séries idiotes, de manger le plateau repas d’US Airways (je ne crois pas que cette compagnie ait des étoiles au Guide Michelin, il faudrait que je me renseigne, mais ça m’étonnerait) que déjà j’étais à Philadelphie). C’est là que les choses se compliquent : quand on arrive aux USA, tout est très réglementé… Tout d’abord, il faut passer la ligne jaune pour entrer sur le territoire (ce n’est pas le moment de faire des blagues sur les bombes car à cet endroit, ils n’ont vraiment pas le sens de l’humour) : on fait la queue debout pendant plus d’une heure (c’est marrant, c’était la même chose à l’ambassade américaine pour avoir un visa ; ça doit être une coutume locale) pour se retrouver face à un officier pas marrant (et accessoirement très moche) qui vous pose un tas de questions, prend vos empreintes digitales, la photo de vos pupilles… Une fois accueillie sur le sol américain (sans encombre cette fois-ci), direction les bagages qu’il faut récupérer pour les réenregistrer, puis la douane pour ne rien déclarer… et c’est là que ça commence à être drôle… Il faut à présent faire la queue pour passer, voyageurs et bagages, aux détecteurs de métaux et autres rayons X : ouvrir son sac, enlever tous les objets métalliques, pas de problème, mais là-bas, il faut aussi enlever vos chaussures, ouvrir votre ordinateur, votre téléphone portable, en gros, une fourmi ne pourrait pas passer. La chasse au briquet est ouverte : aucun objet de ce genre ne doit entrer sur le sol américain : j’ai réussi à passer le premier barrage mais le second à eu raison de mon arme à feu. Au bout de 3 fois, je suis rôdée, et je perds beaucoup moins de temps en ne laçant plus mes chaussures (gain approximatif : 2 minutes). Finalement, il est temps d’embarquer pour aller à Cincinnati : quand j’ai vu la taille du coucou dans lequel ils comptaient me faire monter, j’ai vite pris mon Nausicalm (et je me rends compte par la même occasion qu’un briquet caché a échappé à la vigilance des douaniers : je suis déjà hors-la-loi)… Trois heures de sommeil plus tard, j’étais dans le bus direction le campus sur lequel on est arrivé à 1h du matin heure française (après 17 heures de voyage, quand même). Et là, la surprise : des locaux tous neufs, chaque chambre a sa propre salle de bain avec des toilettes séparés, chaque étudiant a sa propre connexion internet et sa ligne de téléphone personnelle… On est vraiment comme des coqs en pâte !!! Bon, je visiterai demain car il se fait tard et je tombe de sommeil : le temps de faire mon lit (pas de couverture, ça commence bien ) et hop, on met la viande dans le torchon !!!!